Symboles de la cité interdite de Pékin

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Symboles de la cité interdite


Palais impérial des empereurs chinois durant deux dynasties, la cité interdite, comme on l'appelle de nos jours en occident, est vieux de 600 ans mais nous est parvenu sans trop de modifications. C'est un témoignage fantastique de la vie dynastique qu'il nous livre. Les décorations sont d'une grande beauté et méritent qu'on s'y attarde car en plus d'un simple rôle décoratif elles revêtent un rôle symbolique d'importance.

Kiosque aux mille printemps

Kiosque aux mille printemps


Disposition architecturale

Peut-être plus important élément symbolique de la cité interdite, sa disposition est un modèle pour qui s'y penche. Le palais est au centre de la ville de Pékin, inscrit dans un rectangle dont le centre est le palais de la suprême harmonie, le lieu où s'exerce le pouvoir de l'Empire chinois. Coupé en deux par une ligne de symétrie, la cité interdite tout entière est vouée à la logique mathématique. Les pavillons sont construits suivants des règles géométriques les plus parfaites possibles, par nombre pair le plus souvent. La séparation cour intérieure - cour extérieure est elle aussi parfaitemetn symétrique, de même que la rivière aux eaux d'or dont les eaux entrent et sortent par deux portes de part et d'autres des murs latéraux. Le palais n'accueille aucune courbe, tout est tracé de façon rectiligne, mettant en avant l'ordre, la régularité, des qualités qui devaient être ceux de l'empereur.

De façon plus pragmatique on constate que l'empereur, qui est associé au Dieu du Ciel, réside dans le palais de la pureté céleste. Son épouse, associée à la Terre, était au palais de la tranquillité terrestre. Dans la cour intérieure les portes latérales sont dédiées à la Lune et au Soleil, ce qui fait qu'on retrouve dans cette disposition les 4 éléments de l'Univers, selon la cosmologie chinoise. Cette disposition favorisait la stabilité du pouvoir, aucun élément étant manquant.

C'est donc avant tout la géométrie de l'ensemble de la cité qui est le symbole du pouvoir chinois, mais ce n'est pas le seul. Tous les pavillons possèdent des décorations à hautes teneurs symboliques. Commençons pas le toit.


Les toits et les décorations animales sur les tuiles

La conception des toits est intéressante. Il existe dans le palais 10 sortes de toits différents, qui se caractérisent en fonction de la présence ou pas d'une avancée, de sa forme pyramidale ou trapézoïdale, de la présence d'un pignon, etc. Petit à petit les caractéristiques des toits vont devenir très symboliques, reléguant le fait qu'avant tout, ils ont pour destination la protection.

Animaux

Animaux

Le plus haut niveau de toiture est atteint par le pavillon de l'Harmonie suprême. Il a dix animaux mythiques à chacun de ses angles, ce qui montre la supériorité de ceux qui sont abrités dessous. Ces animaux mythiques sont caractéristiques de l'architecture chinoise Parmi eux se trouvent un phénix, un lion, un cheval céleste et un cheval de mer, Suanni le dragon-lion, le dragon-baiser, Yayu le dragon-poisson, Douniu le taureau et Xingshi, le singe. Le dragon-baiser est supposé être l'un des neuf fils du dragon, il a la capacité de maîtriser le feu. Le phénix apporte le bonheur et la chance à l'immeuble sur lequel il se trouve; le lion indique la puissance du propriétaire; les chevaux montrent leur capacité à atteindre le ciel et la mer; Suanni, également l'un des fils de dragon, est le roi du royaume animal; Yayu, le dragon-poisson, est en mesure de recueillir des nuages et d'éteindre le feu; Haetae, une licorne, est synonyme de justice et droit; Douniu, le dragon de combat, se bat pour la paix; et Xingshi, le singe, est un animal destiné à empêcher la destruction du bâtiment par la foudre.

En pratique ces animaux sont des éléments architecturaux lourds qui favorisent le maintien en place du toit, c'est le rôle initial de ces représentations, mais elles ont rapidement eu un rôle symbolique, comme on vient de le voir. Le nombre d'animaux est un indicateur de la puissance de celui qui vit au-dessous, plus le nombre est élevé, plus il est puissant. C'est donc le pavillon de la suprême harmonie qui a le record, suivi du pavillon de l'harmonie suprême, puis du pavillon de l'harmonie du milieu et enfin le pavillon de l'Harmonie Préservée.


Les terrasses

Les terrasses de la cité interdite servent d'appui au sol de chaque pavillon. Là aussi chaque terrasse est parfaitement hiérarchisée. D'abord leurs hauteurs sont une des caractéristiques de la puissance de la personne résidant dans le pavillon, comme c'est le cas pour les toits. La plus haute terrasse est bien sûr celle du pavillon de l'harmonie suprême, elle fait 8m de haut. Les terrasses des pavillons de la cour extérieure sont construites plus grandes que les autres. Elles ont 3 niveaux. D'autres pavillons ont leurs propres terrasses particulières, en fonction de leurs statuts.


Les couleurs impériales

Les couleurs sont également très importantes dans le système symbolique des empereurs de Chine. Les deux couleurs les plus importantes sont le jaune et le rouge. Le jaune est la couleur impériale, les habits des empereurs étaient la plupart du temps jaunes. Dans la culture chinoise le jaune est associé au respect. On trouve cette couleur essentiellement sur les toits des pavillons, les tuiles sont quasiment toujours jaunes, vernissées. Mais il y a une exception puisque les toits des pavillons des enfants sont verts. Quand au rouge, il est en fait pourpre. Le pourpre, selon la symbolique chinoise, est la couleur de l'étoile polaire, la seule étoile qui semble ne jamais bouger car elle est dans l'axe de la Terre, et donc au centre de tout. La symétrie parfaite ne pouvait pas ignorer l'étoile polaire, c'est donc de pourpre que l'on a habillé la cité interdite. Par ailleurs cette couleur représente également l'espoir de la stabilité des empereurs, dans la symbolique chinoise ancienne.


Symboles des statues

En se promenant dans la cité interdite on tombe souvent sur des statues de marbre ou de bronze, voir des décors peints ou en céramique. La plupart du temps elles ont une signification bien précise. Par exemple, devant le pavillon principal du palais, le fameux palais de la suprême harmonie, il y a un cadran solaire et une mesure à grains. Il s'agit de symboles de la justice impériale, tout simplement.

Sinon, chaque animal a un rôle dans l'imaginaire chinois.

  • Les tortues et les hérons sont des symboles d'immortalité
  • Les licornes symbolisent la sagesse
  • Les lions sont des symboles de puissance
  • Les grues, elles, sont des symboles de la longévité des femmes

Le Yin et le Yang et autres valeurs symboliques

Il s'agit de deux concepts opposés dans l'imaginaire chinois. Le Yin est associé à la féminité, elle symbolise l'impératrice et se caractérise par les chiffres pairs. Le Yang est associé à l'empereur, il se caractérise par les nombres impairs. Lorsqu'il a fallu décider du nombre de pavillons par exemple, ce principe a été appliqué, comme en toute chose ici.

Mais ce n'est pas tout : Selon les chinois, l'univers se compose de 5 éléments : L'eau (associée à l'impératrice et aux pavillon du nord), le feu (associé à l'empereur, il concerne plutôt les pavillon du sud), le bois (associé à la culture, les pavillons sont plutôt à l'Est), le métal (associé aux arts militaires, ce sont les salles de l'Ouest), et enfin la terre, qui est présente partout à la fois. Cette distinction par élément de l'univers a parfaitement été reproduit dans la cité interdite grace à la disposition des pavillons.

Selon la civilisation chinoise le nombre 10 000 est une limite de ce qui est dénombrable, du moins symboliquement. Au-delà, ils considéraient qu'ils étaient dans l'indénombrable, et par là même devient un nombre déifié. D'après les textes anciens la cité interdite contiendrait donc 9999 pièces, pour ne pas parvenir à la limite fatidique rendant le palais au même niveau que l'habitat des Dieux. Toute étude faite, la cité interdite possède approximativement 8500 salles, donc la légende est fausse.

Un autre principe est souvent respecté, même si celui-ci est plus contestable : C'est celui du chiffre 9. On le retrouve dans nombres de lieux, comme par exemple le nombre d'animaux visibles sur un toit, ou le nombre de clous sur les portes.



Voir aussi :

Architecture de la cité interdite

Histoire de la cité interdite





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