Biographie d'Henry III

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Henry III


Henry III

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La jeunesse d'Henry III

Henry III, fils aîné du roi Jean et d'Isabelle d'Angoulême, est né le 1er octobre 1207 à Winchester. Petit-fils de Henry II et d'Eleanor d'Aquitaine, il était aussi l'arrière-arrière-petit-fils de Louis VI de France. Il a succédé à son père, impopulaire, à l'âge de neuf ans, et ressort en héritage un royaume anarchique. Henry a été décrit comme un "joli petit chevalier" lorsqu'il a été couronné à l'église abbatiale de Gloucester devant un cercle de proches de sa mère.

Le très honorable William Marshal, comte de Pembroke, a été nommé Regent avec Hubert de Burgh. Au moment de la mort du roi Jean, Londres et la plupart des ports de la Manche étaient détenus par les Français. Suite à un mouvement populaire, Marshal annonça son intention de régner par les termes de Magna Carta, les envahisseurs français ont été chassés et la paix a été restaurée en Angleterre. Le grand William Marshal, après avoir servi quatre générations de Plantagenets avec une grande célérité, mourru en mai 1219, laissant de Burgh seul régent.

Le roi Henry III n'avait pas hérité du caractère fort de son père, et il n'était pas non plus un Plantagenet au sens habituel du terme. Cultivé, esthéte, pétulant et gentil mais faible et inefficace, Henry a atteint sa majorité à l'âge de 19 ans en 1227 et a repris les rênes du gouvernement de son royaume, mais a retenu de Burgh comme son principal conseiller.


Le caractère et l'apparence de Henry

Un contemporain a déclaré à Henry III que "son esprit ne semblait pas reposer sur une base solide, car chaque accident soudain l'a mis en passion". Il était de taille moyenne et, comme son père, était plutôt dodu. Il avait la paupière gauche tombante, un défaut qu'il a légué héritée à son fils aîné Edward I et qui le faisait paraître particulièrement sinistre.


Ses règles de vie

Durant les première années de son règne ce qui intéressa Henry III fut de regagner le duché de Normandie, qui avait été perdu au profit des Français par son père, le roi Jean. En 1226, il promet de se marier avec Yolande de Bretagne. Une alliance avec son père Pierre Ier, le duc de Bretagne, permettrait à Henry III de se servir de cette terre comme point d'appui pour la reconquête de la Normandie. La cousine de Henry, Blanche, la Reine de France, a vu arriver la menace, et a réussi à convaincre Pierre de Bretagne de donner une de sa fille en mariage à un de ses fils, en échange. Face à ce revirement Henry s'engagea alors chez Jean de Ponthieu, mais comme cela menaçait aussi la Normandie, les Français sont de nouveau intervenus et pour empêcher le mariage.

En 1236, Henry épouse Eleanor de Provence, dont la sœur Margaret avait déjà épousé Louis IX de France. Henry lança une expédition infructueuse en Gascogne en 1230, une tentative tardive de retrouver les terres ancestrales de Plantagenet en France. Eleanor était la deuxième fille de Raymond Berenger, le comte de Provence (1198-1245) et Béatrice de Savoie (1206-1266). Béatrice était la fille de Tomasso, du comte de Savoie et de Margaret de Genève. La sœur aînée d'Eleanor, Margaret, était mariée au roi de France. Aucune description physique d'Eleanor ne nous est parvenue, mais sur la base de son fils Edward on peu imaginer qu'elle était relativement grande. Contrairement à son mari, Eleanor était d'un caractère fort. La légende raconte que son attention a été attirée par un poème qu'elle a adressé à son frère, Richard de Cournouailles.

En 1254 il déclencha une campagne militaire pour expulser Louis IX du Poitou. Malheureusement pour lui ce fut un échec complet. La destitution d'Henry était alors un sujet de conversation courant parmi les nobles. Henry, qui avait soif d'honneurs à l'étranger, se morfondait de ses échecs. L'oncle maternel d'Eleanor, Pierre de Savoie, reçut l'honneur de Richmond et son frère, Boniface, a été nommé archevêque de Canterbury. Ces nominations faisaient fulminer Henry III qui ne parvenait pas à avoir une influence sur ce genre d'actes. La situation s'est agravée lors du patronage d'Henry de ses parents français, les Lusignans. Ils étaient ses demi-frères par le second mariage de sa mère avec Hugh de Lusignan. Mais ce qui énerva Henry III fut l'obtention d'églises sur le territoire d'Angleterre de la part de la famille de France. Du coup Henry fit son demi-frère, Guillaume de Valence, comte de Pembroke en 1247, tandis qu'un autre demi-frère, Aymer, est devenu évêque élu de Winchester.


Henry et Simon de Montfort

Ces politiques insensées associées à l'irruption pathologique de Henry dans le gouvernement ont produit une révolution politique. Par les dispositions d'Oxford (1258), un conseil de quinze nobles s'est imposé au roi dans le but de gouverner le pays. Le principal noble, parmi ceux-ci, était le beau-frère de Henry, Simon de Montfort, comte de Leicester, né en France, et mari de sa soeur Eleanor.

C'est alors qu'Henry s'affirma et força le rétablissement de son pouvoir en 1261. La Reine Eleanor, qui était très impopulaire, était particulièrement détestée des Londoniens. Au mois de juillet 1263, elle partit sur la Tamise mais reçut des oeufs et des légumes pourris venant de la berge. La reine a été sauvée par Thomas Fitz, le maire de Londres, et s'est réfugiée à la maison de l'évêque de Londres. Son fils Edward n'oubliera jamais cette épisode de la vie de sa mère et, par la suite, prouva aux Londoniens qu'il les détestait en retour.

Face à Simon de Monfort le roi souffrit d'une défaite lors de la bataille de Lewes, le 14 mai 1264. A cette occasion Simon de Montfort s'appropria le contrôle du gouvernement et un premier parlement représentatif subséquent fut appelé en 1265. Il sélectionna un conseil de neuf membres et statua au nom du roi. De Montfort se rendit compte de la nécessité d'avoir le soutien des classes moyennes et en 1264 il convoqua des chevaliers de chaque comté en plus des membre des églises et de la noblesse normale. Ces membres réunis formaient un début de Parlement et en 1265 des bourgeois de certaines grandes villes furent invités à participer aux réunions. Henry et son fils aîné Edward, avec son frère, Richard, duc de Cornouailles, furent placés en résidence surveillée. Edward, d'un homme beaucoup plus capable que son père, échappa à ses surveillants et prit les armes pour soutenir la cause d'Henry.

Edward vainquit de Montfort à la bataille d'Evesham en 1265. Durant la bataille Henry fut jeté au sol et il aurait été tué s'il n'avait pas levé sa visière en criant à son assaillant: "Sauve-moi, sauve-moi, je suis Henry de Winchester !". De Montfort, le fondateur du Parlement, fut tué au combat. Son corps a été coupé en morceaux et sa tête envoyée au château de Wigmore. Ses restes qui ont pu être trouvés, ils avaient été enterrés sous l'autel de l'abbaye d'Evesham. Edward, bien que n'aimant pas Montfort, adopta au final certaines de ses idées, par la suite.


Les dernières années

D'après l'historien de l'architecture John Goodall, Henry était "le patron le plus obsessionnel de l'art et de l'architecture qui ait jamais occupé le trône d'Angleterre". Il a reconstruit le palais royal à Westminster, sa maison préférée, en reconstruisant à la fois le palais et l'abbaye de Westminster à un coût de près de £ 55,000. Henry dépensa environ 58 000 livres sterling pour ses châteaux royaux, réalisant d'importants travaux à la Tour de Londres, Lincoln et Dover et en ajoutant la Grande Salle au Château de Winchester. À Windsor, une énorme rénovation du château a produit un complexe de palais luxueux, dont le style et les détails ont inspiré de nombreuses constructions ultérieures en Angleterre et au Pays de Galles.

Chateau de Winchester

Chateau de Winchester

Chateau de Windsor

Chateau de Windsor

Abbaye de Westminster

Abbaye de Westminster

Henry vénérera le roi saxon St Édouard le Confesseur, qui avait été canonisé en 1161. Il disposait même d'une peinture murale à son effigie dans sa chambre. Il fit une manie de la construction de l'abbaye de Westminster, construite pour la première fois par le roi Edward mais qui devait être refaite. En 1269, la nouvelle abbaye fut consacrée, et le corps d'Edward le confesseur y a trouvé un sanctuaire riche et imposant. Henry III lui-même a participé au transport du cercueil du Confesseur dans son nouveau lieu de repos.

Henry III est mort trois ans plus tard dans son palais de Westminster, le 16 novembre 1272, âgé de soixante-cinq ans. Il fut le premier des Plantagenets à être enterré dans l'abbaye, une abbaye qui deviendra plus tard le mausolée des monarques d'Angleterre. Son tombeau, fabriqué par Cosmati marblers, se trouve dans le même lieu qu'Edward le Confesseur. Son corps a été temporairement mis dans le tombeau d'Edward le Confesseur durant la construction de son propre sarcophage. Henry fut remplacé par son fils aîné, Edward Ier.


Le veuvage d'Eleanor de Provence

Eleanor de Provence est resté en Angleterre après la mort de son mari, élevant ses petits-enfants, les enfants d'Edward, Henry, Eleanor et Jean, le fils de sa fille, Beatrice. Quand son petit-fils Henry est mort malgré ses soins, elle pleura sa mort et fonda le prieuré de Guildford qu'elle consacra à sa mémoire. Son veuvage dura dix-neuf ans.

La reine douairière est finalement entrée dans un couvent, avec sa petite-fille Marie qui mourut au couvent d'Amesbury en 1291. Son fils, Edward, érigea un tombeau à sa mémoire.



Voir aussi :

Biographies de la tour de Londres

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