Histoire du Manneken pis

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Histoire du Manneken Pis


Bien que toute petite, la statue du Manneken Pis a une réputation mondiale qui en fait l'un des symboles de la Belgique. C'est plutôt un symbole traditionnel, garant de l'histoire et de l'authenticité de ce peuple. Au contraire des symboles comme l'atomium ou le conseil européen, qui sont plutôt des symboles de modernité. La réputation de cette statue vient de son histoire que l'on peut qualifier d'ancienne.

Manneken Pis

Manneken Pis


Sa conception

Le Manneken Pis est une statue qui a été conçue en 1619 par Jérôme Duquesnoy l'Ancien (1570-1641), puis fondue et mise en place en 1620. Mais elle venait remplacer une autre statue identique bien plus ancienne, on peut donc considérer qu'elle entre dans l'histoire durant la première moitié du XVe siècle puisqu'on en a une trace en 1451 et 1452, dans des documents recensant les fontaines de la ville. Il y est fait mention d'un "Manneken Pis" sur du Chêne, juste avant le carrefour de la rue de l'Etuve, soit à peu près à son emplacement actuel. Elle est placée au sommet d'une colonne d'à peu près 1m20 de haut et son jet tombe dans deux grandes vasques rectangulaires. Nous savons son intérêt puisqu'il est d'ordre sanitaire : Durant le Moyen-âge l'eau courante n'existait que de façon publique, il fallait la récupérer dans des fontaines mises à disposition de la population. La ville était parcourue de canaux apportant l'eau claire des rivières proches, mais pour pouvoir récupérer l'eau facilement il fallait des fontaines, d'où la nécessité de les recenser. A cette époque, elle avait un rôle utilitaire important.

Quant à sa forme originale, elle vient directement de la tradition du Moyen-âge de manipuler l'irrévérence. Les carnavals étaient là pour ça, d'ailleurs, mais ce n'était que la partie visible et excessive de l'irrévérence, la vrai était dans les actes du quotidien et elle était très prégnante dans la société médiévale. Cette statue d'un enfant urinant face au public entrait dans ces représentations hautes en couleur.

De cette statue du XVe siècle, rien ne nous reste. Nous savons qu'elle était en pierre. Elle a été refaite à l'identique en 1620 et en bronze suite à une commande de l'année précédente pour remplacer la précédente. La ville demanda au sculpteur bruxellois Jérôme Duquesnoy de la refaire, ce qui fut fait, mis en place en 1620. Nous connaissons le coût du travail : 50 florins du Rhin. L'eau courant n'arrivant dans les habitations qu'à partir de la fin du XIXe siècle, son intérêt était identique à la fontaine précédente. Pour la mise en place on démolit la colonne et les bassins qui sont reconstruits de façon similaire. Mais il semble que ce soit temporairement car en 1697 on retrouve la fontaine à son emplacement actuel, soit à l'angle de la rue du Chêne et de l'étuve, quelques mètres plus loin que là où elle était.


Les évolutions durant son utilisation pratique

En 1695 le gouverneur-général Maximilien-Emmanuel de Bavière offrit au Manneken Pis une tenue. Ce n'était pas la première fois que ça arrivait, mais c'est la première fois qu'un personnage de haut rang remettait symboliquement un habit à cette statue. On peut interpréter ça comme le fait qu'elle avait obtenu un statut de représentante de la population locale, ce qui sera confirmé plus tard par l'ajout d'habits, au fil des ans. D'ailleurs Louis XV offrit une tenue de gentilhomme. C'était un geste politique, le roi de France ayant tenté de récupérer la statue à son profit, il s'était attiré les foudres de la population et dû faire ce geste symbolique pour apaiser les esprits.

La forme de la fontaine évolue définitivement en 1770, année où elle perd ses deux bassins et sa colonne pour une stèle protectrice en forme de coquille Saint Jacques. Du haut de son nouveau perchoir, le petit garçon urine directement dans un caniveau, permettant à la population de récupérer l'eau, par exemple avec des seaux.

En 1817 le Manneken Pis fit l'objet d'un vol suivi d'une sérieuse dégradation. Il fut dérobé par un certain Antoine Licas qui, au cours de son vol, brisa la statue en 11 morceaux. Rattrapé, il fut sévèrement puni. Les morceaux furent récupérés et la statue put être reconstituée grace à l'habileté du sculpteur Gilles-Lambert Godecharle. Le socle en bronze que l'on voit actuellement date de cette réparation.


Acquisition du statut de symbole

A partir du milieu du XIXe siècle l'eau courant commence à arriver dans les maisons, les immeubles. Le rôle des fontaines n'est plus aussi important qu'auparavant. On protège alors la fontaine par une lourde grille (au milieu du XIXe siècle), puis on construit une vasque en pierre bleu (à la fin du XIXe). Le Manneken Pis avait trouvé là son apparence définitive.

Mais ce n'est pas pour autant la fin de son histoire car si il n'y eut plus aucune motivation d'amélioration ou de changement quelconque à son sujet depuis la fin du XIXe siècle, il fut volé par plusieurs fois ! La dernière, en 1966, fut la fois de trop. On le retrouva rapidement mais brisé au niveau des chevilles. La municipalité la fit réparer mais au lieu de la remettre en place il en fit faire une copie à sa place. L'original est désormais au musée de la ville de Bruxelles, sur la Grand-Place. Donc le Manneken Pis présenté au public n'est donc qu'une copie de l'original.



Voir aussi :

Photos du Manneken Pis

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