Biographie de Joseph Vicat, ingénieur

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Joseph Vicat


Joseph Vicat

Joseph Vicat

Biographie

Joseph Vicat est l'un des 72 savants dont le nom est inscrit sur le premier étage de la tour Eiffel. Il est le 6e, sur la face tournée vers le Sud.

Louis-Joseph Vicat est né à Nevers le 31 mars 1786. Il est mort en 1861 à Grenoble. C'est un ingénieur du plus rare mérite, qui a eu le bonheur d'attacher son nom à une découverte pratique et féconde du plus haut intérêt pour les constructions. Le premier il a démontré scientifiquement que les propriétés des chaux naturelles dépendent de l'argile disséminée dans leur composition; le premier aussi il a préparé de la chaux hydraulique de toutes pièces sur les chantiers du pont de Souillac, dans le département et sur la rivière de la Dordogne, qu'il fut chargé de construire en 1811. Les piles de ce pont magnifique reposent sur des masses de béton formées avec de la chaux hydraulique artificielle, fabriquée d'après les données de Vicat. Depuis cette époque, on peut se procurer facilement et à bas prix de la chaux faisant promplement prise dans l'eau partout où ce produit devient nécessaire pour la durée et la solidité des fondations hydrauliques.

La découverte de Vicat a eu une influence énorme sur le développement des grands travaux exécutés, depuis quatre-vingts ans bientôt, dans le monde entier, pour rétablissement des canaux, des écluses, des voies ferrées, des ponts, des chaussées, des jetées maritimes, des ports, etc. Chargé par Napoléon qui, tout de suite, entrevit l'importance d'une découverte si modeste en apparence, de continuer ses travaux sur les ciments et les mortiers, Vicat inspecta une partie de la France, et notamment les bassins du Rhône et de la Garonne, pour y découvrir les gisements de chaux hydraulique naturelle. En même temps, il donna aux ingénieurs des départements les instructions nécessaires pour la préparation industrielle de ce produit devenu indispensable. Il perfectionna aussi la fabrication du ciment romain. Sans Vicat, il est certain que toutes nos lignes de chemins de fer auraient trouvé beaucoup plus de difficultés à se développer. Toutefois, elles auraient coûté beaucoup plus cher, à cause des détours nécessités par des constructions de pierre restées impossibles sur les fleuves, les rivières et les marais.

En 1833, l'Académie des Sciences pour récompenser les services de Vicat, le nomma membre correspondant, et en 1837, elle lui décerna un de ses prix. En 1841, le Conseil municipal de Paris lui offrit solennellement un vase d'argent d'une valeur de 2 400 francs. Deux ans après, la Chambre des députés ne voulant pas demeurer indifférente à l'égard d'un homme resté pauvre, malgré l'importance de ses travaux, lui vota à titre de récompense nationale, sur le rapport et les conclusions d'Arago, une pension annuelle de 6 000 francs, réversible sur ses enfants. En 1846. Louis-Philippe le promut au grade de commandeur dans l'ordre de la Légion d'honneur.

Vicat avait fait ses études à l'Ecole centrale de l'Isère; à seize ans, il était entré comme vice-trésorier dans la marine qu'il quitta venant d'être reçu à l'Ecole polytechnique, d'où il passa en 1806 dans le corps des ponts et chaussées. Il a laissé une grande quantité de mémoires publiés dans les Annales de physique et de chimie ainsi que divers ouvrages dont les plus importants sont ses Recherches expérimentales sur les chaux de construction, les bétons et les mortiers (1818) et ses Recherches physiques de la destruction des composés hydrauliques par Veau de mer (1856).

Avant Vicat, on ne savait pas préparer de la chaux artificiellement et il résulte de ses découvertes qu'avec de la chaux et de l'argile toute construction devient facile. Arago calculait que dans l'espace de trente années, durant laquelle on édifiait moins qu'à cette époque, où il parlait (1844), les découvertes de Vicat avaient procuré à l'Etat seulement, une économie de 200 millions de francs. "Il est certain, ajoutait Arago, qu'en s'assurant par un brevet d'invention, la fabrication privilégiée de la chaux artificielle, cet ingénieur aurait fait une fortune immense." Ce n'est pas uniquement la France, c'est le monde entier qui lui doit de la reconnaissance, car partout les gouvernements, les ingénieurs, les constructeurs, les particuliers, ont mis à profit ses procédés, sans lui payer un liard de redevance. La gratitude étrangère s'est soldée par zéro envers Vicat ; celle de la France, si prodigue souvent de statues inutiles élevées à des médiocrités, s'est manifestée, comme nous l'avons dit, par une maigre pension de 6 000 francs votée par le Corps législatif, à titre de récompense officielle, pour le savant, le grand ingénieur, l'homme désintéressé et modeste, s'il en fut jamais. C'est un exemple funeste, car une semblable ingratitude de la part des corps constitués n'est pas faite pour encourager le détachement des inventeurs.

Le portrait de Vicat ci-dessus a été fait sur un dessin exécuté en 1848.



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