Biographie de Jacques-Joseph Ebelmen, chimiste

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Jacques-Joseph Ebelmen


Jacques-Joseph Ebelmen

Jacques-Joseph Ebelmen

Biographie

Jacques-Joseph Ebelmen est l'un des 72 savants dont le nom est inscrit sur le premier étage de la tour Eiffel. Il est le 7e, sur la face tournée vers le Sud.


Jacques-Joseph Ebelmen, chimiste, est né à Baume-les-Dames (Doubs), le 10 juillet 1814. Il est mort à Paris, le 31 mars 1852, ayant à peine atteint sa trente-huitième année, dans toute la force productrice du savant. Sorti de l'Ecole polytechnique en 1833, et de l'Ecole des Mines en 1836, il fut successivement nommé professeur adjoint de docimasie dans ce dernier établissement, puis administrateur et enfin directeur de la Manufacture de Sèvres, en 1847. C'est là qu Ebelmen, dans un court espace de temps, a montré ses grandes qualités de chimiste et de chercheur, aussi patient qu'audacieux. En peu d'années, il a trouvé le moyen d'exercer une influence considérable sur les progrès artistiques, scientifiques et industriels de la fabrication de la porcelaine.

Il a d'abord perfectionné le coulage, et c'est lui qui a fait remplacer le bois par la houille dans la cuisson des pâtes, ce qui a permis d'obtenir des objets d'une pureté jusqu'alors inconnue et de réaliser du même coup d'importantes économies. La cristallographie doit à Ebelmen des procédés nouveaux et très originaux comme idée théorique et application pratique, pour l'imitation par la voie sèche, de plusieurs pierres précieuses, telles que l'émeraude, le corindon, la spinelle, le péridot, l'hyalite et l'hydrophane. La méthode d'Ebelmen pour obtenir toutes ces combinaisons cristallisées a été étendue à beaucoup d'espèces minérales non sans succès.

Ebelmen s'est occupé aussi de recherches sur la composition et l'emploi des gaz des hauts fourneaux. Au moment de sa mort, il s'occupait avec Barral et Salvétat des moyens de fabriquer, pour l'usage domestique, des poêles émaillés, de façon à empêcher la diffusion dans l'air ambiant de l'acide carbonique et de l'oxyde de carbone produits par la combustion. Les calorifères recouverts d'émail sont les seuls qui soient hygiéniques, propres et charmants au regard. On les a délaissés peu à peu, à tort, pour les appareils en fonte et en tole, fort dangereux et qui distillent dans l'air ambiant le gaz empoisonneur. On reviendra à leur usage forcément et pour le plus grand bien des usages domestiques.

Tous les travaux et mémoires d'Ebelmen ont été réunis en 1855, en deux volumes par ses amis. Ils constituent une mine féconde de renseignements précieux sur les faits acquis et d'indications à retenir pour des recherches à poursuivre. Lorsque ce jeune savant, qui promettait tant pour l'avenir par son passé fécond, est mort, il venait de publier une étude tout à fait magistrale sur les altérations des roches stratifiées sous l'influence des agents atmosphériques et des eaux d infiltration. Ebelmen y démontre qu'il est possible de réaliser, par la synthèse chimique, tous les types qui manquent à la classification des minéraux cristallisés. Ces visées, alors téméraires, ont reçu de toutes parts, des savants des deux mondes, des approbations unanimes, manifestées par des découvertes nombreuses poursuivies dans cet ordre d'idées. Cette découverte fort importante date du 22 décembre 1851. Toutes les expériences poursuivies dans cette direction nouvelle ont consisté, a écrit Ebelmen lui-même, à dissoudre les éléments des corps qu'il s'agissait de faire cristalliser dans un silicate chargé d'un grand excès d'alcali, et à soumettre le tout à l'action d'une haute température, comme celle d'un four à porcelaine, ou du four à boutons de M. Bapterosses. L'excès d'alcali se volatilisait, et des cristaux se formaient au sein de la masse vitreuse liquide. La présence de la silice était nécessaire pour donner au fondant une certaine fixité et pour constituer un silicate fusible, au milieu duquel les cristaux pouvaient se développer avec la netteté désirable.

Depuis cette époque, sur les données d'Ebelmen, on a pu produire, au moyen de la synthèse chimique, un grand nombre d'espèces minérales, à l'état de pureté, et obtenir ainsi non seulement les types spécifiques qui manquaient pour la classification de beaucoup de minéraux cristallisés, mais acquérir encore les notions les plus précieuses sur les origines et les conditions de la cristallisation de ces espèces. C'est en employant des dissolutions dans le borax (biborate de soude) des substances qu'il voulait obtenir à l'état cristallisé, qu'il aboutit aux résultats les plus remarquables. Ces dissolutions chauffées à la température des fours à porcelaine, laissaient évaporer le borax avec une grande lenteur, et peu à peu, comme au sein d'un liquide, se déposaient les cristaux attendus. C'est ainsi qu'Ebelmen a reproduit le quartz, le fer chromé, l'émeraude, le pyroxône, l'enstatite, le corindon, le rubis, le cymophane, le péridot, la perowskite, etc.

La maison Gauthier-Villars et fils a publié en trois forts volumes, avec figures dans le texte, la Chimie, Céramique, Géologie et Métallurgie d'Ebelmen. — Une des rues de Paris, sur la rive droite de la Seine, porte son nom Le portrait d'Ebelmen que nous donnons a été exécuté d'après un croquis fait en 1830 par le célèbre dessinateur Traviès pour mon père, dont il était l'ami. On sait que Traviès, mort en 1860, est le créateur du type populaire du bossu Mayeux. Ce fut un esprit mordant et satirique des plus élevés et des plus redoutables, pendant le règne de Louis-Philippe.



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