Les statues de l'île de Pâques

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Histoire des statues de l'île de Pâques


L'histoire de l'île de Pâques est relativement simple à aborder, car elle commence relativement tard par rapport aux peuplements que l'on peut trouver ailleurs, et elle a quasiment une date de fin. Tout commence vers 1200 et s'achève à la fin du XIXe siècle, et l'histoire de l'île comporte trois grandes phases : Une colonisation d'un peuple polynésien (1200-1500, à l'origine des Moaïs), un changement de comportement qui imposa une nouvelle structure sociale (1500-1687, qui firent disparaître les Moaïs) et l'île en tant qu'enjeu des Européens (1687-1877). A partir de là le peuplement d'origine de l'île est tellement faible qu'on peut le considérer comme ayant disparu. La population croit à nouveau, mais sous l'action de l'immigration.


Moaïs de l'île de Pâques

Moaïs de l'île de Pâques


Le peuplement initial et l'érection des Moaïs

Avant 1200 il n'existait aucun peuplement humain de l'île de Pâques. Bien sûr ignorée des civilisations asiatiques, européennes, africaines et micronésiennes, l'île de 160 Km2 seulement ne fut découverte par les civilisations polynésiennes qu'à cette période. Encore que cette période soit mise en doute par des analyses scientifiques faites sur place durant le XIXe siècle, mais en pratique, plus les analyses sont récentes et précises, moins il ne fait de doute que le peuplement de l'île de Pâques se soit fait vers 1200. Ces migrants ont probablement dû arriver de Mangareva, la principale île de l'archipel de Gambier, mais on ne peut exclure une arrivée par les autres îles les plus proches : Iles Marquises ou de Pitcairn.

Une fois sur place ils s'organisèrent en clans territoriaux. Il existait à l'époque une dizaine de clans qui se partageaient le territoire en morceaux triangulaires partant du centre de l'île. Là où tous les territoires se joignaient se trouvait le territoire commun, celui où l'on pouvait discuter des besoins liés à tous les clans. Chaque clan avait ses villages, un peu en retrait des côtes. C'était des villages de maisons en pierre avec des bâtiments communs et une structure sociale tournée sur le culte des anciens. Le culte des anciens, c'est un culte qui n'a pas de Dieux, il se contente d'adorer les ancêtres, une tradition qui a pour but d'assurer la transmission orale de l'histoire du peuple en question.

Les Moaïs sont une représentation des ancêtres, ce sont des idoles en charge de la protection de l'île et à ce titre ils ont été placés tout autour de l'île. Il existe aussi un grand nombre de lieu de culte, sur les côtes. Ces statues ont été installées entre 1200 et 1500, la période de croyance dans le culte des ancêtres. A partir de 1500 un évènement arriva, bouleversant la société établie. Cette date de 1500 est bien sûr très arbitraire, le changement s'étant produit peut-être un peu plus tard, parfois on annonce même plutôt du XVIIe siècle.


Le culte de Make-make

Ce n'est pas un bouleversement soudain qui provoqua le changement dans la société de l'île de Pâques, vers 1500, mais plutôt une prise de conscience – probablement forcée par les faits – que l'île, relativement petite, ne pouvait pas fournir de la nourriture à toute la population si cette dernière ne traitait pas le problème de l'écosystème. En effet, en plus d'avoir dû déforester pour se nourrir les habitants avaient dû couper les arbres pour construire les Moaïs, pour les transporter, les sculpter, etc. Sans arbre, l'écosystème fut bouleversé, la nourriture est devenue rare et une partie de la population dû quitter les lieux. Les spécialistes ont retrouvé des traces de peuplements de l'île de Pitcairn de cette époque, prouvant la migration d'une partie de la population. Toutefois cette hypothèse n'a jamais été prouvée, et la déforestation aurait très bien pu se produire plus tard. Comme toujours, il y a sûrement plusieurs facteurs qui ont dû intervenir, et n’ont exclue ni les guerres internes, qui auraient pu détruire la majeure partie de la population et donc nécessité l'établissement d'une autre société, ni les catastrophes naturelles, elles aussi pouvant mettre à base une civilisation si fragile.

Pour faire face au problème, et quelle qu'en ait été la cause, une solution simple fut trouvée : Le culte des anciens fut remplacé au profit d'un Dieu, Make-make, l'homme-oiseau. Les Moaïs furent abandonnés, certains furent couchés volontairement, d'autres ensevelis. La carrière principale dans laquelle ils étaient taillés fut abandonnée aussi. Il faut savoir qu'il y avait autant de statue en cours de fabrication que de statues déjà érigées, soit 400. Toutes celles en cours de fabrication furent ensevelis, recouvertes ou tout simplement laissées telles quelles. Les anciens lieux de culte furent abandonnés. La nouvelle société qui apparue fut spontanée, elle se basa sur la précédente. Une nouvelle caste de prêtres vit le jour, et cette nouvelle organisation put résister aux conditions insulaires extrêmes imposées par la géographie de l'île, et ça jusqu'en 1687, année de la découverte de l'île par le pirate Edward Davis.


L'influence néfaste des européens

Si Edward Davis fut le premier à découvrir l'île, il n'y débarqua pas, au contraire de Jakob Roggenveen, marin hollandais qui agissait pour le compte de la compagnie néerlandaise des Indes occidentales. C'est lui qui lui donna son nom : ile de Pâques, de par le fait qu'elle fut abordée le 6 avril 1722, jour de Pâques.

Le deuxième européen à aborder l'île fut Felipe González de Ahedo qui en prit possession au nom du royaume d'Espagne. C'était le 15 novembre 1770. Toutefois il ignorait qu'elle avait déjà été découverte et appartenait donc déjà à un royaume européen, les Pays-Bas, qui la revendiqua et l'obtint.

James Cook fit un arrêt à l'île de Pâques le 13 mars 1774, puis le navigateur français La Pérouse, en 1786. Ces arrêts de plus en plus fréquents sur l'île mettaient en place un mécanisme que la population locale ne pouvait pas deviner, à savoir son éradication lente par d'une part le développement de maladies inconnues et pour lesquelles elle n'avait pas d'anticorps naturels, et d'autre part son rapt destiné à les transformer en esclaves. C'est ce qui arriva vers le milieu du XIXe siècle quand des commerçants d'Amérique-du-sud firent des razzias dans l'île pour capturer le maximum de personnes en vue de les faire travailler pour leurs comptes.

La population de l'île n'a probablement jamais excédé 2000 personnes, lorsque qu'elle augmentait elle se limitait naturellement par le manque de ressources vivrières. Une fois les razzias faites, la population était en nombre trop faible pour survivre. De plus les personnes à l'origine de ces rapts en profitaient pour éradiquer la culture de l'île en supprimant les prêtres et détruisant les lieux de culte. La date de 1877 est symptomatique, elle correspond à la plus faible population d'origine polynésienne que l'île n'a jamais atteinte : 111 personnes. Mais depuis le milieu du XIXe d'autres populations arrivaient, formant une mixité qui ne cessera d'avoir de l'importance. C'est cette mixité qui sauvera la population sur l'île et fera qu'il existe encore, de nos jours, des descendants de peuple primitif sur l'île. Les migrants venant essentiellement de Tahiti et des îles australes pour la majorité d'entre eux, d'Europe et pour une infime partie, de Chine.

A la fin du XIXe siècle plusieurs européens s'installent sur l'île, qui est alors christianisée, et une nouvelle organisation se met en place. En 1888 le Chili l'annexe officiellement, et de nos jours elle est encore un territoire chilien.



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