La cité interdite de Pékin


La Cité Interdite est le nom usuel du palais des empereurs chinois de la dynastie Ming et Qing qui règnèrent sur la Chine depuis le XVe siècle jusqu'au début du XXe siècle.

Pavillon de l'harmonie présevée

Pavillon de l'harmonie présevée

La Cité Interdite, appelée de nos jours le Musée du Palais, fut le palais impérial de deux dynasties chinoises, les Ming et les Qing. Située dans le centre de Pékin, il fut construit entre 1406 et 1420 et a servi à 24 empereurs chinois, jusqu'en 1911. Actuellement il s'agit d'un musée présentant des trésors artistiques et culturels de l'histoire chinoise. A la fois luxueux et magnifique, la Cité Interdite est considérée comme l'un des cinq grands palais du monde, avec le château de Versailles (France), le palais de Buckingham (Grande-Bretagne), la Maison Blanche (États-Unis) et le Kremlin (Russie). Elle a été classé par l'UNESCO comme un site du patrimoine mondial culturel en 1987.

Mesurant 750 mètres d'Est en Ouest et 960 du Nord au Sud, la Cité Interdite couvre 720 000 mètres carrés, c'est le plus grand complexe palatial dans le monde ancien et le groupe architectural existant le plus complet de Chine. La légende dit qu'il a 9999 pièces, mais la réalité est tout autre, en fait il n'en compte qu'un peu plus de 8700. Il faut savoir que 10000 est le nombre des Dieux, correspondant à l'infini, il n'était donc pas envisageable de créer un palais avec plus de 9999 pièces... d'où cette légende.


Un musée d'un million d'oeuvres d'art exposés

De nos jours la cité interdite est un musée appelé le "Musée du palais". ("Gugong Bówùyuàn") Les chinois lui préfèrent l'appelation "d'ancien palais", ce qui correspond mieux à leur histoire. Il est intéressant principalement pour ses bâtiments, dont l'état de conservation et la restauration sont exemplaires. Les places, passages, jardins et murailles sont tout aussi intéressants que les lieux de vie eux-mêmes. Ce musée présente toutefois des pièces de nombreuses oeuvres d'art chinoises importantes, comme des laques, des bronzes, des peintures, mais aussi des éléments de la famille impériale parfois très anciens. Le tout est particulièrement intéressant mais demande un certain temps de visite, temps qui est rarement compatible avec les visites organisées pour les occidentaux sur place.

On dit qu'un million d'oeuvres d'art seraient visibles dans le musée, ce qui est quand même difficile à vérifier...


Symbolisme

Lorsque le nouvel empereur Yongle décida de construire un nouveau palais, à Pékin celui-là, il fit inscrire dans les plans un certain nombre d'exigences liées aux traditions chinoises. Le nom fut choisi en fonction d'éléments astronomiques. Le nouveau palais impérial étant le centre du pouvoir, il se devait de porter le nom de l'étoile centrale dans le ciel. Cette étoile est connue occident sous le nom "d'étoile polaire", mais en Chine il s'agit de "la petite étoile violette" ("Ziwei Xing", en chinois). Le palais s'est donc nommé "la cité pourpre". Son nom de cité interdite est venu plus tard, l'adjectif faisant référence au fait que nul ne pouvait entrer dans le palais, hormis la famille impériale et les serviteurs.

Autre symbole, dans les traditions chinoises, le nombre 10 000 représente l'infini, et le 9 est un symbole de longévité. Le palais reçu donc 9999 pièces, chiffres destinés à assurer une grande longévité à l'empereur tout en s'approchant du nombre maximal de pièces que pouvaient contenir un palais fait par les hommes. (10 000 étant la limite, après seuls les Dieux pouvaient faire des palais avec plus de pièces)


La vie dans le palais au temps féodaux

Quand les visiteurs découvrent cet ensemble magnifique, nul ne peut imaginer le désarroi des membres de la famille impériale qui vivaient dans ces locaux. Désarroi est le mot car bien que considérés comme des Dieux, ils ne devaient jamais sortir du palais, sauf à de rares exceptions près. Plus on était près de l'empereur, plus cette restriction était stricte, jusqu'à l'empereur lui-même, quasiment assigné à ce palais pour toute la vie. La cité interdite était donc une prison, prison dorée, mais une prison quand même.

Par contre pour les eunuques qui étaient affectés aux taches quotidiennes en relation avec la famille royale, ils faisaient partie des rares personnes à les cotoyer au quotidien. Leurs vies étaient relativement intéressantes car, mis à part leurs états d'eunuques, ils profitaient de nombreux avantages liés à la surconsommation de la famille impériale. A titre d'exemple il faut savoir que l'empereur ne portait jamais deux jours la même tenue, cette dernière était à usage unique. Les eunuques pouvaient récupérer ces tenues et les revendre, ce qui les rendaient riches. Il y avait bien sûr de nombreuses confrontations entre eunuques, qui vivaient dans une ambiance parfois bien lourde. Mais ce statut était tout de même recherché car l'opération consistant à retirer les testicules réussissaient dans 90% des cas (10% de mortalité, quand même) et assuraient un train de vie enviable.

Les servants du palais, eux, étaient des membres du petit peuple qui jouissait du privilège de travailler dans l'enceinte du palais. Pouvant circuler au plus près du pouvoir ils jouissaient rapidement d'une plus grande considération auprès de l'ensemble des Chinois. De plus ils disposaient, comme les eunuques, de certains avantages liés à leurs fonctions.

Durant les cinq siècles de son utilisation la cité interdite fut perçue comme un lieu sacré. A ce titre personne d'autre que l'empereur et sa cour n'avait le droit d'y pénétrer. S'en approcher significativement était rigoureusement interdit, et même un regard vers ces hauts murs pouvait être répréhensible.


Origine de la cité interdite

L'empire du milieu n'a pas toujours été régi par des empereurs chinois. Au XIIIe siècle presque toute la Chine actuelle est dominée par les Mongols qui y installent une administration majoritairement tenue par les Perses, les Syriens et les Turcs. L'actuelle capitale est alors désignée comme la cité du Grand Khan (Khânbalikâ). L'empire mongol connait un essor rapide mais est très bientôt confronté à des soulèvements des Chinois. Le pouvoir mongol s'effondre et une dynastie chinoise, celle des Ming (Mot qui signifie "clair", "brillant", "resplendissant") prend sa place. Elle entreprend très vite de raser le palais du grand Khan pour le remplacer par des édifices inspirés de la plus pure tradition des dynasties Han et Tan.

En savoir plus sur l'histoire de la cité interdite.


Architecture de la cité interdite

Les souvenirs chinois n'ont pas besoin de châteaux massifs avec des hautes murailles pour démontrer leurs pouvoirs : Ils leurs préfèrent des surfaces généreuses avec des constructions basses disposées en carré pour symboliser la Terre - En effet, dans la génèse chinoise, la Terre est une tranche de forme carré. L'ordonnancement de ce site extraordinaire, autour duquel le reste de la ville doit s'organiser, démontre les intentions des puissants de mettant en exergue le Milieu, cinquième point cardinal et le plus important. Même si Pékin n'est pas le centre géographique de l'Empire, la capitale est le centre symbolique, au centre duquel se dresse à son tour cette cité, coeur de l'Empire et du pouvoir.

Les principaux bâtiments sont situés sur un axe parfaitement orienté Nord-Sud, avec une avenue de parade qui traversait autrefois toute la ville et qui en reliait les portes. D'autres édifices sont organisés par groupe de deux de part et d'autre de l'axe ou suivant des axes parallèles. Les grandes cours utilisés pour les cérémonies et les réceptions se trouvent, au Sud, dans les partie publique de la cité, tandis que les palais résidentiels sont situés au Nord. Cette disposition des bâtiments fait écho à la représentation chinoise du Feng Shui qui préconise que l'homme et son domicile s'intègre entre le vent et l'eau. C'est pourquoi les bâtiments doivent être protégés au Nord et s'ouvrir sur la lumière et la chaleur au Sud. Dans la cité impériale ces conditions sont remplies, puisqu'au Nord et à l'Ouest la ville est protégée des vents venus du désert de Gobi, tandis qu'elle peut s'ouvrir au Sud et à l'Est sur une plaine.

La cité est aussi défendue au Nord par une colline artificielle édifiée à partir de la terre retirée pour creuser les douves. Ce monticule s'appelle en langage populaire "La colline au charbon", car c'est là que l'on stocke les combustibles indispensables au palais. Les différents édifices ne frappent donc pas par leur hauteur mais plutôt par leur largeur et leur aspect ramassé. Tous se dressent sur des socles d'imposantes pierres taillées qui peuvent atteindre 8 mètres de large pour les pavillons de réception et qui constituent une bonne isolation de l'humidité du sol pour les édifices construits en bois. De ces socles de pierre s'élancent de puissantes colonnes taillées dans un bois très dur, le nanmu, transporté à cet effet par canaux depuis le Sud de la Chine. Ces colonnes supportent des toits très massifs recouverts de tuiles d'argile vernissées. Les couleurs devaient être décrétées par l'empereur : Dans le palais, c'est le jaune, couleur impériale par excellence.

Les bâtiments de réception sont coiffés de toits à deux niveaux, qui semblent très légers et élégants malgré leur hauteur sur deux étages et leur superficie imposante. Cet effet est obtenu grâce à la présence aux quatre coins de l'édifice d'une charpente en bois particulière qui s'élance à l'assaut du ciel. Elle est peuplée d'êtres fabuleux en terre vernissée qui sont censés protéger la Cité et ses habitants de tous les dangers - et pas seulement des mongols.



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