Les statues de l'île de Pâques

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Description des statues de l'île de Pâques


Les Moaïs présentent de nos jours un aspect un peu différent de ce qu'ils étaient autrefois. Tout d'abord il faut savoir que la pierre dont ils sont fabriqués, le tuf, est gris-jaune, mais les temps les a rendu bien plus sombre qu'au moment de leur taillage. Ensuite on a souvent l'image d'une tête, une simple tête, pour représenter un personnage. Il n‘en est rien puisque toutes les statues sont des personnages complets hormis les jambes. Ils ont tous un corps et deux bras, souvent terminés par des mains. L'une des raisons qui met en avant la tête est qu'elle est disproportionnée par rapport au corps, bien plus petit que ce qu'il devrait être. Les Moaïs ont été quasiment tous sculptés dans le tuf d'une carrière du volcan Rano Raraku, celui le plus à l'Est de l'île. Ses pentes sont d'ailleurs parsemées de statues, c'est l'image classique que l'on a quand on pense à l'île de Pâques.


Moaïs de l'île de Pâques

Moaïs de l'île de Pâques

Il s'agit de statues en ronde-bosse, c'est-à-dire qu'on peut en faire le tour (au contraire de bas ou haut relief). Les principales caractéristiques des Moaïs sont un cou peu marqué, un visage rectangulaire, le menton proéminent et le nez fort. Les oreilles sont disproportionnées et le front est fuyant. Les arcades sourcilières sont également particulièrement marquées.

Les bras sont souvent en deux parties, comme sur un être humain, c'est-à-dire qu'il y a l'angle des coudes. Le ventre est parfois proéminent, ce qui laisse à penser qu'il s'agit alors d'une femme. C'est d'ailleurs la seule caractéristique permettant de donner un genre aux statues.

Certaines sont coiffées d'un pukao, c'est le nom qu'on donne à ces étranges chapeaux cylindriques. Ils sont faits en tuf rouge, une pierre extraite des carrières de Puna Pau, un site proche de la capitale Hanga Roa et qui a la particularité d'avoir la seule carrière de pierres rouges de l'île.

De nos jours leurs expressions sont figées, les regards sont vides, mais à l'époque de leurs splendeurs les yeux des statues étaient richement décorés. Le blanc de l'œil était reconstitué avec des coraux blancs et l'iris étaient fait en tuf rouge, comme les coiffes. Parfois ils étaient en obsidienne, une roche volcanique (bien sûr) vitreuse et très noire, un peu translucide.


Sculpture, mise en place

Les moaïs

Les moaïs sont des sculptures en ronde-bosse, ce qui signifie que l'on peut en faire le tour. Ils sont taillés à même la roche volcanique, dans une carrière du volcan Rano Raraku. Cette carrière est au Sud-Est de l'île, c'est la carrière principale d'où sont sortis la quasi-totalité des statues.


Moaïs en cours de taillage

Moaïs en cours de taillage

Le travail consistait à tailler, dans le sol rocheux, la forme de la statue, puis d'affiner les traits. Les déchets produits étaient jetés sur place, sans soucis de récupération ou d'évacuation des morceaux taillés. Quand la statue était terminée sur les trois côtés, les sculpteurs commençaient à tailler sous elle, pour la détacher du sol.

Certains étaient taillés non pas dans le sol mais dans la falaise, au niveau du sol. Les sculpteurs entraient donc dans la roche, au risque de voir le plafond s'effondrer. Une fois le bloc retiré la falaise présentait un trou à ses pieds, une sorte de grotte artificielle.

La carrière de Rano Raraku a été abandonnée brutalement, comme le prouve les nombreuses statues laissées en cours de sculpture. Leur nombre est éloquent : Il y a quasiment autant de moaïs en cours de taillage qu'érigés sur l'île ! (400 en cours de taillage pour 887 sur l'île, chiffre approximatif car certains moaïs étaient à peine ébauchés, les spécialistes ne les comptent donc pas forcément tous de la même manière)

Les pukao

Un pukao est le nom que l'on donne au chapeau des moaïs. Tous n'en sont pas pourvus, mais ceux qui en disposent sont caractéristiques, leurs silhouettes sont bien plus grandes que celles de leurs voisins. Le Pukao est un bloc de tuf rouge taillé assez finement en cylindre.

La carrière de tuf rouge n'est pas la même que pour les moaïs eux-mêmes, elle est à Puna Pau, un cône volcanique fournissant une pierre rouge.

Le transport

On s'est longtemps demandé comment les hommes du XIIIe siècle avaient pu transporter les moaïs et leurs pukao sur plusieurs kilomètres, sur un terrain vallonné, qui plus est.

Différentes tentatives ont été faites durant les XXe et XXIe siècle, sur place. L'une des premières solutions proposées fut de faire glisser les statues sur des rondins de bois. Cette solution avait un avantage évident : Elle pourrait expliquer pourquoi l'île a été déforestée. Mais il semble que ce ne soit pas la bonne solution, ils avaient dû faire autrement.

La solution qui est aujourd'hui la plus plausible est que les statues est étaient déplacées verticalement, par rotations successives sur sa base. Chaque mouvement la faisait avancer de la largeur de sa base, soit à peu près 2m. Pour garder la verticalité durant le transport il fallait la faire tenir avec des cordes tendues maintenues par la force de plusieurs hommes. Les essais, relativement récents, qui ont été faits ont montré qu'il était possible de déplacer les Moaïs sur plusieurs kilomètres à une allure très faible. Ils devaient se retrouver sur leurs sites d'implantation en plusieurs mois, et nécessitaient la présence d'une vingtaine d'hommes. Bien sûr, ces chiffres sont très variables en fonction de la taille du Moaïs.

Quand un Moaï tombait au sol il devenait impossible de le relever à cause de son poids. Il était alors abandonné sur place, tel quel. Certains faisaient quand même l'objet de tentatives de redressement, on creusait à ses pieds un trou assez grand pour le faire basculer, puis il fallait reprendre la technique de déplacement sur une rampe inclinée pour le faire sortir de son trou. Des essais qui pourraient – le conditionnel est nécessaire – expliquer la présence de Moaîs semi-enterrés, ou couché sur le sol, un peu partout sur l'île.

La mise en place

Le site d'implantation n'était pas anodin, il était décidé bien à amont du début du taillage. On construisait un Moaïs pour une raison précise. Les sites d'implantation étaient de deux sortes : Soit c'était un ahu, c'est-à-dire une plate-forme cérémonielle, généralement occupée par plusieurs Moaïs, soit c'était un site isolé.

Une fois en place son socle était renforcé et son pukao était mis en place. Un Moaïs était toujours installé le regard tourné vers l'intérieur de l'île, à une exception près.

Le pukao provenait d'une autre carrière, mais il n'était pas taillé dans la carrière, contrairement au Moaïs. Le bloc de tuf rouge était juste taillé en cylindre et roulé jusqu'au site d'implantation du Moaïs. Ensuite seulement il était taillé pour s'adapter à la statue. Ce sont les nombreuses traces de taillage sous le cylindre qui nous l'apprend, si le bloc avait été tiré au sol, ces traces auraient été élimées, ce qui n'est pas le cas.

Restait le problème de l'installation du pukao. Là aussi différentes théories s'opposent, mais l'une des plus probable consiste à penser que les habitants de l'époque montaient une levée de terre jusqu'à la tête du Moaïs, jusqu'à l'ensevelir partiellement. Au sommet, ils plantaient un piquet solide et passaient une corde de part et d'autre du piquet. Les extrémités des cordes étaient passées sous le pukao et renvoyées près du piquet où des hommes, en tirant, pouvaient le tirer. Arrivé au sommet, le pukao était ajusté, et la terre retirée.

Cette méthode était très complexe et demandait un très grand travail, mais ainsi ils parvenaient à leurs fins.

Les finitions


Moaïs de l'île de Pâques

Moaïs de l'île de Pâques

Une fois en place le travail n'était pas totalement fini puisqu'il fallait finir le Moaïs. Les finitions consistaient à mettre en place ses yeux, on disait alors à l'époque qu'il trouvait la vue.

En pratique, ça consistait à mettre sur les yeux des morceaux de coraux blancs pour simuler le blanc de l'œil, et au centre de faire deux petits cercles, les iris, en tuf rouge ou diorite noir.

Un tel décor a été refait récemment, et l'un des Moaïs expose, de nos jours, son visage tel qu'il était il y a 500 ans.



Voir aussi :

Tourisme

Histoire





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