Biographie d'Ernest Gouin

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Ernest Gouin


Ernest Gouin

Ernest Gouin

Biographie

Ernest Gouin est l'un des 72 savants dont le nom est inscrit sur le premier étage de la tour Eiffel. Il est le 9e, sur la face tournée vers l'Est.


Ernest Gouin, ingénieur et industriel, est né à Tours (Indre-et-Loire), le 24 juillet 1815. Il est mort à Paris, le 23 mars 1885. A sa sortie de l'Ecole polytechnique, en 1836, il fut classé le premier dans l'état-major. Il donna sa démission pour entrer à l'Ecole des Ponts et Chaussées. Le grand mouvement industriel, trait caractéristique de la fin du XIXe siècle, commençait à se dessiner. Les chemins de fer et la navigation à vapeur occupaient notamment toutes les intelligences. Ernest Gouin se rendit en Angleterre pour compléter ses études techniques. Après un séjour de quelques mois dans les ateliers mécaniques les plus renommés, il fut chargé par M. Clarke, directeur de la traction du chemin de fer de Paris à Orléans, alors en construction, du contrôle de l'exécution des locomotives que cette compagnie avait commandées aux ateliers de Sharp, à Manchester. C'est là que se décida sa vocation. Il devait bientôt prendre dans toute l'Europe une part considérable à l'industrie de la mécanique, des constructions métalliques et des voies ferrées.

De 1839 à 1845, Ernest Gouin fut ingénieur de la traction et des ateliers des lignes de Paris à Saint-Ger-main, Versailles et Saint-Cloud. Ces petites lignes, qui semblent peu de chose actuellement, furent la pépinière des plus hautes personnalités du monde si considérable des chemins de fer. Avoir occupé un des premiers rangs dans cette compagnie minuscule auprès des Flachat, Pereire, Perdonnet, Le Chatelier, Lamé, Marc Seguin, Clapeyron, Polonceau, etc., est un titre d'honneur. Bien des expériences y furent faites. C'est là que fut tentée l'application de la pression atmosphériquo à la propulsion des trains, c'est là que fut installé le premier télégraphe électrique. Ernest Gouin fut l'ingénieur des machines atmosphériques, machines colossales pour leur temps. Il alla étudier à Londres les premiers appareils de télégraphie qu'il rapporta en France et installa sur la ligne de Saint-Germain-en-Laye.

En 1816, il fonda ses magnifiques ateliers de construction de locomotives et de machines de filature, aux Batignolles; trois ans après, il introduisit en France les ponts en fer et quelques années plus tard, il fondait des chantiers de navires en bois et en fer, à voiles et à vapeur, à Nantes, sur les bords de la Loire. Ernest Gouin ne fut pas seulement un des principaux constructeurs de la France, un grand industriel aux idées vastes, ce fut encore un cœur généreux, dont la bienfaisance fut inépuisable, un esprit ouvert à tous les progrès, à toutes les idées nouvelles.

Les ateliers qu'il a créés aux Batignolles ont produit des œuvres remarquables, entre autres les ponts d'Asnières, Mâcon, Culoz, de Szegedin, et de Pesthen Hongrie, du Pô en Italie, du Moerdyck en Hollande, et un grand nombre d'autres en Roumanie, en Russie, en Australie, en Algérie, au Sénégal. A l'exécution de ces importants ouvrages d'art, il joignit bientôt l'étude et la construction de lignes de chemins de fer, comme celles de la traversée des Pyrénées près Saint-Sébastien, des Apennins près Naples, des Carpathes en Roumanie, des Alpes du Tyrol, du réseau du Bône Guelma en Algérie et Tunisie, du Dakar Saint-Louis au Sénégal et de nombreux chemins de fer d'intérêt local en Belgique et en France.

Ernest Gouin a été président du Conseil de prud'hommes de la Seine, fonction absorbante et délicate, président de la Chambre de commerce de Paris de 1873 à 1878, et conseiller municipal de la capitale durant 15 ans, de 1860 à 1875. Quand il est mort, il était commandeur de la Légion d'honneur, régent de la Banque de France. Il a laissé un fils éminent, M. Jules Gouin, qui continue son œuvre et ses traditions.

Des paroles éloquentes ont été prononcées à ses obsèques par Ernest Fouquet, ingénieur des plus distingués, et par Emile Augier, l'un des Quarante de l'Académie française. C'est l'auteur illustre de la Ciguë et de l'Aventurière qui a rappelé ce mot admirable du chancelier de l'Hôpital, à propos des immenses charités d'Ernest Gouin : "Souvenez-vous que vous n'emporterez là-haut que ce que vous aurez donné ici-bas.". Le portrait de cette page a été exécuté sur une photographie représentant Ernest Goiiin à l'âge de 60 ans.



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