Biographie de Pierre Laplace, astronome et mathématicien

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Pierre Laplace


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Pierre Laplace

Biographie

Pierre Laplace est l'un des 72 savants dont le nom est inscrit sur le premier étage de la tour Eiffel. Il est le 9e, sur la face tournée vers le Nord.


Pierre-Simon Laplace, astronome et mathématicien, qui devait devenir ministre, sénateur, marquis, pair de France, membre de l'Académie française, de l'Académie des Sciences et du Bureau des longitudes, associé de tous les corps savants de l'Europe, grand'croix de la Légion d'honneur, décoré de tous les ordres étrangers, est né à Beaumont-en-Auge, en Normandie, d'un simple cultivateur, le 28 mars 1749. Il est mort à Paris le 5 mars 1827. Par la profondeur de son génie, il a montré une fois de plus que l'astronomie est la science dont l'esprit humain peut le plus justement se glorifier. Elle doit cette prééminence incontestée à l'élévation de son but, à la grandeur de ses moyens d'investigation, à la certitude, à l'utilité, et à la magnificence inouïe de ses résultats. Laplace a abordé avec autant de bonheur que de hardiesse le sublime problème de l'ordre éternel des cieux, nié par Euler, et dont Newton doutait. Ses recherches ont établi que les orbites des planètes varient, continuellement, que leurs grands axes tournent incessamment autour du soleil, pôle commun ; que leurs plans éprouvent un déplacement continu ; mais qu'au milieu de ce désordre apparaît un élément important de chaque orbite. C'est la longueur de son grand axe dont dépend la révolution périodique et qui maintient l'ordre perpétuel.

Laplace a doté la France, l'Europe, le monde savant de trois magnifiques compositions : le Traité de mécanique céleste, l'Exposition du système du monde, le Théorie analytique des probabilités. Le premier date de 1799, le second de 1802, le troisième de 1812. Faisons comme Arago, au lieu d'établir une longue liste d'admirateurs illustres de ces trois beaux ouvrages, choisissons les appréciations brèves et caractéristiques d'un de ces hommes de génie à qui la nature a donné la rare faculté de saisir du premier coup d'œil les points culminants des objets. Le 27 vendémiaire an X (17 septembre 1802), après avoir reçu un volume de la Mécanique céleste, le général Bonaparte écrivit à Laplace : "Les premiers six mois dont je pourrai disposer, seront employés à lire votre bel ouvrage." Ces mots, les premiers six mois, enlèvent à la phrase les banalités d'un remerciement ordinaire, et renferment une juste appréciation de l'importance et de la difficulté de la matière.

Le 5 frimaire an XI (27 janvier 1803), la lecture de quelques chapitres du volume que Laplace lui avait dédié était pour le général Bonaparte "une occasion nouvelle de s'affliger que la force des circonstances l'eût dirigé dans une carrière qui l'éloignait de celle des sciences. Au moins je désire vivement, ajoutait-il, que les générations futures, en lisant la Mécanique céleste, n'oublient pas l'estime et l'amitié que j'ai portées à son auteur."

Le 17 prairial an XIII (6 septembre 1805), le général, devenu Empereur, écrivait encore de Milan : "La Mécanique céleste me semble appelée à donner un nouvel éclat au siècle où nous vivons." Enfin, le 12 août 1812, Napoléon, à qui le Traité du calcul des probabilités venait d'arriver, écrivait de Witepsk la lettre que nous transcrivons textuellement : "Il fut un temps où j'aurais lu avec intérêt votre Traité du calcul des probabilités. Aujourd'hui je dois me borner à vous témoigner la satisfaction que j'éprouve toutes les fois que je vous vois donner de nouveaux ouvrages qui perfectionnent et étendent la première des sciences et contribuent à l'illustration de la nation. L'avancement, le perfectionnement des mathématiques sont liés à la prospérité de l'Etat.".

Les œuvres complètes de Laplace ont été publiées sous les auspices et la responsabilité de l'Académie des Sciences, en huit volumes, édités par la maison Gauthier-Villars et fils. Chaque année elles sont données par l'Institut, en séance solennelle, à l'élève entré à l'Ecole polytechnique avec le n° 1. C'est une des clauses du testament généreux laissé par la marquise de Laplace, qui fut la digne veuve du grand astronome. C'est un magnifique monument scientifique.

La statue de Laplace, par J.Garraud, a été inaugurée en 1844, dans les galeries de l'Observatoire de Paris. La maison qu'il a habitée à Arcueil existe toujours. Elle est située au n° 41, Grande-Rue. Elle appartient à un de ses descendants, M. le comte de Colbert-Laplace, membre de la Chambre des députés, qui lui a conservé tout son caractère avec un soin pieux et jaloux, pour lequel le monde lui garde une grande gratitude. C'est un illustre lieu de pèlerinage pour les savants. Il n'est pas inutile de résumer ici la célèbre hypothèse de Laplace sur la formation du système stellaire et qui constitue un de ses principaux titres de gloire. D'après cette hypothèse hardie, toute la matière actuellement agglomérée dans les diverses masses de l'ensemble solaire, aurait formé autrefois une nébuleuse planétaire, engendrée d'une seule masse gazeuse, rendue lumineuse par une haute température et dissociée par la chaleur en éléments premiers irréductibles et homogènes, tous identiques.

Cette masse ellipsoïdale, animée d'un mouvement de translation dans l'espace et d'un mouvement de rotation rapide sur elle-même, se serait séparée en anneaux ellipsoïdaux, non pas concentriques, mais possédant un foyer unique et qui seraient devenus ainsi indépendants les uns des autres, quant à leur impulsion rotative. Ensuite, chacun de ces anneaux se serait condensé lui-même en une masse ellipsoïdale dans laquelle d'autres anneaux indépendants se seraient un à un formés. Chacun de ces anneaux, en se condensant à son tour en sphéroïde, serait devenu satellite de la masse sphéroïdale plus grande en se conservant toutefois à leur foyer commun et en donnant elle-même naissance aux planètes.

Le soleil serait le noyau central de la nébuleuse restée agglomérée au foyer commun, après toute une dislocation d'annulaires emboîtant d'autres systèmes d'anneaux. Et par un refroidissement successif obtenu par des milliers de millions d'années, ces événements successifs auraient produit le système solaire tel qu'il existe actuellement. Telle est la célèbre hypothèse, formée d'éléments multiples et qui sont des vues de l'esprit, mais d'un esprit général et qui, jusqu'à de nouvelles découvertes dues à l'observation et à l'expérimentation, doit demeurer comme la vérité scientifique.

Le nom de Laplace a été donné à une rue de Paris, sur la rive gauche de la Seine, située derrière le Panthéon et proche de la Bibliothèque Sainte-Geneviève. Il existe de nombreux portraits de Laplace. Celui reproduit ci-dessus a été fait d'après un dessin exécuté en 1806.



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