Histoire de la Chine du XIIIe au XXe siècle

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Histoire de la Chine (XIIIe-XXe siècle)


La cité interdite ayant été construite au début du XVe siècle (1406-1420), il est important de retracer l'histoire de la Chine depuis une époque un peu antérieure à nos jours. C'est le but de ce document qui retrace les évènements principaux et propose, pour chaque période, un résumé en quelques lignes.


Dynastie des Yuan (1271-1368)

Expansion des Mongols sur la Chine

Tout commence en 1162 lors de la réunification des différentes tribus mongoles par Gengis Khan (1162-1227). Ce dernier avait commencé l'annexion de la partie nord de la Chine en 1215 avec ses troupes, et c'est son petit-fils, Kublai Khan (1215-1294), qui l'a terminé avec la récupération des régions du sud, militairement parlant. En 1271 Kublai Khan fonde la dynastie des Yuan sous le nom de "Yuán Chao" (1271-1368), se déclarant premier empereur règnant. Au passage, signalons qu'il a aussi déclaré Gengis Khan comme le premier empereur de la dynastie des Yuan, à titre posthume bien sûr.

Les mongols étaient originaires du Nord de la Chine. Il est donc normal qu'après avoir unifié un si grand Empire, Kublai Khan mette sa capitale à Pékin, en 1266. Il commença à construire les fortifications d'un palais puis il établi une base d'opérations et de gouvernement des régions du nord de la Chine, qui étaient sous contrôle mongol. Il faut savoir qu'autrefois Pékin avait été la capitale de la dynastie Jurchen Jin, Pékin n'était donc pas un choix anodin. Quand elle est devenue la capitale des Yuan, la ville fut renommée Dadu. Pour l'anecdote, c'était "Dadu" que Marco Polo a visité dans son récit de voyage, pas "Pékin".

Résumé : Les mongols créent la dynastie Yuan et déplacent leur capitale à Pékin, près de leur territoire historique.


Le palais Yuan de Pékin

Le palais de Kublai Khan a été construit au nord de l'actuel cité interdite. Il s'agissait d'une véritable petite ville fortifiée, dont malheureusement seuls quelques pans de murs existent encore de nos jours. Kublai Khan fut l'instigateur de nombreux grands travaux. Il perçut rapidement l'intérêt des voies de communication dans le pays et entreprit donc la construction de nombreux canaux (dont certains servent encore de nos jours). L'un d'eux reliait Pékin au Grand Canal, et du grand canal on pouvait rejoindre, toujours par canaux, le reste de la Chine, en particulier les régions riches de Nanjing et Suzhou, les greniers à blé de la Chine. Des En paralèlle des routes ont été construites, les taxes ont été réformées, l'agriculture a été encouragée, et le territoire a été élargi. Grace à cette expansion la Chine fut en relation avec tous les peuples de l'Asie tout autant qu'avec ceux de l'Europe. Cette envie de communication avec l'étranger était dû à la nature des membres du pouvoir : les mongols avaient réunis sous leurs bannières de nombreux peuples différents, ils étaient donc habitués au cosmopolitisme et c'est tout naturellement qu'ils ont encouragé les échanges d'idées et de matériels, que chacun ramenait de sa propre culture. Mais ils n'entretenaient pas de relation amicales avec les chinois, qu'ils considéraient comme des étrangers, et malgré le fait qu'ils en aient pris quelques coutumes et traditions, ils restaient des mongols.

Ils utilisèrent des chinois pour leurs grandes compétences dans certains domaines précis, mais ces personnes n'eurent jamais accès aux postes à responsabilité au sein de l'armée mongole. Par contre, la main-d'œuvre chinoise a été largement utilisé pour des grands projets, mais toujours sous la direction de Mongols.

Résumé : L'empereur Kublai prend la main sur la Chine, la structure en créant des routes et des canaux, et développe les communications avec leurs voisins. Il construit un palais à Pékin, sur un terrain situé au Nord de la ville et actuellement au Nord de la Cité Interdite.


La décadence

Ainsi les Mongols devinrent bientôt très riches et s'habituèrent aux plaisirs que procurent la richesse. Rapidement la dynastie des Yuan tomba en décadence, prise entre la prise des bénéfices procurée par leurs nouvelles richesses et les désirs de plus en plus grand des étrangers des tribus du nord qui voulurent à juste titre leurs parts du gateau. Ainsi chuta la dynastie Yuan, qui fut de courte durée. En 1351 un des groupes de chinois sous domination mongole, les "Turbans Rouges", se soulevèrent contre leurs élites. Peu de temps après, un moine bouddhiste chinois rejoint les Turbans Rouges. Son nom était Zhu Yuanzhang. Il avait un fort charisme et est rapidement devenu le chef des forces rebelles.

En 1356, soit 5 ans plus tard, il prit le contrôle de la ville de Nanjing. En paralèlle d'autres groupes armés se soulevèrent en Chine, et on vit ainsi apparaître une révolte générale contre les mongols dont chaque entité revendiquait le leadership. C'est toutefois Zhu Yuanzhang qui fut le plus malin, le plus prompt à éliminer ses ennemis, récupérant ainsi les troupes des rebelles. Sa propre armée augmentant rapidement, il fut prêt à attaquer la dynastie des Yuan et envoya une armée contre la ville de Dadu (Pékin). Il fut victorieux, la ville fut pillée et en grande partie brûlée. Le dernier des empereurs Yuan, Huizong, s'enfuit vers la Mongolie.

Par la suite Huizong a continué son règne dynastique dans le nord, créant ce que nous appelons la dynastie des Yuan du Nord. Il faut dire que les empereurs Yuan avaient maintenu leurs liens avec leurs origines tribales et quand il est venu le temps de s'attaquer aux Chinois, ils étaient en mesure de rassembler des armées importantes. Bien que se soit la faiblesse interne des mongols qui avait permis aux rebelles de vaincre Huizong, ce dernier commença immédiatement à échaffauder des plans pour reconquérir son territoire. L'Empire mongol était encore une force importante dans le monde. Les routes commerciales à travers l'ouest leurs ont permis d'agir, mais la perte de terres fertiles du sud a limité la fourniture de produits agricoles et a endommagé l'économie. Elle perdit donc de son ampleur et se contenta d'harceler régulièrement la nouvelle dynastie chinoise, les Ming.

Résumé : Le mode de vie luxueux des empereurs mongols leur font perdre de vue le bien-être des chinois. Les révoltes se multiplient. Leur chef, Zhu Yuanzhang, réunit une grande armée et parvient à prendre Pékin. Le dernier empereur Yuan s'enfuit en Mongolie. Pékin est en grande partie détruite par le feu, le palais Yuan est ruiné.


La dynastie des Ming (1368-1644)

Changement de capitale à Nanjing

Une fois le territoire chinois reconquit sur les mongols, Zhu Yuanzhang s'installa au pouvoir et créa de fait une nouvelle dynastie, les Ming ("Ming Chao"). Ce fut en 1368 et en prit la tête sous le nom d'Empereur Hongwu. Il choisit d'établir sa capitale à Nanjing, car c'est d'ici qu'étaient partis ses premiers partisans, c'était le point de départ de ses conquêtes. Toutes ses installations militaires y furent concentrées. C'était aussi une ville chinoise avec une longue histoire et Zhu Yuanzhang voulait restaurer l'identité du gouvernement chinois, ce qui était aussi l'une des raisons de son choix. Il fit reconstruire Nanjing et y bâtit un palais impérial, puis il renforça les murs de la ville. Le palais fut construit sur la base d'un plan antique de la dynastie Tang, il était basé sur l'astrologie et les coutumes traditionnelles. Plus tard, il servira de modèle au Palais impérial de Pékin, la fameuse "Cité Interdite".

Résumé : Zhu Yuanzhang créé la dynastie des Ming, d'origine 100% chinoise. Il abandonne Pékin et remet la capitale à Nanjing, qu'il rebatit et y fit construire un autre palais impérial, qui servira de modèle à la future cité interdite.


La guerre de succession

L'Empereur Hongwu avait plusieurs fils et choisit en toute logique le plus âgé d'entre eux pour sa succession. Malheureusement il mourut avant lui, et Hongwu dut se rabattre sur son petit-fils pour assurer sa suite. Après la mort de Hongwu, le quatrième fils d'Hongwu, Zhu Di, a attaqué son neveu et repris le trône de force. Zhu Di (1360-1424) est devenu le troisième empereur Ming en 1402, il est connu sous son nom de règne, Yongle, ce qui signifie "bonheur perpétuel". Il a passé le reste de sa vie à essayer de prouver qu'il était le successeur légitime et véritablement porteur du mandat du ciel, bref, qu'il avait le droit de gouverner. Son règne a beaucoup ocillé entre construction et destruction.

Résumé : A la mort de Zhu Yuanzhang son fils est écarté du trône par son oncle, qui devient le 3e empereur Ming. Ce dernier règne sous le nom de Yongle, c'est lui qui est à l'origine de la Cité interdite.


Le règne de Yongle

Yongle commença son règne par un bain de sang dont les partisans de son neveu firent les frais. Tout au long de sa carrière, il n'a pas hésité à exécuter ses opposants, sans remord. C'était aussi un bâtisseur, et bien que son père ai fait construire un palais tout neuf à Nanjing et qu'il ai passé 21 années à construire les nouvelles murailles de la ville, il décida de déplacer sa capitale à Pékin. Il y avait un certain nombre de raisons pour ce changement, dont le principal était qu'à Nanjing il était essentiellement entouré par ses ennemis. Dans les monarchies occidentales, un usurpateur est plus ou moins soutenu par un certain nombre de ses proches, et le "coup d'état" réussit ou pas sans autre conséquence. En Chine, c'est plus compliqué puisque ce sont les Dieux qui établissent la lignée dirigeante. Usurper le trône signifie aller à l'encontre des Dieux, ce qui se traduira forcément par une catastrophe. D'où l'acharnement de Yongle à prouver qu'il est le descendant légitime de la dynastie des Ming.

En déplaçant la capitale à Pékin, non seulement il déplaça son administration, mais aussi ses principales forces armées, ce qui n'étaient pas bête vu que les menaces les plus sérieuses pour l'Empire résidaient dans le Nord du pays, la fameuse dynastie mongole des Yuan. Pékin était plus facile à défendre que Nanjing, qui est entourée de collines permettant un feu de l'ennemi d'un peu partout, rendant inefficaces les remparts.

La décision de déplacer la capitale a été prise en 1403, mais la construction du palais et des nouveaux remparts n'ont pas commencé avant 1407. Pendant les années qui ont suivi sa prise du pouvoir Yongle a préféré commencer par stabiliser le pays. Il y avait encore des groupes rebelles dans le sud qui avait prospéré au cours de la dynastie des Yuan, et n'avaient jamais reconnus la dynastie des Ming. En outre, les brigands avaient profité de l'absence de gouvernement pour s'adonner aux vols, voire même à des exactions bien pires. Les mouvements de contestation du Nord a rapidement prouvé que le système de canaux de la Chine avaient un besoin drastique de réparations, voire de reconstruction, il dut donc lancer ces grands travaux d'approfondissement et d'agrandissement du Grand Canal pour rendre la communication entre Pékin et la région de Jiangnan plus efficace. La région de Jiangnan, c'est la zone autour de la rivière Yangtze, comprenant Nanjing, Suzhou et Shanghai. Cette région a été et continue d'être la région la plus riche de Chine. Un empereur chinois démontre qu'il a le mandat du ciel en faisant éviter les catastrophes naturelles et en améliorant la vie de son peuple. Or, en faisant ces travaux, les pricipales catastrophes naturelles, les inondations, furent évitées. Avec la nouvelle dynastie vint l'éradication de la corruption, celle-ci étant toujours l'apanage des précédents gouvernements. Le droit fut rénové, la fiscalité aussi.

Résumé : Yongle entreprend tout ce qu'il peut pour justifier le renversement du trône et assoir sa légitimité. Il choisit Pékin comme nouvelle capitale pour s'éloigner de ses ennemis et lance de grands travaux de rénovation des infrastructures de communication, en particulier les canaux. Régulant efficacement les inondations, Yongle devient légitime au trône car la population, croyante, estiment que les Dieux ont écarté les catastrophes naturelles grace à son intervention. Il éradique la corruption et réforme la fiscalité.


Construction de la cité interdite

Pékin a été conçu pour démontrer la force et l'efficacité de l'Empereur, elle se devait d'avoir un palais digne de la puissance impériale. Un tel palais est sensé être remplie de symboles bénéfiques pour la dynastie Ming et à ce titre Yongle s'attacha à faire un plan très étudié. L'orientation vers le sud canalisera la puissance des cieux. La conception symétrique reflètera l'équilibre. Le nombre de portes, de ponts, de dragons, et même les ornements des toits, tout est symbole et a une signification particulière. Pour concevoir et la superviser la construction de la ville il choisit un jeune architecte, Kuai Xiang qui était âgé d'à peu près trente ans lorsqu'il fut chargé de cette tache. Il décida tout d'abord d'utiliser le Palais impérial de Nanjing comme modèle pour son nouveau palais, auquel il ajouta de nombreuses références historiques aux dynasties précédentes, les Tang et les Song. Il mit des éléments de croyances confucéennes, astronomiques, taoïstes et traditionnelles pour créer un mélange de systèmes philosophiques et de religions chinoises. Travailleur acharné, il ne lui a fallu que 13 ans pour achever le palais et les hautes murailles qui l'entourent. A travers les siècles des ajouts ont été apportés à la Cité Interdite, mais le cœur du palais que l'on peut voir actuellement est toujours celui de Yongle et Kuai Xiang.

Résumé : Yongle modifie en profondeur Pékin et y construit en 14 ans la "Cité interdite" (1407-1420), son nouveau palais. L'ensemble est rempli de symboles religieux destinés à assurer la pérénité de la ville. L'architecte fut Kuai Xiang, il se basa sur le palais de Nanjing.

En savoir plus sur la construction de la cité interdite.


Développement culturel

Yongle n'a pas fait que s'intéresser au génie civil, il il fut l'un des précurseurs du développement culturel chinois. Son intérêt pour sa nation lui fit commander une encyclopédie réunissant tous les écrits connus émanant des philosophes, des poètes et des historiens de l'histoire chinoise. L'Encyclopédie Yongle ("Yonglè Dàdian") a été commencé en 1403 et terminé en 1408. Plus de 2000 chercheurs réunis à Nanjing y ont travaillés. Ils ont produit 11000 volumes décrivant les arts, les sciences, la technologie, les croyances religieuses et les réalisations du peuple chinois.


Développement religieux

En ce qui concerne la religion, Yongle soutint le confucianisme. Il a suivi les rites exigés par un dirigeant de l'école confucéenne, pour se rapprocher au plus près de cette religion. Confucius avait expliqué que, en suivant les rites, les règles de maintien de l'équilibre de la société chinoise resteraient en place. Il développa en parallèle le taoïsme et le bouddhisme, ce qui n'était pas si étonnant que ça vu que déjà les dynasties précédentes n'hésitaient pas à explorer les différentes religions existantes à l'époque, les intégrant partiellement ou totalement à leurs modes de vie. En 1403 Yongle a demandé que le moine tibétain Deshin Shekpa vienne à Nanjing pour lui expliquer le bouddhisme tibétain. Concrêtement il est arrivé en 1407 et est resté pendant plus d'un an. Il a convaincu Yongle que toutes les religions sont une expression d'honneur et une prière aux dieux. La rencontre entre ces deux hauts personnages a été à l'origine de la grande tolérance religieuse du peuple chinois, qui sera suivie par la plupart des empereurs de la dynastie Ming.

Yongle poursuivit le développement de l'intellectualisme et du confucianisme en établissant un système d'examen pour contrôler les connaissances de son peuple à ce sujet. Mis en place par les administrateurs et les ministres, ces examens portaient sur des fondamentaux confucéens tels qu'ils avaient été dans le passé. Ce code d'éthique servit pour la vie quotidienne des Chinois tout autant que pour les relations entre les membres du gouvernement. Par ricochet, l'établissement de cet examen obligea la population à se lettrer, ce qui multiplia les écoles et l'alphabétisation générale du pays. C'est grace à ça que les générations futures eurent accès à d'importantes ressources intellectuelles qui ont fait rayonner la culture chinoise pendant des siècles.


Développement économique

L'une des meilleures façons qu'a eu Yongle de stimuler l'économie fut d'accroître le commerce extérieur et de développer les relations diplomatiques. Il avait besoin de le faire plus que tout autre empereur car sous la dynastie Yuan il y avait un lien naturel avec les étrangers, vu que leur propre empereur était d'origine mongole. Yongle, lui, était diplomatiquement isolé, il avait donc besoin de trouver de nouveaux partenaires commerciaux dans de nombreux domaines. Les dirigeants mongols n'étaient pas des partenaires commerciaux fiables, de part leurs histoires récentes. Yongle a donc envoyé son eunuque favori, Zheng He en mission d'exploration pour le compte de la Chine. Son objectif serait d'établir des liens avec tous les peuples qu'il pourrait rencontrer au fil de ses voyages.

Zheng s'est donc embarqué avec une petite flotille et est remonté sur tous les points habités de la côte de la mer de Chine, puis, il a exploré l'océan Indien, la côté orientale de l'Afrique et a même atteint le Sud de l'Afrique, ainsi que Madagascar et la mer rouge. A la suite de son passage il faisait venir des armadas complètes de navires de commerce qui échangeaient les produits chinois avec les peuples de toute part. Il faut noter que si les chinois avaient déjà découverts tous ces territoires, c'était la première fois de leur histoire qu'ils lançaient ainsi un telle quantité de navires sur toutes les mers, et celà parrainé par le gouvernement chinois.

Le principal problème de ces explorations étaient leurs coûts. Yongle était un empereur dépensier, les richesses ramenées des terres lointaines ne compensaient pas l'ensemble des dépenses de l'Empire, à commencer par la refonte de l'infrastructure de communication de la Chine (canaux, routes, etc.). De plus, les dépenses militaires furent très importantes à cette époque, Yongle livrant des combats sans fin contre les mongoles et les tartares. Pour ça il avait besoin de maintenir une armée permanente de grande importance. Pour faire face au déséquilibre financier, l'empereur fit lever de nouveaux impots, mais ce ne fut pas suffisant et il mourrut en 1424 en laissant les caisses de l'Empire vides. Son successeur, son fils aîné Hongxi, limita les dépenses et lança des réformes qui allégèrent les finances. Il ne pu toutefois pas en profiter car il mourrut lui aussi un an plus tard.

Résumé : L'empereur Yongle est un empereur voyageur, il multiplie les contacts avec ses voisins, son peuple en tire un grand bénéfice. Le commerce se développe, la culture chinoise en bénéficie largement. En parallèle Yongle établit un code éthique basé sur la connaissance de la religion et impose des examens. La population s'alphabétise. La tolérance religieuse s'accroit également. C'est une période faste pour la Chine.


L'empereur Zhengtong trahi par son frère

L'empereur suivant ayant eu un quelconque intérêt avec la cité interdite fut Zhengtong (1436-1449). Il n'avait que 8 ans quand il a été couronné empereur. Son conseiller, un eunuquedu nom de Wang Zhen, a lancé des travaux de renforcement des défenses de la ville ainsi que d'autres sur la Grande Muraille. Il a fait renforcer les murs extérieurs en ajoutant une couche supplémentaire de briques à l'intérieur des murs afin de réduire l'érosion pluviale. Puis il a ajouté des tours d'archers, les portes des tours, et des vannes de contrôle du débit des eaux dans les fossés et dans la rivière traversant la Cité Interdite.

Les ponts qui traversent la rivière des eaux d'or furent reconstruits en pierre en remplacement des ponts en bois d'origine. En 1449, l'empereur Zhengtong se lança dans une expédition contre les mongoles, toujours aussi menaçants pour l'Empire. Il n'avait que 22 ans. Malheureusement pour lui il fut fait prisonnier. L'Empire fut donc confié à son frère, qui deviendra plus tard l'empereur Jingtai (1450-1457). Ce dernier apprécia tellement son nouveau rôle que lorsque Zhengtong fut de retour un an plus tard Jingtai le fit capturer et enfermer pendant 7 ans dans un des palais du sud-ouest de la Cité interdite, une zone qui n'est pas ouverte aux touristes aujourd'hui. Zhengtong pu finalement renverser son frère et reprendre son trône en 1457. Il a nommé son second règne l'ère Tianshun (1457-1464).


L'attaque de la cité interdite par les mongols

A son retour au pouvoir Zhengtong découvrit que ses soucis avec les mongols n'avaient toujours pas prit fin. Plusieurs généraux d'origine mongole tentèrent un coup d'Etat en 1461. Ils arrivèrent jusqu'au centre de Pékin devant les portes de la Cité Interdite, et y mirent le feu. L'empereur ne dû son salut qu'à de fortes pluies providentielles qui firent échouer les plans des assaillants. A partir de ce moment les mongols eurent de plus en plus de difficultés à accéder à des postes à responsabilités dans l'armée chinoise.

Résumé : Le successeur de Yongle renforce la Cité interdite, par exemple en ajoutant des vannes de régulation de la rivière traversant la cour extérieure. Il est fait prisonnier lors d'un raid contre les mongols et se fait usurper le trône par son frère, l'emprisonnant 7 ans dans la Cité interdite lors de son retour. Il reprit son poste d'Empereur en 1457. En 1461 des généraux mongoles, enrôlés dans l'armée chinoise, déclenchent un coup d'état. La Cité interdite est assiégée, les portes sont incendiées mais de fortes pluies providentielles sauvent le palais.


Jiajing, l'empereur paranoïaque

En 1521, le nouvel empereur fut Jiajing (1521-1566). Il s'agit d'un règne remarquable dans la mesure où il choisit de ne pas vivre dans la Cité Interdite. Plus jeune, il n'avait pas spécialement envie de gouverner et ne souhaitait pas se restreindre aux rigueurs de la cour. Peu enclin à faire son devoir il négigea ses fonctions administratives et sa démonstration de puissance ne consistait qu'à se livrer à une cruauté personnelle, en particulier envers les femmes. Vers la fin de sa vie il vécu quasiment comme un reclus, ne voyant que quelques rares personnes. Sa passion était de tenter de trouver un élixir pour prolonger la vie ou d'obtenir l'immortalité. Il employait de nombreux prêtres taoïstes pour qu'ils l'aident à expérimenter différents composés chimiques issus d'herbes exotiques, de pierres précieuses et de minéraux rares. Les expéditions commerciales existantes lui permirent d'avoir une grande quantité de matières premières.

Grace à la manipulation des pierres précieuses les moines taoïstes devinrent riches et donc influents, ce qui déclencha la corruption au sein de l'administration chinoise, d'autant plus rapidement que l'empereur ne contrôlait pas grand chose. Une autre conséquence fut qu'il devint une cible pour tous ces détracteurs. Il fut visé par plusieurs attentats, dont aucun n'abouti, mais ils lui firent prendre conscience de sa vulnérabilité. C'est la raison pour laquelle peu à peu il s'isola et devient paranoïaque. Arrivé à ce point l'empire était devenu si faible que les Mongols du nord décidèrent de lancer une nouvelle attaque pour tenter de prendre le contrôle de l'empire chinois. En 1542, ils multiplièrent les raids contre la Grande Muraille. En 1550, le Altan Khan atteints les faubourgs de Pékin avant d'être repoussé. Immédiatement, le gouvernement ordonna que l'on construise un nouveau rempart autour de Pékin.

Ce projet fut achevé en 1557, sauf pour les portes défensives côté Est qui ne furent terminées qu'en 1564. Ce nouveau rempart englobait le Temple du Ciel et le Temple de l'Agriculture mais pas le Temple du Soleil ni celui de la Lune. Ces derniers étaient de nouveaux temples taoïstes construits par Jiajing pour les prêtres de cette religion. L'empereur Jiajing mourrut en 1566, laissant en héritage une nouvelle fortifications à Pékin et un grand vide dans l'organisation du pays. Lorsqu'on fait un état des lieux de son règne, l'historien ne peut que s'étonner que la dynastie Ming ai pu lui survivre.

Résumé : Le nouvel empereur, Jiajing, prend le pouvoir en 1521. Il ne souhaite pas gouverner et laisse son empire aux mains des fonctionnaires, qui s'enrichissent et abandonnent le pays à son destin. Jiajing est un empereur cruel, dont les actes de malveillances délibérés le transforment en cible pour ses détracteurs. Il se replie sur lui-même et devient paranoïaque. Devant la faiblesse de l'empire les mongols lancent une nouvelle attaque et arrivent en 1550 dans les faubourgs de Pékin, mais ils sont repoussés.


Le règne de Wanli

L'empereur suivant fut Wanli, qui eut lui aussi un régent durant sa jeunesse, Zhang Juzheng. Zhang Juzheng commença par établir un nouveau gouvernement, pour que le futur empereur puisse avoir des personnes fiables sur lesquels s'appuyer. Lorsqu'il fut en âge de régner, Wanli fut un stratège compétent. Il fit faire des raids contre les tribus mongoles qui s'avérèrent particulièrement efficaces, les laissant sans possibilité d'action pour les vingt ans à venir. Puis il monta des défenses tout aussi efficaces sur la péninsule de Corée, repoussant les japonais. Hélas pour lui, ces succès lui donnèrent l'envie de poursuivre ses conquêtes. Il laissa alors le gouvernement travailler seul, ce qui eu pour effet de développer des luttes intestines pour le pouvoir. De ce fait les ministres de l'armée ne virent pas arriver un nouvel ennemi, les peuples Jurchens et Manchu, qui s'étaient attaqués aux mongols, sur leur front Est.

Résumé : L'empereur suivant Wanli rétablit la justice et la puissance chinoise en lançant de nouvelles conquêtes militaires. Mais son absence dans la cité interdite permit au gouvernement de faire ce qu'il souhaite, ne lui permettant pas de voir le nouvel ennemi, les Jurchens et les mandchous.

Dynastie Shun (1644)

Par la suite les empereurs successifs ne furent pas de grands conquérants. Ils s'appuyaient trop sur la fiscalité, provoquant des révoltes dans la population. En 1630 elles se firent plus fréquentes, en particulier dans le centre de la Chine, dans le Henan, le Shanxi etc. De ce mouvement est né un jeune chef, Li Zicheng, qui se déclara le "roi errant", Chuang Wang. Il parvint à unifier des tribus disparates et attaqua les troupes Ming. Il souhaitait répartir équitablement les terres et abolir les taxes sur les céréales". En 1642, Li Zicheng se dirigea avec son armée vers le nord de Luoyang et Kaifeng où dû avoir lieu une bataille qui s'annonçait comme mémorable. Li Zicheng avait réuni une grande armée de plus de 20.000 combattants mal équipés mais motivés. Face à elle l'armée Ming se préparait. Soudain les digues du fleuves jaunes, à proximité, se rompirent sans que l'on sache si c'était dû à un phénomène naturel ou une action volontaire d'un des deux belligérants, mais toujours est-il que 300.000 personnes sont mortes dans cette immense inondation, empéchant la bataille d'avoir lieu.

Deux ans plus tard, après avoir gagné une grande partie de la Chine centrale et conquit Xi'an, l'ancienne capitale de la Chine, Li Zicheng déclara la dynastie Shun en Février 1644. Li Zicheng se dirigea à nouveau vers le nord, sur Pékin. Or juste à ce moment les forces Ming étaient partagées, car les forces mandchoues formaient une menace imminente, ce qui était une opportunité intéressante. Comme les portes de Pékin étaient menacés l'empereur Chongzhen demanda à la population de s'enfuir. Le deuxième jour de l'attaque les feux brûlaient en dehors des murs de la ville, la menace se faisant de plus en plus précise. L'empereur Chongzhen se rendit alors au sommet de la colline de Charbon et se pendit à un arbre pour éviter l'humiliation d'une capture qui se profilait de plus en plus sérieusement pour lui. Ses fils s'nfuirent à Nanjing et remirent en place la dynastie des Ming, dit "la dynastie Ming du Sud". En Avril 1644 la dynastie des Ming telle qu'on la connaissait prend fin. Hélas, cette victoire fut de courte durée car les forces mandchoues, continuant à menacer l'Empire au Nord, se lancèrent à la fin mai dans une puissante attaque, passant la Grande Muraille à Shanhai. La dynastie Shun ne survécu pas à ce raz-de-marée militaire. Elle n'a duré qu'un an.

Les Mandchous se déplacèrent rapidement vers le sud, à la fois contre les forces rebelles restantes, puis vers Nanjing, où les survivants de la dynastie Ming avaient mis en place un nouvel empereur dans la capitale secondaire.

Résumé : Face à l'inaction des empereurs successifs et la montée des impôts, les révoltes se multiplièrent. A partir de 1630 Li Zicheng, un chef de rebellion, monte une armée et conquiert toute la Chine centrale, puis marche sur Pékin qui tombe dans ses mains (1644). L'empereur en place se suicide et Li Zicheng devient le premier et seul empereur de la nouvelle dynastie Shun. Il occupe alors la Cité interdite, marquant ainsi sa suprématie.

Dynastie des Qing (1644-1912)

L'arrivée des Mandchous

Les 17 années suivantes ont vu les forces mandchoues entrer en Chine et poursuivre les empereurs Ming de Nanjing, d'abord à Fuzhou, à Guangzhou, au Yunnan et enfin en Birmanie où les derniers membres de la famille impériale des Ming ont été capturés, renvoyés en Chine, et tué en 1662. Entretemps les Mandchous avaient soigneusement établis leurs présences à Pékin, renversant la toute jeune dynastie Shun, et installé un empereur mandchou dans la cité interdite.

La dynastie des Qing a été proclamé par l'empereur Huang Taiji en 1636 dans le cadre de son plan de colonisation de la Chine. Il était issu de la dynastie mandchou des Jin dont il a changé le nom en Qing. Il choisit l'eau comme élément symbolique car il souhaitait aller à l'encontre du symbole des Ming, qui était le feu. Il a également changé le nom de son peuple qui se fera désormais appelé "Jurchen". Il voulait ainsi briser l'association obtenue par les Chinois de la dynastie précédente Jurchen-Jin (1115-1234), qui avait gouverné le nord de la Chine jusqu'à ce que les Mongols les eurent vaincus et établirent la dynastie des Yuan (1271-1368). Huang Taiji est mort en 1643, sans être parvenu à réaliser son rêve. C'était son fils de cinq ans, Shunzhi (1638-1661), qui devint le premier souverain de la Chine des Qing en 1644. Le fait qu'un enfant et son régent puissent réussir à assumer le gouvernement du pays est à mettre au crédit de l'organisation bureaucratique et militaire forte que son père avait mis en œuvre. La prise de pouvoir s'est bien passée puisque la plupart des structures gouvernementales avaient déjà été calquées sur celles utilisées par les Ming.

Quand l'empereur Shunzhi fut en âge de gouverner il s'est avéré être un dirigeant compétent. Il ne tolèra pas la corruption. Les réformes fiscales et un gouvernement correct firent beaucoup pour stabiliser le pays. Cela n'a pas supprimé totalement les rébellions, mais il oeuvra en sous-main pour les calmer. Il faut dire que beaucoup de Chinois n'acceptèrent jamais de recevoir des ordres de Manchous. Alors que des peintres comme Gao Qipei (1660-1734) ont été pris en charge par le gouvernement des Qing, d'autres tels que Luo Pin (1733-1799) refusèrent les nominations dans les académies Qing. C'est durant cette période que les Chinois formèrent des sociétés secrètes, appelés triades, qui ont longtemps tenté de rétablir une monarchie chinoise. Pour les 400 prochaines années, les dirigeants Qing auraient à faire face à une série de menaces posées par l'une ou l'autre de ces société secrêtes, et finalement, la plupart des Triades perdirent leurs idéaux et se convertirent en structure pour le crime organisé. Cette résistance à la domination des Qing a continué tout au long de la dynastie.

Etablir la capitale à Pékin était une évidence pour les Mandchous. La dynastie Jin avait fait de Pékin sa capitale autrefois (le palais se situait au sud-ouest de la Cité interdite actuelle). Bien que le Qing avait adopté de nombreuses idées des Ming ils ont pris des mesures pour s'assurer que la sinisation n'allait pas trop loin. Ainsi tous les signes d'écriture étaient en mandchou et en chinois. Ils nommèrent différemment tout ce qui étaient liés aux Ming. Ainsi, la plupart des salles de la Cité Interdite portent plusieurs noms, chacun choisi par un souverain Qing différent. Pékin fut également divisé en ville chinoise et tartare. Les Chinois purent occuper les zones à l'intérieur des murs de la partie sud de la ville, mais pas dans la section principale de la ville fortifiée au nord. En outre, les Chinois ne pouvaient pas migrer vers la Mandchourie, ça leur était interdit. Cette règle a été maintenu jusque dans les années 1800 pour empêcher la perte de la culture mandchoue. Les empereurs Qing ont effectué des visites fréquentes à leurs palais en Mandchourie et y ont toujours trouvé leurs épouses. Empereur comme simple mortel, les mariages entre Chinois et Manchu étaient interdits à tous les niveaux de la société.

La structure de la noblesse et le pouvoir tribal de Mandchourie avait une forte influence sur les décisions et les politiques de Pékin. Les Chinois pouvaient occuper des postes au sein du gouvernement, mais ne pouvaient pas diriger une division militaire. En 1646, le régent, Dorgon, a ordonné que les hommes chinois adoptent la robe Manchu ainsi que leurs coiffures. Les hommes devaient se raser le devant de la tête et portaient leurs cheveux en une seule tresse. Ceux qui résistaient étaient considérés comme des ennemis au pays. Les documents les plus importants du gouvernement n'ont été écrits qu'en mandchou. Toutefois les Mandchous apprirent le chinois car ils devaient parvenir à se faire comprendre du peuple, et dans le même temps, ils ont soutenu et apprécié la culture chinoise. Ils ont observé publiquement les traditions de la religion chinoise et les rites de l'ancien gouvernement tout en maintenant leurs propres pratiques religieuses à titre privé. Leurs enfants apprirent les classiques chinois, la poésie et la littérature. L'absorption était pour eux une menace réelle. À la fin du XXe siècle seule une poignée de locuteurs natifs de Manchu existait encore.

Résumé : Les Mandchous entrent sur le territoire chinois et profitent de la fuite des Ming pour renverser la toute jeune dynastie Shun. Ils s'installent à Pékin dans la Cité interdite et lancent des raids de reconquête du territoire. Fermes, le nouvel empereur Shunzi fit la guerre à la corruption et aux rebellions, et assura sa suprématie par la force. Il effaça les symboles Ming mais assurera un mélange raisonné des cultures chinois et mandchous, pour que les Chinois ne se sentent pas lésés dans leur mode de vie. La Cité interdite reçu, pour chaque salle, un nom chinois et un nom mandchou.

Il y avait une deuxième menace pour la culture des Mandchous, mais celle-ci vint de l'Occident. Durant l'époque de la dynastie Ming, les Occidentaux étaient venus en Chine en masse, grace aux grandes explorations des Européens, provoquant des échanges culturelles importants. Le Qing, contrairement à leurs ancêtres Jurchen, n'a pas vocation à faire du commerce, il s'appuie plutôt sur une économie agricole. Ils promulguèrent des lois pour séparer les Occidentaux de leur culture en limitant l'afflux d'étrangers. Du coup, les étrangers, devenus riches par les échanges précédents, préférèrent communiquer avec les Chinois car ils avaient une grande classe marchande qui s'est adapté aux nouveaux modèles d'entreprises de l'Ouest rapidement. Les Mandchous se sont exclus tout seuls, pour la plupart, par leur position dans la société. Ils étaient riches grace aux taxes et continuaient à l'être, mais ça agravait l'économie, au lieu d'être un soutien. A la fin de la dynastie des Qing, il y avait tant de corruption parmi les gouverneurs que la circulation de l'argent dans le trésor royal s'était considérablement ralentie.

Sur les neuf empereurs qui ont succédé à l'empereur Shunzhi, les plus importants dans l'histoire de la Cité interdite sont les empereurs Kangxi, Qianlong, l'impératrice douairière Cixi, et Puyi, le dernier empereur. Les empereurs Kangxi et Qianlong ont créé de vastes bâtiments et des projet structurels importants pour le pays. Sous l'empereur Kangxi l'économie chinoise fleurit à nouveau, ce qui accrut le trésor. Cette prospérité continua à travers les règnes de son fils et que la première moitié du règne de son petit-fils, Qianlong.

Résumé : Les mandchous ne sont pas des voyageurs, ils sont plutôt des cultivateurs. Les européens qui découvraient la Chine furent écartés, du coup l'économie ralentit, et la corruption grandit, jusqu'aux règnes de Kangxi et de Qianlong, qui firent ce qu'il faut pour redresser le pays.

Tout en maintenant la séparation entre mandchou et chinois au sein du gouvernement et de l'armée, les empereurs Qing favorisèrent la culture chinoise. De 1710 à 1716 Kangxi a parrainé le plus grand dictionnaire chinois connu à ce jour, le "Dictionnaire Kangxi". Il nécessita l'emploi de centaines de chercheurs dont le travail fournirent 47 000 entrées à leur dictionnaire. Bien qu'il ai fait ça pour gagner la confiance des lettrés chinois, l'empereur appréciait réellement la littérature chinoise et son histoire. Qianlong était lui-même un poète doué et peintre occasionnel. Dans la Cité Interdite, il a maintenu le nom des pavillons et des salles en caractères chinois. Lors de la rénovation des bâtiments il a ajouté des tuiles d'or à la plupart des bâtiments qui avaient d'autres couleurs, comme le vert, bleu ou de gris (le jaune est la couleur de l'empereur chinois). Il a uniformisé les ornements des toits en utilisant les règles traditionnelles chinoises. Il a aussi ajouté quelques nouveaux bâtiments, en particulier dans les parties occidentales et orientales de la cour intérieure. Qianlong a remodelé l'arrière de la partie orientale en tant que villa indépendante, pour sa retraite. Les deux empereurs Kangxi et Qianlong étaient des voyageurs. Lors de leurs déplacements ils ramenèrent des idées nouvelles et des objets provenant de différentes parties de la Chine, destinés à embellir le palais. Kangxi a fait le grand tour dans le sud de la Chine au moins quatre fois. Il a fait beaucoup pour unir le pays.

Résumé : Au début du XVIIIe siècle Kangxi modifia la Cité interdite pour lui ajouter des éléments traditionnels chinois. C'était un empereur lettré, qui avait compris l'intérêt pour lui de se montrer favorable aux traditions chinoises. Il fit ajouter des tuiles d'or à la Cité interdite (Le jaune est la couleur de l'empereur chinois)


Les révoltes successives

En 1813, pendant le règne de Jiaqing, le fils de Qianlong, la société secrète connue sous le nom de la "Société de droit du ciel" a fomentée une série de rébellions qui ont réunies jusqu'à 100.000 membres à Pékin et ont attaqué la Cité Interdite. Ils ont réussi à entrer dans la cour intérieure, grace à des eunuques à leurs soldes. Les militaires ont dû réprimer la foule. Une autre révolte, celle des Taiping, a éclaté en 1850 dans le Guangxi, elle se propagea dans la plupart des villes du Sud, jusqu'à Nanjing en 1853. Lorsque, en 1860, ils ont tenté de se diriger vers le nord, les forces Qing les ont vaincu à Shanghai. En 1864, la domination impériale a été rétablie dans le sud. Ce n'était toutefois pas la fin des problèmes car d'autres rébellions sont apparues dans tout le royaume : La rébellion Nien (1853-1868), du Wenxiu (1855-1873) et les "Hui Panthay rébellion" (1856-1873) sont quelques-unes parmi de nombreux mouvements locaux. La pauvreté, les inondations, la famine, la corruption, une infrastructure en ruine, et une réponse répressive aux problèmes ont contribué à cette agitation. Le gouvernement des Qing n'avait pas les compétences suffisantes pour résoudre les causes sous-jacentes de la rébellion, choisissant plutôt de mettre les dissidents en prison, d'attaquer militairement et vicieusement, et d'émettre des édits en particulier contre les groupes minoritaires. Le résultat fut que ces groupes se divisèrent en une foule de petites sociétés secrètes. Les deux plus célèbres sont le mouvement pour la démocratie de Sun Yat-sen à Guangzhou et le mouvement de l'harmonie des Justes ou des "boxeurs" dans la province de Shandong.

Les boxeurs étaient en colère. Ils étaient contre tout étranger, y compris les dirigeants Qing. Leurs ferveurs religieuses les ont amenés à attaquer les chrétiens, leur rage économique les ont amenés à attaquer leurs richesses, leurs indignations les ont conduits à attaquer militairement. Dans un premier temps, l'armée des Qing a été en mesure de les contrôler, mais le mouvement s'est répandu comme une traînée de poudre. Il surgit de partout sans commandement centralisé. Dans une démarche pragmatique, le gouvernement des Qing a changé de tactique et s'est appuyé sur les boxeurs lorsque le mouvement attint Pékin. Il a déclaré la guerre contre les pays étrangers et les étrangers de Chine pour détourner leur attention. Les boxeurs ont ainsi assiégé les délégations étrangères, juste au sud de la Cité Interdite, pendant 55 jours, jusqu'à ce que l'armée alliée Mandchou entre dans Pékin et éradique les boxeurs. Les Français occupèrent alors la Cité interdite jusqu'au retour du gouvernement et de l'impératrice douairière Cixi de Xi'an.

Résumé : En 1813 une nouvelle rebellion apparut, formant une armée de 100 000 personnes qui attaquèrent la cité interdite. Il purent entrer dans la cour intérieure à l'aide d'eunuques favorables à leurs causes, mais les militaires purent les faire fuir. Tout au long du XIXe siècle d'autres révoltes furent plus ou moins importantes, dont celle des boxeurs, qui avaient des revendications nationalistes. Les empereurs en profitèrent pour s'en faire des amis en les dirigeant contre les étrangers. Les boxeurs assiégèrent les délégations étrangères qui se défendirent. Les français occupèrent alors la Cité interdite.

La rébellion suivante a commencé à Wuchang en 1911. Elle a provoqué la mobilisation de nombreux anti-mandchous, les factions pro-démocratie dans toute la région. Beaucoup de membres de l'armée étaient des partisans de la réforme et ont rejoint la rébellion, offrant leurs aptitudes à commander et leurs habiletés tactiques aux rebelles. Elle a commencé sans réel commandement, sur la base d'une enième répression du gouvernement. Or ce dernier ne réagit pas rapidement, du coup les rebelles eu le temps de s'organiser et transformer ce simple incident de rebelles en une révolution concertée et organisée. Des milliers de civils Mandchous vivants dans Xi'an, Taiyun, Zhenjiang, Fuzhou et Nanjing ont été massacrés. Les rebelles ont pris le contrôle du gouvernement lors de l'abdication du dernier empereur Qing, Puyi. Sun Yat-sen a été élu président provisoire, mais il a rapidement démissionné pour maintenir le général Yuan Shikai, soutien militaire des Qing, qui est devenu le premier président de la République de Chine. Le président Yuan Shikai a occupé le côté extérieur de la Cité Interdite, tandis que Puyi a été limitée à la cour intérieure. Puyi a quitté la Cité Interdite en 1924. Elle sera ouverte au public en tant que musée plus tard sous le nom du Musée du Palais ("Gugong Bówùyuàn").

Dans les années 30 le Japon envahit la Chine. Face à l'arrivée de cet ennemi, les trésors nationaux exposés à la Cité Interdite étaient compromis, ils durent être déplacés à plusieurs reprises dans plusieurs villes du pays avant Tchang Kaï-chek décida en 1947 de les installer définitivement à Taïwan, en même temps que de nombreux objets provenant du Musée National de Nankin. Une fois la guerre civile chinoise terminée, ces objets d'art ont formé la collection principale du Musée national du palais à Taipei (Taïwan). De nos jours c'est bien à Taïwan que le reste des oeuvre d'art chinois se trouve.

Résumé : En 1911 une nouvelle révolte fut mal repoussée, les partisans prirent le pouvoir à Pékin et exilèrent le dernier empereur, Puyi, en 1924. La république fut proclamée et la Cité interdite devient accessible à tous sous la forme d'un musée.


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