Biographie de Lazare Carnot, mathématicien

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Lazare Carnot


Lazare Carnot

Lazare Carnot

Biographie

Lazare Carnot est l'un des 72 savants dont le nom est inscrit sur le premier étage de la tour Eiffel. Il est le 17e, sur la face tournée vers l'Ouest.


Lazare-Nicolas-Marguerite Carnot, le grand Carnot, mathématicien, est né à Nolay, non loin de Dijon, le 13 mai 1753. Il est mort, en exil, à Magdebourg le 2 août 1823. Son tombeau est resté dans le cimetière de cette ville avec cette simple épitaphe : Carnot, jusqu'au mois d'août 1889, date à laquelle ses cendres ont été ramenées en France et déposées solennellement au Panthéon, à Paris. Organisateur scientifique des victoires de la première République, il appartient à cette grande école militaire des généraux de la fin du XVIIIe siècle, qui étaient bons géomètres et forts mathématiciens.

Carnot fut un écrivain disert, un poète à ses heures, un cœur chaud et fidèle, une âme tendre, un vrai patriote. En 1773, il sortit de l'Ecole du génie militaire de Mézières, avec le grade de lieutenant et en 1783, il était nommé capitaine à l'ancienneté. C'est à cette époque qu'il composa un éloge de Vauban, qui fut couronné par l'Académie de Dijon. Il reçut cette récompense des mains du prince de Condé, gouverneur de Bourgogne, futur général des Emigrés. Ce travail excellent, comme style et comme pensées, et qui mériterait d'être publié en petit livre populaire, valut à Carnot les félicitations d'un grand nombre de personnages, notamment celles de BufFon, du prince Henri de Prusse, frère du grand Frédéric. Vers le même temps, il publia aussi un Essai sur les machines dont il donna plus tard une nouvelle édition augmentée, sous le titre : "De l'équilibre et du mouvement". Il s'occupa encore à ce moment-là des aérostats, et se mêla au débat qui s'éleva à cette époque relativement aux divers systèmes de fortification. II publia sur ce sujet des mémoires où il se prononçait pour le maintien des places fortes qu'il nomme des Monuments de paix, parce que, dit-il, elles permettent de diminuer l'armée permanente et de laisser aux travaux productifs la partie la plus robuste de la population.

Il embrassa avec ardeur les principes de la Révolution ; il alla siéger à l'Assemblée législative, au nom du Pas-de-Calais, à coté de son frère, Carnot-Feulins. Réélu à la Convention nationale par le même département, il fut successivement envoyé à Rayonne et à Dunkerque pour mettre le pays en état de défense contre les agressions des Espagnols et des Anglais. Le 14 août 1783, il fut nommé membre du Comité du Salut public et chargé spécialement du personnel et du mouvement des armées. La France était au plus bas; il y avait crise financière, crise de subsistances, crise militaire. On sait comment elle se releva et l'on sait aussi que Carnot fut un de ceux qui contribuèrent à la sauver. Par un travail de dix-huit à vingt heures par jour, il sut constituer, mettre en action et relier entre elles, par une direction commune, les quatorze armées de la première République, leur communiquer le sentiment irrésistible de leur force, les lancer sur les chemins des triomphes, tracer les plans de campagne, inspirer toutes les manœuvres, enfin organiser scientifiquement la défense, l'attaque, la victoire Carnot sut encore avec un coup d'œil sûr tirer des rangs inférieurs les héros de l'avenir, Hoche et tant d'autres, et c'est lui qui sut deviner Bonaparte et qui le fit porter, malgré toutes les résistances de ses collègues, au commandement de l'armée d'Italie. Napoléon se souvint toujours qu'il avait eu Carnot pour premier protecteur et Bonaparte est bien le fils militaire de l'organisateur des victoires. Malgré les événements et les dissentiments politiques, une tendre sympathie ne cessa jamais de les unir l'un à l'autre. Tout le démontre. Quand, après le 18 brumaire, Bonaparte ouvrit les portes de la France à Carnot exilé par les gens de fructidor en 1797, il fut nommé, par le premier Consul, inspecteur des armées, puis ministre de la guerre, en 1800; mais il ne dissimula jamais son chagrin de voir peu à peu disparaître la République. Il donna sa démission, et, nommé membre du Tribunat, il vota contre le Consulat à vie, la création de la Légion d'honneur, et parla seul contre les projets de création de l'Empire, tout en mettant en dehors la personne même de Bonaparte, pour laquelle il conserva toujours une tendresse infinie.

Bonaparte ne lui tint pas rigueur, et quand le Tribunat ayant été supprimé, Carnot déclara vouloir entrer dans la retraite, il fit des démarches pour l'en dissuader et n'ayant pu le faire revenir sur son parti, il lui dit : "Monsieur Carnot, tout ce que vous voudrez, quand vous voudrez et comme vous voudrez." Carnot ne demanda jamais rien, mais à l'heure suprême des revers et des difficultés, après quatorze ans de silence et de méditations, il reparut. Il reçut le commandement d'Anvers en 1814. On s'aperçut alors que celui qui avait dirigé toutes les armées de la République, nommé les généraux, choisi et fait avancer Bonaparte, et qui avait été membre du Directoire et ministre de la Guerre, n'avait d'autre grade que celui de chef de bataillon du génie, auquel il était arrivé par ancienneté. Seul il s'était oublié. Quelle leçon pour notre époque !

Carnot défendit héroïquement Anvers; avec une intégrité antique, il administra cette ville, qui lui a dressé une statue le 1er mai 1865. Pendant les Cent-Jours, Napoléon nomma ministre de l'intérieur Carnot, qui signa les décrets et les circulaires : Carnot, comte de l'Empire après Waterloo, il fut membre du Gouvernement provisoire de 1815; mais bientôt proscrit pour avoir conservé une foi inébranlable aux principes de la Révolution et une pieuse affection pour Napoléon, il dut quitter la France, pour errer en Pologne et mourir en Allemagne. La modestie et la fidélité ont fait le fond moral du grand caractère de Carnot. Ce sont là des titres de gloire qu'on aurait le tort de négliger.

Lazare Carnot a eu un frère aîné, qui a été un jurisconsulte éminent de l'école de Beccaria. Avocat au Parlement de Dijon, Claude Carnot fut juge à Autun, commissaire des nouveaux tribunaux, puis nommé par Napoléon à la Cour de cassation, où il siégea jusqu'à sa mort, arrivée en 1835. Ni la première Restauration, ni Louis XVIII, ni Charles X, ni Louis-Philippe n'avaient osé l'écarter à cause de sa grande réputation de probité, de vertu, de philanthropie. Criminaliste de premier ordre, il a publié des travaux remarquables sur la science du droit criminel. Il s'employa toujours à faire triompher les idées de libéralisme, d'amélioration, repoussant impitoyablement toutes les sévérités des législateurs qui ne pensent, en fabriquant des lois, qu'à y distribuer, à tort et à travers, de la punition, de l'amende, de la prison. Comme Alexis de Tocqueville, il pensait qu'on ne saurait trop mettre d'humanité dans les lois. Son chef-d'œuvre est une étude sur le Code d'instruction criminelle mis en harmonie avec l'humanité.

Carnot-Feulins (1755-1836), le second frère de Lazare Carnot, a été député du Pas-de-Calais à l'Assemblée législative en 1791, et député de Saône et-Loire à la Chambre de 1815. Lieutenant-général, ce fut un officier brave et brillant. Il a laissé une Histoire du Directoire, publiée en 1800 et qui n'est pas sans mérite.

Lazare Carnot a eu deux fils : 1° Sadi Carnot, né en 1796, qui fut un savant très remarquable, ancien élève de l'Ecole polytechnique, mort prématurément, et qui a laissé des travaux qui prouvent un esprit fécond et original, sur les mathématiques, la physique, et un ouvrage intitulé : Réflexions sur la puissance motrice du feu et sur les machines propres à développer cette puissance. Ces documents ont été publiés en 1878, avec un portrait, un fac-similé de Sadi Carnot, par M. Hippolyte Carnot, chez les éditeurs Gauthier-Villars et fils, à Paris; 2° Hippolyte Carnot, né en 1801, qui a été ministre en 1818 et qui est mort sénateur en 1888, laissant deux fils, M. Sadi Carnot, président de la République française en décembre 1887, et M. Adolphe Carnot, ingénieur des Mines, chimiste de haut mérite.

La ville de Paris a donné le nom de Carnot à une des grandes avenues qui aboutissent à l'Arc de Triomphe de l'Etoile, au bout des Champs-Elysées.

Nous avons publié sur l'œuvre scientifique du grand Carnot un volume. Nous nous permettons d'y renvoyer le lecteur curieux d'avoir des renseignements nouveaux sur les découvertes et les travaux intellectuels de cet homme vraiment illustre.

Le portrait est rare. Il représente Carnot à l'âge de soixante ans. Il a été dessiné d'après l'original, exécuté en 1813 par Louis-Léopold Boilly, peintre renommé de cette époque.



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