Biographie d'Henri-Edouard Tresca, ingénieur et mécanicien

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Henri-Edouard Tresca


Henri-Edouard Tresca

Henri-Edouard Tresca

Biographie

Henri-Edouard Tresca est l'un des 72 savants dont le nom est inscrit sur le premier étage de la tour Eiffel. Il est le 3e, sur la face tournée vers le Nord.

Henri-Edouard Tresca, ingénieur et mécanicien, est né à Dunkerke (Nord) le 12 octobre 1814. Il est mort à Paris le 21 juin 1885. Admis en 1832 à l'Ecole de Saint-Cyr, il n'y entra pas, et se prépara pour l'Ecole polytechnique, où il fut reçu en 1833. Il en sortit comme ingénieur-élève des ponts et chaussées. Mais il ne resta pas longtemps dans cette carrière. Nommé en 1835, il donna sa démission en 1841 pour exercer librement la profession d'ingénieur civil. Il commença par la construction de deux usines pour la fabrication de l'acide stéarique et la distillation des huiles minérales, trouvant, chemin faisant, un nouveau moyen d'extraction des huiles et imaginant un vérin hydraulique portatif qu'il proposa d'appliquer au pesage des voitures sur les routes.

En 1850, il fut nommé ingénieur chargé du classement des produits français à l'Exposition universelle de Londres. Son activité et ses connaissances étendues attirèrent l'attention sur lui. En 1852, il entra au Conservatoire des Arts et Métiers, auquel il a consacré le restant de sa vie. En 1854, il succéda au général Morin, dans la chaire de mécanique. Il fut aussi nommé à cette époque inspecteur des Ecoles d'Arts et Métiers de France. Investi de cette fonction à un moment où elle n'avait rien d'enviable, il dut se rendre dans le Midi, où le choléra sévissait avec violence. Il se trouvait à Aix, capitale de la Provence, d'habitude si animée, si exubérante. Tout était plongé dans un silence morne; les rues désertes n'étaient parcourues que par des funèbres convois. A l'hôtel, à table, il était solitaire. Un convive devait pourtant l'y rejoindre, le soir. C'était l'un des professeurs de l'école qu'il venait d'inspecter. Mais il manqua au rendez-vous, foudroyé par une attaque de choléra dans l'école même. Tresca s'y rend immédiatement, la licencie et y reste seul, attaché à son devoir.

A partir de cette année, le nom de Tresca n'a cessé de grandir par les cours de mécanique qu'il est chargé de professer à l'Ecole centrale des Arts et Manufactures et à l'Institut agronomique, par la création des Annales du Conservatoire et ses études nombreuses, variées, théoriques et appliquées, avec une grande audace, mais une parfaite justesse, sur ce qu'il a appelé l'écoulement des solides.

Il a déployé des prodiges d'habileté pour découvrir expérimentalement les lois de ces phénomènes. Il est parvenu à pénétrer à l'intérieur de la matière ductile, à y introduire des nuées d'éclaireurs, qui lui rendaient un compte fidèle des modifications profondes qu'y déterminaient les colossales pressions auxquelles il la soumettait.

Tresca a exposé les conclusions de cette hardie théorie dans son capital mémoire sur le poinçonnage des métaux. Remarquant que la déformation de ces corps comprend trois périodes, celle de l'élasticité parfaite, étudiée notamment par Navier et Cauchy, puis celle de l'élasticité imparfaite ou de déformation partiellement permanente, enfin celle de plasticité, comprenant le laminage, le forgeage, l'emboutissage, etc., il aperçut dans cette dernière période qu'expressivement il appelle aussi de fluidité, où l'élasticité est comme vaincue, que l'effort à exercer normalement à travers toute face intérieure, pour produire une petite extension ou compression normale d'une proportion déterminée, est de même intensité que l'effort de cisaillement à exercer tangentiellement à cette petite face pour produire un glissement relatif de même proportion ou mesure. Tel est l'exposé du principe théorique nouveau de l'égalité de deux coefficients de déformation plastique, normale et tangentielle, proposé par le profond esprit scientifique de Tresca.

Tresca a rendu des services signalés aux Commissions du mètre et de l'unification de l'heure. C'est lui qui a proposé la forme définitivement adoptée pour les mètres-étalons à distribuer à toutes les nations. Elle procure, à poids égal, une résistance vingt-cinq fois plus grande que le modèle ancien de nos archives, ce qui fait, ainsi que Tresca aimait à le dire, qu'il était possible de donner des coups de bâton avec son mètre sans l'altérer. Ses travaux, mémoires, notes, rapports, cours ont été réunis, mis en ordre et publiés en onze volumes, par ses fils MM. Alfred, Edouard et Gustave Tresca, en mars 1889, et offerts à cette époque à l'Académie des Sciences, dont il était membre, par les dignes entants de ce grand et modeste savant.

Le portrait de Tresca a été exécuté sur une photographie communiquée par sa famille. Elle le représente en costume d'académicien, couvert des nombreuses décorations envoyées par tous les gouvernements pour le récompenser des nombreuses découvertes accomplies dans le domaine théorique et pratique de la science.



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