Biographie d'Antoine de Lavoisier

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Antoine de Lavoisier


Antoine de Lavoisier

Antoine de Lavoisier

Biographie

Antoine de Lavoisier est l'un des 72 savants dont le nom est inscrit sur le premier étage de la tour Eiffel. Il est le 9e, sur la face tournée vers le Nord.


Antoine-Laurent de Lavoisier, chimiste, de physicien, physiologiste, agronome, est né à Paris le 20 août 1743. Il est mort décapité sur l'échafaud dressé place de la Révolution, aujourd'hui place de la Concorde, le 8 mai 1794, à 5 heures du soir, le cinquième des fermiers généraux condamnés, immédiatement après son beau-père, Jacques Paulze. C'est le créateur de la chimie moderne, en ce sens que c'est lui qui, par ses travaux sur l'oxygène et la composition de l'air, a ouvert la voie à toutes les découvertes contemporaines. Pendant de longs siècles, une science demeure à l'état latent; un homme de génie arrive. Cela suffit pour la féconder à jamais. Depuis plus de cent ans, la chimie était embourbée dans la malheureuse théorie du phlogistique qui obscurcissait le chemin des recherches des savants de bonne volonté. En faisant éclater la vérité, Lavoisier a rendu le plus grand des services qu'un novateur puisse apporter au progrès général. C est au mois de septembre 1777 que Lavoisier déposa à l'Académie des Sciences un mémoire, sous ce titre : Sur quelques substances qui sont constamment dans l'état de fluide aériforme au degré de chaleur et de pression habituelles de l'atmosphère. C'est dans ce beau travail qu'il établit que les expressions air, vapeurs, fluides aériformes, ne désignent qu'un mode particulier de la matière et qu'il montre que si la chaleur volatilise les corps, toute pression apporte à ce changement une résistance qu'on peut évaluer.

Les travaux de chimie n'occupèrent pas seuls Lavoisier. La physique aussi lui doit d'importantes et belles découvertes. Il a été le premier à démontrer que les molécules des corps obéissent à deux forces antagonistes :

  • 1. Le calorique qui tend à les écarter
  • 2. L'attraction qui tend à les réunir

Suivant que l'une ou l'autre de ces forces prédomine, ou bien qu'elles s'équilibrent toutes les deux, le corps passe par les états solide, liquide, gazeux. Quant à l'espace que les molécules laissent entre elles, il n'est pas le même pour toutes les substances. Lavoisier a pris ce principe comme point de départ pour expliquer comment il se fait que, pour élever la température de divers corps d'un degré, il faut employer des quantités variables de calorique.

On peut ranger aussi Lavoisier au nombre des fondateurs de la physiologie expérimentale, car pendant plusieurs années ses recherches eurent pour but de diriger la chimie vers les problèmes physiologiques. On lui doit la célèbre théorie de la respiration qui, légèrement modifiée par les découvertes récentes, règne en maîtresse aujourd'hui.

Lavoisier s'est occupé aussi d'agronomie. Il possédait et cultivait une belle propriété dans le Blésois. Il améliora tous les procédés de culture et chercha à appliquer la chimie à l'agriculture. Les principaux travaux de Lavoisier touchent à la transpiration des animaux, à la nature de l'eau, à la calcination de l'étain, à l'existence de l'air dans l'acide nitreux, à la combustion du phosphore et du soufre, à la dissolution du mercure dans l'acide nitrique, à la composition du diamant. Il a démontré expérimentalement la vérité de l'hypothèse de Newton que ce minerai, cause de tant de folies, n'est pas autre chose que du carbone pur. Notons encore ses recherches sur l'acide oxalique, le platine, l'efflorescence, l'acide carbonique.

Lavoisier avait une plume élégante. Il a laissé des écrits remarquables, notamment dans les Annales de chimie et dans le Journal de physique. Ses œuvres ont été réunies et publiées en quatre forts volumes sous les auspices de l'Académie des Sciences, de 1861 à 1864. Malgré ses services et ses titres à l'admiration de tous, Lavoisier dut monter sur l'échafaud. C'est une des plus regrettables victimes de notre grande Révolution, qui ne lui pardonna pas d'appartenir à la classe exécrée des vingt-huit fermiers généraux dont les têtes tombèrent le même jour sous le fatal couteau de la guillotine. On a rapporté qu'au moment de sa condamnation, Lavoisier demanda au tribunal un délai de quelques jours afin de pouvoir terminer la correction des épreuves de ses Mémoires de chimie qu'on imprimait, et que le président lui répondit brutalement : La République n'a pas besoin de savants; il faid que la justice suive son cours. Dans tous les temps, il y a des bêtes brutes et des imbéciles. Ces mots ne déshonorent pas la République, qui était pleine de savants et gouvernée par des savants; ils souillent seulement Coffinhal-Dubail, qui les a prononcés. En effet, dans ce temps-là, comme plus tard sous le Consulat et l'Empire, ainsi que nous l'avons exposé dans l'Histoire des Sciences sous Napoléon Ier, la Convention, les comités, les commissions regorgeaient de savants. Il suffit de citer : Carnot, Berthollet, Fourcroy, Lalande, Monge, Laplace, Lagrange, Legendre, Parmentier, Daubenton, Lamarck, Hassenfratz, Romme et cent autres. Ce sont eux qui ont sauvé la patrie des exactions et des scélératesses des fous et des coquins. Une belle statue de Lavoisier, par Dalou, a été érigée en 1889 dans le grand amphithéâtre des nouveaux bâtiments de la Sorbonne. Le musée de l'Hôtel des Monnaies, à Paris, possède une rare médaille représentant le profil du grand chimiste. C'est elle que le dessin de notre livre a reproduite. Son nom a été donné à une des rues de la capitale, sur la rive droite de la Seine. Lalande, Fourcroy, Cuvier, Quénaud, ont écrit de belles biographies de Lavoisier. M. Grimaux a publié en 1888 un gros volume sur sa vie, d'après des documents nouveaux, et le 30 décembre 1889, M. Berthelot, le digne continuateur de Lavoisier, a lu, dans la séance publique annuelle de l'Académie des Sciences, une notice sur l'action féconde de ses doctrines dans les applications et les théories modernes.

Il existe aussi une biographie manuscrite et inédite composée par Mme Lavoisier sur son mari, dont elle partagea toujours les travaux avec le plus grand dévouement. Malheureusement, elle s'arrête à l'année 1799. Ajoutons que Lavoisier était très méthodique et qu'il avait un ordre méticuleux. Il gardait tous ses manuscrits, toutes ses notes, la copie autographe des lettres qu'il écrivait et les originaux de celles qui lui étaient adressées. Après sa mort, Mme Lavoisier, née Paulze, qui fut la perle des épouses, rangea avec un soin jaloux ces papiers dont elle restait héritière. Ils passèrent ensuite à Mme Léon de Chazelles, sa petite-nièce, qui les classa avec l'aide de son mari. Aujourd'hui ils sont conservés pieusement au château de la Canière, près d'Aigueperse (Puy-de-Dôme), par M. Etienne de Chazelles, qui y a joint les instruments, les livres de Lavoisier et les dessins de Mme Lavoisier.

Lavoisier avait été élu membre de l'Académie des Sciences, en remplacement du chimiste Baron, le 18 mai 1768. Il avait exactement vingt quatre ans huit mois et vingt-trois jours, étant né le 26 août 1743. Arago, admis ayant vingt-trois ans, est le seul savant ayant fait partie de cette glorieuse assemblée à un âge aussi jeune.



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