Cour intérieure de la cité interdite

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La cour intérieure


La cour intérieure est la zone de la cité interdite réservée à l'usage personnel de l'empereur. C'était évidemment un lieu hautement protégé, la partie la plus importante du palais à égalité avec la cour extérieure, qui, elle, était le lieu de travail de l'empereur.

Cour intérieure

Cour intérieure

Cette cour est curieusement assez petite. Elle est placée approximativement au centre du palais, un peu vers le Nord, et jouxte les annexes extérieures occidentales et orientales. Au Nord de la cour intérieure se trouve le jardin impérial, dernière limite du palais avec la porte de la prouesse divine qui marque la sortie. L'empereur était dans les faits "prisonnier" du palais, il ne pouvait pas en sortir, sauf à quelques très rares exceptions. Cette zone était donc celle dans laquel il était le plus fréquemment. Elle est circonscrite par un haut mur, comme d'habitude dans la cité interdite rouge et richement décorée de tuiles jaunes ( couleur de l'empereur), et contient essentiellement le palais privé du monarque, une succession de 3 pavillons : le Palais de la pureté céleste (sa chambre à coucher), le pavillon de l'union et de la paix et la palais de la tranquillité terreste (la chambre de l'impératrice).

Une partie des pavillons de la cour intérieure ont été reconstruits en 1605, soit 200 ans après leurs constructions (1420), suite à deux incendies successifs. Les incendies étaient - et reste encore - l'un des risques les plus élevés pour la cité interdite.


A voir dans la cour intérieure

La cour intérieure est intéressante pour ses 3 pavillons principaux, témoignages du passé glorieux de la Chine. Mais il ne faut pas oublier que la cité interdite de nos jours, est un musée. Les pavillons permettent aux visiteurs de découvrir des automates des XVIIIe et XIXe siècles qui faisaient partie des collections impériales. La plupart sont de fabrication européenne. On peut voir aussi à l'entrée, c'est à dire juste devant la porte de la pureté céleste, deux lions en bronze (chargés d'interdire aux femmes d'entrer dans la cour extérieure, où se jouait la politique du pays), et deux réservoirs d'eau anti-incendie, également en bronze.

La pièce maîtresse de la cour intérieure reste le très beau trône impérial, dans le palais de la pureté terrestre. Elle s'accompagne, dans le pavillon de l'union et de la paix, des sceaux royaux en jade, 26 très belles pièces qui étaient contrôlées par l'impératrice, ainsi que d'un très beau carillon à 3 étages.


Liste des pavillons de la cour intérieure

Porte de la Pureté Céleste (Qianqingmen)

La Porte de la pureté céleste, appelée en chinois Qianqingmen, est sur l'axe central Nord-Sud qui divise la Cité Interdite en deux parties égale, mais c'est aussi la porte séparant la cour extérieure de la cour intérieure. Elle sert donc d'entrée principale du domaine privé de l'empereur. Elle date de la construction de la Cité Interdite, entre 1407 et 1420, et elle fut reconstruite en 1655. Elle a des arcades qui l'entoure, comme pour les autres pavillons. Il y en a 5 sur la longueur et 3 sur la largeur, le pavillon faisant 16 mètres de hauteur. Il a un toit unique et repose sur un socle en marbre blanc de 1.5 mètre de haut entouré d'une balustrade en pierre sculptée.

Porte de la pureté céleste

Porte de la pureté céleste

A l'entrée de cette porte le visiteur peut voir deux magnifiques lions en bronze, comme il y en a parfois d'en d'autres pavillons. Ceux-ci sont un peu différents, ils ont des yeux perçants et les oreilles rabattues. Installés sous la dynastie des Qinq (1644-1912), ils avaient pour rôle d'empêcher les femmes d'entrer dans la cour extérieure (où se déroulaient les affaires de l'Etat, interdites aux femmes) et aux courtisans d'entrer dans la cour intérieure (qui était le domaine privé de l'Empereur). Ils étaient un peu les Cerbères de la Cité Interdite. A côté de la porte il y a aussi deux très grandes cuves en bronze, bien brillantes. Bien que décoratives, leurs fonctions premières étaient de contenir la plus grande quantité d'eau possible pour faire face à un éventuel incendie. Chacune de ces cuves pèse quatre tonnes et contiendrait plus de deux cents litres d'eau. Des trois cent huit cuves réparties dans la Cité Interdite, vingt-deux sont de la même conception que celles-ci.

En 1644, le premier empereur de la dynastie des Qing, l'empereur Shunzhi (1644-1661), a décidé que cette porte serait inutilisée, mais les empereurs suivants la réhabilitèrent en en faisant une sorte de salle de réception des hauts fonctionnaires et ministres de l'Etat. Ces derniers devaient arriver aux aurores et s'agenouiller en attendant l'Empereur qui les recevait sur un trône temporaire. Il les écoutait successivement dans un ordre bien précis : Responsables des conseils d'administration des revenus, des rites, de la guerre, des travaux et du bureau civil. Les décisions étaient bien sûr prises par l'empereur et par lui seul. L'empereur Kangxi, l'un des plus efficace de la dynastie Qing, a régné pendant 61 années (1662-1722). C'est dans cette salle qu'il a pris de nombreuses décisions importantes. Cependant, après le règne de Xianfeng (1851-1861), la porte de la Pureté Céleste ne fut plus utilisé.


Porte de la pureté céleste

Porte de la pureté céleste

Vue générale de la porte de la pureté céleste

Vue générale de la porte de la pureté céleste

Porte de la pureté céleste

Porte de la pureté céleste



Pavillon de l'union et de la paix (Jiaotaidian)

Pavillon de l'union et de la paix

Pavillon de l'union et de la paix

Construit dès l'origine de la Cité interdite en 1420, sous la dynastie Ming, ce pavillon a été reconstruit en 1655, en 1669 puis rénové en 1798 suite à un incendie. Il est le seul bâtiment de la cité interdite à avoir un toit se terminant de façon centrale avec un décor en forme de boule. Il est de plan carré, à 3 arches de côté, donc assez petit. C'est le 2e pavillon de la cour intérieure, entre les deux autres. Il est d'un style similaire au pavillon de l'harmonie centrale, dans la cour extérieure.

Sous le règne de l'empereur Shunzi (1644-1661) le pouvoir était très faible. Les eunuques en ont profité pour améliorer leurs quotidiens en se mêlant, entre autre, des affaires de l'Etat. Devant cette prise de pouvoir de fait, l'empereur ordonna qu'on place une enseigne en fer interdisant l'ingérence des eunuques dans les affaires du gouvernement. Sous la dynastie des Qing, l'impératrice organisait des cérémonies dans ce pavillon pour diverses occasions, comme son anniversaire. A l'occasions du solstice d'hiver et de la fête du Printemps, les notables venaient jusqu'ici pour présenter leurs respects à l'impératrice.


Les sceaux royaux en jade

En 1748, au cours du règne de Qianlong (1736-1795), l'empereur mis en circulation vingt-cinq "bao" (sceaux royaux en jade). Chacun pouvait être utilisé pour l'exercice du pouvoir dans la Cité Interdite. Les sceaux royaux étaient sous le contrôle de l'impératrice, dans le pavillon de l'union et de la paix et ne pouvaient être utilisés que si elle en avait donné l'autorisation. Ils étaient stockées ici. Certains été spécialisés : le sceau nommé "huangdizhibao" a été utilisé pour la promulgation de la liste des admis au jinshi (troisième degré scolaire existant à l'époque). Le "Zhifazhibao" et "mingdezhibao" servait à l'empereur pour commander et honorer ses vassaux. Le "zhiyuliushizhibao" pour les affaires militaires. Les sceaux royaux ont été mis dans des boîtes délicates recouvertes de soie damassée jaunes. Ces boîtes sont toujours situées dans leurs lieux d'origine dans cette salle du Musée du Palais.

Pavillon de l'union et de la paix

Pavillon de l'union et de la paix


Le carillon

Le carillon de la grande horloge a été fabriquée en 1798, la troisième année du règne de Jiaqing (1796-1820). La structure est un réservoir de bois imitant le style d'un pavillon chinois. Avec une hauteur totale de 5,80 mètres, l'horloge a trois niveaux. A l'arrière de l'horloge il ya un escalier, par lequel le personnel pouvait la remonter. Le carillon de l'horloge a fonctionné pendant plus de deux siècles, mais le son carillon est toujours aussi clair et fort que jamais.


La clepsydre en bronze

Il ya plus de trois mille ans, le peuple chinois ont inventé une méthode pour mesurer le temps à l'aide de gouttes d'eau. La clepsydre en bronze exposée ici a été faite en 1745 et elle est la seule conservée en si bon état.


Palais de la Tranquillité Terrestre (Kunninggong)

Appelé en chinois Kunninggong, il est le troisième et dernier des palais de la Cour intérieure, dressé derrière le pavillon de la puissante fertilité. Il a été construit en 1420 comme le reste de la cité interdite et a été reconstruit en 1605 en raison de deux incendies, respectivement en 1514 et en 1596. Quelques années plus tard, il a subi trois autres travaux de restauration. Orienté plein sud, il mesure 9 arches de long et 3 de large. Il a une hauteur de 22 mètres, et un toit double avec des bâtiments secondaires, tout comme le Palais de la Pureté Céleste, mais en plus petits. Il a pour originalité d'avoir son ouverture sur le côté et pas sur la façade, c'est tout simplement qu'au moment de sa reconstruction l'empereur était mandchou, et c'est une habitude mandchou d'avoir les portes des bâtiments sur le côté.

Palais de la tranquillité terrestre

Palais de la tranquillité terrestre

Son rôle est clair : Sous les Ming, il était la résidence de l'impératrice. Sous les Qinq, et particulièrement sous le règne de Shun Zhi (1655) est a été divisé en deux : Une partie, relativement petite, était la chambre nuptiale, l'autre partie était un temple dédié au Dieux du domicile. La grande salle à l'Ouest était utilisée pour les sacrifices, offerts aux dieux du foyer bien sûr. La chambre nuptiale est toute rouge, du sol au plafond. Elle est décorée d'un grand nombre de caractères "double xi", qui signifie "double bonheur". Le lit, très grand, occupe un quart de la superficie au sol de la pièce. Après le mariage l'empereur et la nouvelle impératrice passait trois jours enfermés dans cette chambre, pour leur "nuit de noce". Ensuite, ils se séparaient pour vivre chacun de son côté.

De nos jours la galerie orientale exposée des automates des XVIIIe et XIXe siècles qui faisaient partie des collections impériales. Si quelques uns étaient de fabrication chinoise, la plupart étaient d'origine européenne (France, Angleterre, Allemagne et Suisse pour la plupart)

En ce qui concerne les sacrifices, il faut savoir que les Qing, d'origine mandchous, étaient très religieux. Arrivés au pouvoir en Chine ils conservèrent leurs croyances, tout en en adoptant d'autres, chinoises. Ainsi les quatre chambres latérales du palais de la tranquillité terrestre accueillaient un autel pour les sacrifices aux divinités. La 3e salle, à l'Est, était percée de 2 portes se faisant face, à l'intérieur duquel trois chaudrons servaient à cuire la viande. Les sacrifices étaient faits deux fois par jour, l'un le matin et l'autre le soir.

Intérieur du palais

Intérieur du palais

Les deux chambres secondaires à l'Est étaient la suite nuptiale pour l'empereur et l'impératrice. La paroi de la chambre a été peinte en rouge et les lampes du palais ont été accrochés avec des caractères chinois signifiant "double bonheur" pour créer une atmosphère chaleureuse et gaie. En face de la porte il y a également un petit texte encourageant le bonheur, ainsi chaque fois que l'empereur ouvrait la porte il voyait ce texte. Le lit à baldaquin délicat et exquis est agrémenté d'une couette brodée avec 100 enfants qui jouent, d'où le nom "100 enfants Canopy" et "100 enfants Quilt". Cette pièce n'était utilisée que si l'empereur était déjà en exercice, ce qui limite à trois le nombre de ceux qui n'y eurent pas droit : Kangxi (1662-1722), Tongzhi (1862-1874), et Guangxu (1875-1908). En fait, les mariages des empereurs étaient extrêmement luxueux. Le mariage de l'empereur Tongzhi a couté 11.000.000 taëls d'argent, tandis que celui de Guangxu a couté 5,5 millions de taëls d'argent malgré l'extrême pauvreté du pays à cette époque.

Ce palais était complété par deux annexes, l'une à droite et l'autre à gauche. Celle de droite est nommée Dongnuan, l'autre Xinuan.


Porte de la Tranquillité Terrestre (Kunningmen)

Porte de la tranquillité terrestre

Porte de la tranquillité terrestre

La porte de la Tranquillité Terrestre est tout simplement la porte d'accès au palais qui porte ce même nom. Si habituellement une telle porte s'ouvre sur une cour ayant le palais en son centre, ici la porte est très proche du palais, on peut donc dire que la cour est très petite. Pour rappel, une porte, à la Cité Interdite, c'est tout simplement un pavillon qu'il faut traverser pour franchir un mur épais et élevé. C'est aussi un lieu d'habitation ou de travail. En clair, c'est grand et fonctionnel !

Cette porte s'ouvre au Nord sur le Jardin Impérial, une zone très boisée.


Porte de l'essence lunaire (Yuehua men)

La porte de l'essence lunaire est sur le mur Ouest de la cour intérieure, elle donne sur les palais occidentaux.


Porte de l'essence solaire (Rijing men)

Porte de l'essence solaire

Porte de l'essence solaire

La porte de l'essence solaire est sur le mur Est de la cour intérieure, elle donne sur les palais orientaux. Il s'agit d'une véritable porte, c'est à dire un trou dans un mur pour passer. La plupart des portes de la cité interdite sont en fait des bâtiments pouvant être traversés.


Porte des bénédictions florissantes (Longfu men)

La porte des bénédictions florissantes est sur le mur Ouest de la cour intérieure, elle donne sur les palais occidentaux. Il s'agit d'une porte assez simple, un bâtiment de 10m de long à peu près, avec une unique porte et une fenêtre de part et d'autre de cette porte. Les décorations sont de qualité, comme souvent.


Porte de l'harmonie propice (Jinghe men)

Porte de l'harmonie propice

Porte de l'harmonie propice

La porte de l'harmonie propice est sur le mur Est de la cour intérieure, elle donne sur les palais orientaux. Elle est assez simple si on la compare avec d'autres, elle est construite sur une petite terrasse et dispose de d'ne pièce de taille modeste accessible via des porches. Elle a deux jarres anti-incendie juste devant.



Voir aussi :

Description de la cité interdite

Liste des pavillons





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