Circuit de visite de la pyramide de Djéser

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Circuit de visite de la pyramide de Djéser


La nécropole de Saqqarah est la plus importante de toutes les nécropoles de l'ancien empire égyptien, c'est celle qui contient le plus de tombes royales. Elle se trouve au Sud-Ouest du Caire, à une quinzaine de kilomètres.

Lorsqu'on arrive sur place le pont de départ de toutes les visites sont dans la même zone, près du parking. C'est un peu l'anarchie, les jours d'affluence, car les guides indépendants côtoient les groupes de touristes ainsi que les particuliers qui viennent sur place par leurs propres moyens... Folklore garanti !

Pyramide de Djéser

Pyramide de Djéser

Avant tout, vous pouvez découvrir la pyramide de Djéser et son complexe funéraire.

Voici ci-dessous le circuit de visite classique de la tombe de Djéser, de loin la plus importante de toute. Ce texte date de 2011, il a été rédigé par Gihane Zaki (Conseil Suprême des Antiquités), sa traduction en langue française a été faite par Gihane Zaki pour le compte d'un dépliant touristique.


Le circuit de visite

Quatorze simulacres de portes étaient autrefois, répartis sur les quatre faces de la clôture du complexe funéraire, longue de 544m, large de 277m et haute de 10m. Seule une vraie porte, située près de l'angle Sud-Est, permettait de pénétrer dans l'enceinte.

Cette entrée qui forme un étroit passage débouche sur une magnifique colonnade bordée de deux rangées de quarante élégantes colonnes évoquant des stipes de palmier assemblés et traduits dans la pierre. Sur ces supports, prenait place une toiture constituée de lourdes dalles de calcaire. En sortant de ce couloir, les yeux sont éblouis par la lumière d’un grand espace à ciel ouvert. À peine ressaisi, le visiteur est subjugué à la vue de la pyramide à degrés qui se dresse à la puits. C’est là que les prêtres déposaient le sarcophage, au moment des funérailles.

Vers 2700 av. J.-C, deux caractéristiques nouvelles apparaissent dans l’architecture funéraire. La première est celle de la construction en pierre de taille (alors que jusque-là on construisait surtout en bois), et la deuxième consiste en l'introduction d'une différence de volume entre la tombe du roi et celles de ses dignitaires. Le pharaon Djéser se distingue donc de ses prédécesseurs, par le fait d'avoir fait bâtir, par son génial architecte Imhotep, le premier modèle de ces "sépultures royales" : une pyramide constituée de six mastabas superposés. L'idée en sera reprise par ses successeurs qui vont, au fil des règnes, améliorer encore le procédé technique.

Par quelle porte entrer ? Ouvre-toi Djéser ! Quelle exceptionnelle construction ! Haute de 58,90m environ, elle donne l'impression, avec ses six gradins superposés, d'un escalier montant vers le ciel. En fait, cette pyramide fut le résultat de différentes modifications apportées au plan initial qui était simplement un gigantesque mastaba, de 121x109m. Imhotep fit ajouter progressivement d'autres degrés, moins longs et moins larges, pour parvenir finalement à la forme pyramidale que l'on peut admirer aujourd'hui. Sous la pyramide, se trouvait le tombeau de Djéser et par des galeries, on pouvait accéder aux caveaux destinés aux membres de la famille royale.

Dans la cour, on remarque encore deux petites constructions appelées par les premiers égyptologues "autels B". Elles marquaient les limites Nord et Sud d'une course symbolique que devait accomplir le roi durant le jubilé. Cette cérémonie rituelle, célébrée à partir de la trentième année de règne d'un pharaon, lui permettait de démontrer physiquement qu'il était encore en mesure d’assurer le pouvoir. Au Sud-Est de la pyramide à degrés, un étroit passage conduit à ce qu’on appelle les chapelles de la fête-sed (ou du jubilé royal).

Bordant une grande cour, ces édifices comprenaient un couloir en chicane à ciel ouvert menant à une niche d'offrandes. Ces chapelles sont factices comme les portes, pétrifiées dans la pierre, qui permettaient d'y pénétrer. Au fond de la cour, subsistent les pieds de quatre statues : elles représentaient probablement le pharaon en compagnie de sa famille ou des dieux.

Au Nord, sont situés les vestiges d'un temple, baptisé "temple T", dont la fonction précise n'est pas connue. Une hypothèse suggère qu'il aurait pu s'agir d'un édifice servant au roi pour changer de vêtements lors des cérémonies de son jubilé. Au pied de la face Est de la pyramide, sont les vestiges la "Maison du Sud". C'est une construction qui comprenait à l'origine quatre colonnes élancées, de 12m chacune, supportant une corniche cintrée. Entre la deuxième et la troisième colonne, une ouverture désaxée mène, à travers un couloir coudé, à un petit sanctuaire cruciforme où sont aménagées trois niches à offrandes. Sur les murs, des voyageurs du Nouvel Empire (vers 1250 avant JC.) ont laissé des "graffiti" d'un grand intérêt, puisque qu'ils ont permis de lire, pour la première fois, le nom du roi Djéser. La "Maison du Sud" communique par une cour avec un autre édifice, appelé la "Maison du Nord". Le mur Est de la cour présente un léger retrait d'où jaillissent trois fines colonnes en forme de papyrus, plante emblématique de l'Égypte du Nord. Ces supports végétaux, taillés dans la pierre constituent un prototype qui sera repris dans l'architecture tout au long de l'histoire pharaonique.

Adossée aux premières assises de la face Nord de la pyramide, une chambre entièrement close appelée "serdab" contenait, lors de sa découverte, une statue représentant le pharaon Djéser assis. Elle est aujourd’hui au musée du Caire et a été remplacée sur le site par une copie en plâtre. C'est par la face du serdab percée de trous cylindriques, que la statue royale pouvait continuer d'observer le monde des vivants. Derrière le vantail Ouest de la porte du «serdab» se trouvent les vestiges du temple funéraire en grande partie ruiné. C'est de là que l'on accédait au tombeau royal et aux galeries souterraines de la pyramide. En revenant vers le Sud, quelques marches nous conduisent au sommet du mur d'enceinte, où le regard est attiré par un grand puits aménagé dans l'épaisseur du plateau calcaire : c'est le "tombeau Sud", aux murs ornés de plaquettes de faïence bleue.

D'après Jean-Philippe Lauer, architecte français qui consacra de nombreuses années à l'exploration du site, ce tombeau serait purement symbolique. Au fond, le puits donne accès à un caveau en granit de plan carré, bien plus petit que celui qui se trouve sous la pyramide. Peut-être était-ce là que, lors des funérailles, les prêtres funéraires avaient placé les vases-canopes de Djéser contenant les viscères du défunt roi. Devant la clôture du "tombeau Sud", on remarque un beau mur orné d’une frise de cobras.



Voir aussi :

Nécropole de Saqqarah

Contexte historique





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