La dynastie des Chakri : Rama III

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Rama III


Né sous le nom de prince Thap, puis connu sous celui de Nangklao, Rama III est le 3e roi du royaume de Siam. Il fait partie de la dynastie Chakri, l'actuelle dynastie régnante de la Thaïlande. Son règne est caractérisé par une puissance militaire sans partage sur toute la péninsule indochinoise et un contrôle, de fait, du Vietnam et du Cambodge.

Rama III

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Le problème de la succession de Rama II

Nangklao est né le 31 mars 1788. Il était le fils du roi Rama II et de la deuxième de ses concubines, Chao Chom Manda Riam, une fille issue d'une famille de la noblesse musulmane.

Selon la coutume qui s'était mise en place sous le règne de son père, Rama III n'aurait jamais dû régner car il était le fils d'une concubine, ce qui est théoriquement incompatible avec l'accession au trône. Toutefois le jeune âge et le manque d'expérience de son demi-frère Mongkut l'a motivé à tenter sa chance, et il se proclama roi sous le nom de Rama III le même jour que Mongkut. Le peuple fut plus intéressé par Nangklao que par Mongkut et il put se maintenir en place. Toutefois à sa mort c'est Mongkut qui lui succéda, mais sans que ce dernier ne puisse transmettre le trône à ses enfants.


Jeunesse

Le jeune prince Thap est né en 1788. Son premier fait connu est la lutte qu'il entreprit contre le prince Kshatriyanuchit, fils de Taskin. Taskin était roi de Thonburi, un éphémère royaume créé lors de la chute d'Ayutthaya face aux Birmans et destiné à poursuivre le règne des rois d'Ayutthaya. Le prince Thap a été chargé du matage de la rébellion qui s'était formée face à son père par le prince Kshatriyanuchit, ce dont il s'affranchit sans trop de problème. Il gravit alors les échelons et obtient assez rapidement le titre de ministre du commerce et des affaires étrangères, un poste important mais pas primordial puisque à cette époque peu de contacts avaient été établis avec les pays étrangers. Toutefois il se passionne pour la culture chinoise dont il utilise l'architecture pour influencer la construction des temples thaïs.


Montée sur le trône

Lorsque le roi Rama II décéda le 16 juillet 1817 il y eut un moment durant lequel un choix devait être fait pour son successeur. Si la logique aurait voulu qu'il s'agisse de son fils ainé Mongkut, fils qu'il a eut avec la reine, son demi-frère Thap issu de la deuxième concubine avait pour avantage d'être plus expérimenté et d'avoir plus travaillé avec le roi de son vivant. Il était bien plus âgé également. Or, contrairement à ce qui s'est passé dans les dynasties européennes du Moyen-âge, la succession n'allait pas forcément de soit dans le royaume de Siam. Puisqu'il n'y avait pas de vice-roi désigné par le roi de son vivant, il fallait en choisir un et c'est une assemblée de notables qui le fit. Les principales familles de Bangkok appuyèrent la proposition et Mongkut fut écarté - temporairement - de la succession au trône.

Le prince Thap, qui avait reçu entretemps le nom de Chetsababodin, accepta son nouveau rôle en 1824, il fut couronné dans la foulée. Mongkut, qui avait pris la charge de moine en 1924, juste au moment de la transition, choisit de poursuivre dans la voie religieuse au lieu de revenir à la vie temporelle comme ça aurait dû être le cas un an plus tard. Ce choix était dicté par sa volonté de ne pas nuire au nouveau roi et conserver ainsi une certaine aura vis à vis du peuple.


Echanges avec les occidentaux : La guerre anglo-birmane

Le règne de Rama III est marqué par différents conflits, mais aussi par la reprise de contacts avec les occidentaux. Dès 1822 il fit renouveler un traité qui liait le royaume de Siam à la Compagnie britannique des Indes orientales et plus particulièrement à son représentant John Crawfurd. Par ce traité le Royaume-Uni s'engageait militairement aux côtés du Siam dans la conquête de la Birmanie, l'éternelle rivale. Mais vu des Occidentaux, il s'agissait surtout de mettre en place un système d'alliances visant à isoler la Birmanie avec laquelle le Royaume-Uni était entré en conflit. Ainsi en 1824 eut lieu la première guerre anglo-birmane, les anglais étant soutenus par un effort de guerre conséquent en armes et éléphants du Siam. Mais la fin de la guerre marqua le début d'un différent entre les deux alliés, il concernait l'usage des terres conquises par les anglais et promises au royaume de Siam. Les tensions s'amplifiant, Rama III fit replier son armée dans les limites de son royaume, abandonnant de fait le territoire aux anglais. Ce revirement a eu pour conséquences de calmer les esprits et aboutit à la signature d'un nouveau traité, le traité Burney. Il ne s'agissait pas d'un traité militaire mais économique, il avait pour objectif de limiter les droits de douane sur les marchandises exportées pour favoriser le commerce. Toutefois, l'histoire a montré que son application n'avait pas été rigoureuse.

Les siamois n'ont pas eu que des anglais comme contacts occidentaux. En 1933 les américains firent leurs apparitions au royaume de Siam par l'arrivée d'Edmund Robert, émissaire du président américain Jackson. Cet émissaire fit signer entre les deux pays un traité d'échange commercial dont les termes sont toujours appliqués de nos jours, quoi qu'ayant été fortement amendés depuis.

En parallèle les échanges entre les pays occidentaux et orientaux font entrer au royaume de Siam diverses technologies et évolutions. Ainsi le pays découvrit-il l'imprimerie et la vaccination, par exemple.


L'insurrection d'Anouvong : La fin du royaume du Laos

Anouvong était le fils du roi du Laos. Son royaume fut conquis par le royaume de Siam en 1805 par le grand-père de Rama III, Rama Ier, fondateur de la dynastie des Chakri. Anouvong fut expatrié de force, puis renvoyé à l'âge de 30 ans en tant que roi de Ventiane, sous la férule du royaume de Siam bien sûr. Mais lorsqu'en 1824 Anouvong constata des dissensions entre les anglais et les siamois, il en profita pour tenter une insurrection. D'autant plus que c'était l'année suivant la montée sur le trône du jeune monarque Rama III, encore peu expérimenté.

Son objectif était tout simplement la prise de Bangkok. Il monta donc une armée et la lança sur le territoire siamois. Elle prit les différentes places-fortes du pays jusqu'à Korat, principale défense de la capitale en direction du au Nord-Est. Devant le risque maintenant avéré de la chute de Bangkok, les habitants commencèrent à s'organiser mais les prisonniers de Korat parvinrent à provoquer une émeute tellement importante que les forces armées laotiennes durent se replier pour éviter sa propagation, ce qui permit aux siamois de s'organiser. L'armée d'Anouvong fut alors combattue, puis mise en fuite. L'ennemi étant maintenant replié au Laos, Rama III chargea son oncle Maha Sakdi Polsep d'achever le combat. Fort d'une nouvelle armée, il se déplaça donc au Laos et pris Ventiane. Les habitants furent évacués et Anouvong dû s'enfuir au Viêt-Nam.

En 1827 Rama III ordonna la destruction de Ventiane. Face à cette menace Anouvong remonta une armée avec l'aide des Vietnamiens et reparti au combat au Laos. Mais les siamois étaient plus forts et vainquirent. Anouvong tenta de s'enfuir mais fut rattrapé, emprisonné et mourut en 1829 dans une prison de Bangkok. Le royaume du Laos cessa alors d'exister, et Ventiane fut réellement détruite à cette époque.


La guerre du Cambodge

Parmi les différents conflits que dû gérer Rama III, celui provoqué au Cambodge fut le seul à mettre en jeu les Français. Cet autre conflit qu'ont enduré les siamois durant le règne de Rama III a commencé en 1810, au moment où l'un des rois du Cambodge - parmi plusieurs qui régnaient en ce temps là - demanda de l'aide aux Vietnamiens pour dominer ses concurrents et parvenir à l'unification du royaume cambodgien. Or, une fois que l'accord fut acté avec les Vietnamiens, les siamois en prirent ombrage car il y avait un accord, non officiel, pour se partager la mainmise du Cambodge entre les Vietnamiens et les siamois, et ça depuis très longtemps. L'acceptation d'aider l'un des cambodgiens face aux autres fut pris comme un affront par les siamois. En 1833 il y eut un conflit entre les Vietnamiens du Sud et les Vietnamiens catholiques, sur fond de prise de pouvoir des chinois. Ce conflit est connu sous le nom de la révolte de Lê Van Khôi, qui demanda l'aide du Siam pour aider ses forces armées dans ce conflit. Rama III vit là la possibilité de mettre un roi pro-siamois sur le trône du Cambodge et accepta donc de donner son aide. Il fit construire une flotte et attaqua Saïgon, qu'il ne parvint pas à prendre, au contraire de Phnom Penh qui fut envahi peu après. S'ensuivit une attaque terrestre vers l'intérieur des terres vietnamiennes, en 1842. En 1845 Phnom Penh fut récupéré par les Vietnamiens, mais le sort qu'ils réservèrent aux moines chrétiens locaux provoqua l'intervention de la France, qui envahit le Viet-Nam en 1847. Ceci mit fin à la guerre, et un traité de paix fut signé entre les Vietnamiens et les siamois qui concluait à l'instauration d'un roi cambodgien sur le Cambodge, roi contrôlé à la fois par le royaume de Siam et celui du Viet-Nam.


Sa mort

Nangklao est décédé le 2 avril 1851 sans avoir nommé son successeur. Aucun de ses enfants n'étant prêt à lui succéder, le trône est passé à son demi-frère, le prince Mongkut, celui qui aurait dû gouverner à la place de Rama III mais n'avait pas pu le faire à cause de son jeune âge.


Un roi constructeur

Rama III fut un roi bâtisseur. Tourné vers le Bouddhisme, il était particulièrement pieux. Il est à l'origine de la construction du stupa le plus haut du Wat Arun, le temple de l'aube (car tourné vers l'Ouest) de Bangkok. C'est un temple de style Khmer que les touristes visitent toujours de nos jours. On lui doit aussi la Montagne Dorée de Wat Sraket, le premier temple de style chinois (à Rajorasa), le Wat Ratchanadda et le temple Chetupol.

C'est lui aussi qui est à l'origine du Wat Pho, le fameux temple du Bouddha d'or, dans lequel fut installé la première université de Thaïlande.


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