Les cérémonies organisées dans la cité interdite

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Cérémonies de la cité interdite


La cité interdite est le nom que l'on donne au palais impérial de la Chine féodale. Construit entre 1407 et 1420, amélioré à plusieurs reprises, il est le siège du pouvoir central tout comme la résidence privée de l'empereur, de ses épouses et de ses concubines.

En concentrant tous les pouvoirs de la Chine au même endroit, il est logique que ce palais ai fait l'objet d'une grande vénération de la part du peuple, mais il est aussi le lieu où se déroulaient les principales cérémonies nécessaires à la vie spirituelle de l'époque.


Un rythme lunaire

A l'instar de plusieurs autres civilisations les Chinois féodaux se basaient sur un calendrier lunaire pour compter le temps. Les principales cérémonies qui rythmaient leurs vies étaient donc basées sur la Lune.


Les cérémonies festives

Le premier mois de l'année lunaire était marqué par la fête de la veille du Nouvel An, nommé "Chuxi" en chinois. Cette cérémonie se déroulait dans la grande salle d'audience en présence de l'empereur. Il recevait dès l'aube l'hommage des membres de la famille impériale et des hauts fonctionnaires vivant à la Cour, auprès de lui. Cette cérémonie était fastueuse et revêtait une grand importance mais elle ne remettait pas en cause la politique nationale. Elle précédait la fête du Nouvel An, dite "Yuandan".

La fête du Nouvel an était célébrée par l'ensemble de la population chinoise. A cette occasion on avait l'habitude de brûler de l'encens en l'honneur des esprits afin de les inviter à descendre sur terre. De grands feux d'artifice étaient tirés. Ce qu'il y a de commun entre brûler de l'encens et tirer des feux d'artifice, c'est le rapport au ciel. Or, dans l'imaginaire chinois le Ciel était une divinité qui choisissait une personne pour le représenter sur terre, une personne qui recevait un mandat pour régner sur Terre en son nom. Cette personne, c'était l'empereur bien sûr, ce qui explique qu'il se considérait comme le maître de tous les peuples terrestres et pas seulement des Chinois.

La fête du Nouvel an se déroulait également dans la cité interdite, bien sûr. Ce jour-là les princes, les ducs, les fonctionnaires et les gardes de l'antichambre impériale pouvaient accéder librement à la Cité interdite pour féliciter le souverain qui se tenait alors au Palais de la Suprême Harmonie. La cérémonie n'était pas spécialement festive, elle consistait pour l'empereur à offrir une bourse à toutes les personnes présentes dans le palais, respectivement et dans l'ordre de présentation au souverain les princes, puis les nobles, puis les mandarins, qui étaient, eux, dans la cour la Suprême Harmonie. Ces bourses symboliques, elles étaient gravées des huit symboles précieux (dits "Babao") du bouddhisme (la roue de la loi, la coquille, l'ombrelle, le baldaquin, le lotus, la jarre, le poisson et le noeud mystique). Une fois que la cérémonie était terminée les participants regagnaient leurs demeures pour remettre les augures à leurs proches.

Le jour du Solstice d'hiver une cérémonie similaire était organisée, de même que lors des victoires militaires et pour l'anniversaire de l'empereur.


Ensuite il existait la Fête du printemps ("Dahun" en chinois). Elle avait lieu durant le premier mois de l'année lunaire et consistait pour le ministre des rites à offrir à l'empereur un trône surmonté d'une "colline de printemps" tandis que les représentants de la préfecture métropolitaine de Pékin lui apportaient l'image d'un "boeuf du printemps". Une fois fait, les participants rentraient chez eux et devaient, sur le chemin du retour, battre l'image du boeuf (Initialement, il s'agissait d'une figurine en argile)

De façon plus précise le dix-neuvième jour du premier mois lunaire, les Chinois fêtaient le "Festin du neuf" ("Yanjiu" en chinois). Il s'agissait d'organiser des compétitions de lutte ainsi que de la réception de princes mongols. Cette cérémonie avait lieu dans le Petit Pavillon d'or.

Au cours du deuxième mois lunaire, on célébrait dans le pavillon de la Gloire littéraire la fête des Classiques, durant laquelle des lettrés illustres commentaient devant l'empereur les plus grands textes classiques. Il s'agissait d'une sorte de concours littéraire.

Aux alentours du 15 janvier (dépendant du calendrier lunaire), avait lieu la fête des Lanternes durant la dynastie Ming. L'empereur recevait à cette occasion les fonctionnaires dans la tour centrale de la porte du Midi. La nourriture étant un élément important en Chine, il offrait à ses ministres certains aliments pour les fêtes, par exemple des patisseries le premier jour du printemps (le 4 février, variable selon le calendrier lunaire), des gâteaux froids (le 5 mai, pour le festival du bateau-dragon, ou le 9 septembre, pour le festival de Chyongyang)

Le 10e jour du calendrier lunaire les spécialistes de l'astronomie présentaient à l'empereur et à son épouse le calendrier de la nouvelle année, à la porte du Midi. Ce calendrier portait les dates des diverses cérémonies prévues.


Les cérémonies punitives

C'est aussi à la porte du Midi qu'avaient lieu les flagelations des fonctionnaires étant passés par le tunnel central, réservé à l'empereur. En 1519, 158 fonctionnaires furent punis dont 15 battus à mort. Ce chatiment cruel fut aboli à la fin de la dynastie Ming.

Certains historiens avaient émis une idée qui s'est avérée fausse par la suite, à savoir que les troupes chinoises, lorqu'elles revenaient victorieuses d'une bataille, organisaient un sacrifice de prisonniers devant la porte du Midi. En fait, c'est faux, cette cérémonie avait bien lieu, mais uniquement pour les criminels, et elle se déroulait au marché aux légumes, dans Pékin, et pas dans la cité interdite.


En plus de participer à diffuser le faste de l'Empire auprès de ses sujets, toutes ces cérémonies maintenaient l'empereur dans l'illusion de la grandeur de la Chine, alors qu'il ne s'agissait que d'un empire, certes important, mais qui ne l'était pas plus que d'autres, à commencer par les Empires européens qui commençaient à se construire.



Voir aussi :

Découvrir la cité interdite

La vie de l'empereur dans la cité interdite





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