Biographie de Jules Pelouze, chimiste

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Jules Pelouze


Jules Pelouze

Jules Pelouze

Biographie

Jules Pelouze est l'un des 72 savants dont le nom est inscrit sur le premier étage de la tour Eiffel. Il est le 16e, sur la face tournée vers l'Ouest.


Théophile-Jules Pelouze, chimiste, est né à Valognes (Manche) le 26 février 1807. Il est mort à Paris en 1867. C'est un des élèves les plus brillants de Gay-Lussac, qui, de bonne heure, l'accueillit dans son laboratoire et encouragea ses goûts pour le travail et les recherches. Après l'avoir employé comme préparateur, il le fit nommer professeur de chimie à Lille, puis répétiteur à l'Ecole polytechnique et enfin essayeur à la Monnaie. Gay-Lussac lui disait souvent : "Enseignez d'abord avant de chercher. Enseigner, c'est apprendre deux fois. Et quand vous saurez bien, vous trouverez mieux." Pelouze, qui était doué d'une imagination vive et d'une ardeur infatigable, suivit les conseils de son maître et n'eut qu'à s'en féliciter, car il devint un novateur fécond en chimie organique, en chimie minérale, en chimie industrielle, qu'il a enrichies tour à tour d'importantes découvertes. De 1863 à 1867, nous avons eu le bonheur de l'assister dans des expertises chimiques faites en commun avec J.A. Barral, et nous avons été les témoins des ressources inépuisables de son esprit toujours en éveil et heureux dans ses prévisions.

Pelouze a découvert la loi des acides pyrogénés et il a donné un procédé pour la fabrication du tannin. Il a fait les premières recherches concluantes sur les propriétés et la composition du sucre de betteraves en démontrant son identité avec celui de canne. Il a préparé le premier le coton-poudre, qu'il nomma pyroxile, et c'est lui qui a indiqué et isolé l'éther œnanthique, auquel les vins doivent leur bouquet. Dans la fermentation butyrique, il a signalé la production synthétique d'un corps gras avec la glycérine et un acide. — Voilà son lot de découvertes en chimie organique.

En chimie minérale, il a mis au jour une nouvelle classe de sels, les nitrosulfates, dont l'acide composé de trois éléments, le soufre, l'azote et l'oxygène, appartenait à un genre inconnu auparavant. Il a donné une méthode nouvelle pour le dosage du cuivre, découvert le cyanure verdâtre de fer et perfectionné les procédés de fabrication du verre en y introduisant remploi du sulfate de soude.

La chimie industrielle est redevable à Jules Pelouze de la préparation en grand de la soude artificielle et de la découverte de l'aventurine, matière à base de chrome dont les lapidaires se sont emparés. N'oublions pas ses travaux sur la distillation du gaz d'éclairage. Ce n'est pas seulement, dans le laboratoire que Pelouze s'est montré partisan du fait expérimental, mais aussi dans le célèbre Traité de chimie publié avec la collaboration de M. E. Fremy, aujourd'hui directeur du Muséum d'histoire naturelle à Paris. Cet ouvrage est des plus abondants en informations précises, en détails nombreux et positifs. Nommé membre de l'Académie des Sciences en 1837, en remplacement de Deyeux, il était devenu peu après le successeur de Thenard au Collège de France. Il a été avec Barreswil un des chimistes qui ont aidé Claude Bernard dans ses études physico-chimiques appliquées à la physiologie expérimentale. Il a laissé beaucoup d'élèves et parmi les meilleurs, il faut citer Péan de Saint-Gilles, mort prématurément, et M. Aimé Girard, actuellement professeur au Conservatoire des Arts et Métiers et à l'Institut astronomique à Paris.

Pelouze aimait à rappeler qu'après s'être familiarisé avec les manipulations de la chimie pharmaceutique, il avait concouru pour le service des hôpitaux et avait été nommé interne à la Salpétrière. Placé sous les ordres de Magendie, professeur au Collège de France et Le Chevalier, professeur à l'Ecole supérieure de Pharmacie, ce ne fut pas dans ce milieu cependant qu'il trouva ce patronage puissant et amical qui, après avoir décidé de son avenir, l'accompagna pendant toute sa vie. Le hasard seul le lui donna. Le dimanche, il allait passer la journée auprès de son père, alors employé aux forges de Charenton. En revenant d'une de ces visites, surpris au milieu de la route par un orage, il voulut prendre place dans un coucou de banlieue qui passait et qui ne contenait avec le cocher somnolent qu'un seul voyageur. Il fit signe, mais la voiture ne s'arrêta pas. Alors il courut vivement, sauta à la bride du cheval. Le voyageur intervint aussitôt. C'était Gay-Lussac, revenant lui-même des forges et qui avait loué la voiture pour son usage personnel. Il permit à Pelouze de prendre place auprès de lui. La conversation s'engagea, prit un tour scientifique et, comme conclusion, le grand chimiste offrit au débutant de le recevoir dans son laboratoire. C'est ce qui décida de l'avenir et de la fortune de Pelouze.

On serait ingrat envers le laboratoire que Pelouze créa à son tour, si nous ne rappelions pas qu'il fut le théâtre de l'une des plus grandes découvertes de la physiologie moderne. C'est dans cet asile scientifique, dont Claude Bernard fut un des hôtes assidus, qu'il découvrit le vrai rôle du foie, organe fondamental, dont la fonction restait obscure, et c'est là que fut constatée la production du sucre qui s'y élabore. Une des rues de Paris, sur la rive droite de la Seine, a reçu le nom de Pelouze. Son portrait a été fait sur un dessin exécuté en 1860.



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