Biographie de Louis Gay-Lussac, physicien

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Louis Gay-Lussac


Louis Gay-Lussac

Louis Gay-Lussac

Biographie

Louis Gay-Lussac est l'un des 72 savants dont le nom est inscrit sur le premier étage de la tour Eiffel. Il est le 13e, sur la face tournée vers l'Ouest.


Auguste Louis Gay-Lussac, le plus grand chimiste du XIXe siècle avec J.-B. Dumas, est né à Saint-Léonard-le-Noblat (Haute-Vienne), le 6 décembre 1778; il est mort à Paris, le 9 mai 1850. Son père était procureur du Roi et joignait à son nom de Gay celui de Lussac, provenant d'une terre qu'il possédait, afin de se désigner plus facilement parmi les nombreux membres de sa famille. Le jeune Gay-Lussac était destiné à illustrer cette double appellation, que les Allemands devaient travestir d'une façon si étrange, lorsque, vers 1873, le gouvernement prussien donna l'ordre de traduire en langue teutonique les noms des rues de toutes les villes d'Alsace-Lorraine. C'est ainsi qu'à Mulhouse la rue Gay-Lussac prit le nom de rue du Joyeuse-Lussac (Froelich Lussac straai). Depuis lors cette appellation fantaisiste a été rectifiée sur les vives réclamations de la science française.

En sortant de l'Ecole polytechnique, en 1800, avec le titre d'ingénieur des ponts et chaussées, il préféra ne pas suivre cette carrière et il se livra à ses penchants pour la chimie et la physique. Berthollet l'accepta comme préparateur et peu après le fit nommer répétiteur du cours de Fourcroy. Il ne tarda pas à se faire connaître par des travaux originaux. Sa première découverte touche à la dilatation des gaz. Le 2 août 1804, il fit une importante ascension aérostatique avec Biot pour vérifier les diminutions de la force magnétique à de grandes hauteurs. Vingt-trois jours après, il entreprit seul un nouveau voyage aérien. Il s'éleva à 7010 mètres et constata qu'à cette altitude une clef approchée de l'aiguille aimantée la déviait comme à la surface du sol.

Cette grande hauteur dans les airs ne devait être dépassée que 40 années plus tard, le 27 juillet 1850, par Barral et Bixio qui atteignirent 7849, après avoir eu à supporter une température de 39 degrés au-dessous de zéro. Gay-Lussac a entrepris successivement des recherches sur la théorie de la capillarité, l'acide chlorhydrique oxygéné, les alcools, le cyanogène, l'acide prussique, l'iode découvert par Courtois; il a fixé les règles des analyses des matières animales et végétales. Il a fait faire des progrès marqués à la science par l'esprit philosophique de ses méthodes d'investigation. Il a été le premier à démontrer expérimentalement que la physique et la chimie doivent marcher d'accord. La première, plus simple, éclaire la seconde qui est plus complexe.

Gay-Lussac avait fait un mariage d'amour. En 1809, il s'était épris d'une jeune lingère entre les mains de laquelle il avait vu un livre de chimie, en allant faire des emplettes. Il s'en éprit et l'épousa sans aucune fortune. Cette longue union fut exceptionnellement heureuse. Avant de mourir, Gay-Lussac dit à celle qui avait été pour lui une compagne admirable : "Aimons-nous jusqu'au dernier moment. — La sincérité des attachements est le seul bonheur sur la terre."

Quelque temps auparavant, voyant ses forces diminuer, ne voulant pas laisser des travaux inachevés, il avait donné l'ordre à son fils Louis de brûler un traité intitulé : Philosophie chimique. Cependant les premiers chapitres étaient entièrement terminés. Il avait pris cette résolution cruelle à son cœur de savant, parce qu'il constatait qu'il ne pourrait en composer les conclusions.

Au moment suprême de quitter la vie, ce fut son seul regret, bien qu'il dît : "S'il m'était donné de recommencer l'existence, je ferais en toute circonstance ce que j'ai déjà fait une fois." Combien nombre d'hommes voudraient tenir un pareil langage au terme final, mais combien peu de personnes aussi pourraient le faire avec quelque vraisemblance !

La ville de Limoges a érigé une belle statue à Gay-Lussac, sur la place d'Aine, le 11 août 1890. Elle est due au ciseau du sculpteur Aimé Millet. La ville de Paris a donné son nom à une grande rue de la rive gauche de la Seine, non loin du Panthéon et du jardin du Luxembourg. Le portrait de notre livre a été fait sur un dessin donné par Gay-Lussac lui-même à mon père, en 1847. Elle représente le grand savant à l'âge de quarante ans, c'est-à-dire durant l'année 1818.



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