Démographie de l'Egypte

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Démographie de l'Egypte


Toutes les vingt-sept secondes, il naît un Égyptien. Dans ce pays, on ne peut plus dire que la démographie s'accroît : elle galope. L'augmentation de la population est si rapide que l'agriculture ne peut plus offrir d'issue au problème alimentaire. À cause d'une natalité trop forte, l'Egypte est dans une impasse.

Cette situation est le résultat d'une lente évolution. À la fin du XVIIIe siècle, on évaluait la population de l'Egypte à 2 500 000 personnes. Elle n'atteignait encore que 6 500 000 personnes au premier recensement, effectué en 1882. Alors que la courbe démographique dressée à partir de ces chiffres montre une pente modérée, les choses s'aggravent durant les cent dernières années. Ainsi, au recensement de 1976, la population est-elle passée à 38 228 000 habitants. En réalité, le taux de croissance annuelle est demeuré fixé entre 1,3 et 1,6% de la population jusqu'aux environs de la Seconde Guerre mondiale. La faiblesse relative de ce taux dépendait surtout d'une forte mortalité, notamment infantile. Avec les progrès de l'hygiène et de la médecine, le taux de croissance annuelle s'est ensuite élevé de façon spectaculaire. Il a atteint vers 1965 un maximum de 2,8%, ce qui équivaut presque à un triplement de la population en un demi-siècle. Ce chiffre résulte à la fois d'une natalité explosive : 4,3%, et d'une mortalité ramenée à un taux acceptable: 1,5%.

Dans les années 1971-1973, la conjoncture fait retomber le taux de croissance. C'est la guerre avec Israël, la mobilisation des jeunes gens, l'exode des populations riveraines du canal de Suez. Le taux de croissance démographique n'est plus que de 2% par an. La paix revenue, le taux est remonté. Depuis 1977, il semble qu'il soit stabilisé à 2,4% par an. L'Egypte compte aujourd'hui 100 000 000 d’habitants.


Densité de population

Bien entendu, il ne faut pas comparer ces chiffres avec ceux d'un autre pays. En Egypte, les conditions de vie ne sont pas les mêmes qu'ailleurs. Si l'on tient compte des surfaces réellement habitables, moins de 40 000 km2, une superficie inférieure à celle de la Suisse, la densité moyenne réelle de l'Egypte dépasse largement 1 000 habitants au kilomètre carré.


Evolution de la démographie et ses conséquences

La croissance démographique est telle que l'agriculture ne peut plus offrir d'issue. La population qui n'atteignait encore que 6 500 000 personnes en 1882 est passée à 38 288 000 au recensement de 1976. Le taux de croissance annuelle, situé vers 2,8% vers 1965, retombé à 2% dans les années 1970-1973 par suite d'un effort militaire de mobilisation, est remonté depuis à 2,4%. De nos jours l’Egypte est proche des 100 000 000 d’habitants.

Cette démographie galopante pose de sérieux problèmes à la société égyptienne. Compte tenu des surfaces réellement habitables — moins de 40 000 km2 —, la densité moyenne de population atteint 1 000 habitants au kilomètre carré. La moyenne! Car le record, lui, se situe au Caire où chaque kilomètre carré voit s'entasser 18 000 personnes. Encore ce chiffre dramatique — la plus forte densité au monde — est-il pulvérisé dans certains quartiers populeux de cette capitale pléthorique.

Le Caire et sa banlieue forment ensemble une agglomération de 10 à 12 millions d'habitants, la plus importante métropole d'Afrique. Autant de personnes se regroupent dans une dizaine de villes de province, dix autres millions dans le Delta et presque autant dans les villages nilotiques.

L'hypertrophie urbaine est responsable d'effets secondaires qui sont autant d'anomalies sociales : côtoiement de la misère et du luxe, anachronisme des équipements et des moyens de transport, persistance de l'analphabétisation en dépit des efforts. À cet égard, si la scolarisation primaire touche 80% des enfants, en réalité 50% d'entre eux abandonnent la scolarité au bout d'un an. En Egypte, le problème démographique est considéré comme un fléau.

La planification des naissances, prônée par les gouvernements successifs, se heurte aux convictions enracinées. Dans les campagnes nilotiques, avoir des enfants et surtout des garçons est une sécurité.


La femme égyptienne et ses problèmes

Musulmane ou chrétienne, la femme égyptienne n'est pas voilée. Aujourd'hui, l'apparence de la citadine égyptienne ressemble à celle des femmes européennes, portant des vêtements qui la mettent en valeur. Mais, dans les campagnes, la fellaha détourne son visage ou le dissimule derrière un pan de son voile. Les lois rigides des traditions ne sont pas oubliées partout, elles qui rasaient de la femme mariée un être juridiquement dépendant de son mari... et de sa belle-mère, en l'absence de ce dernier.

L’émancipation de la femme égyptienne est récente. C'est en 1923 que deux féministes, Hoda Charrâwi et Cesa Nabàrawi, osèrent les premières à apparaître sans voile. 1952 fut aussi pour la femme égyptienne l'année de la révolution; les droits politiques lui furent reconnus dès la première Constitution de la jeune République. En 1956, elle devenait donc électrice et éligible. Six ans plus tard, une femme accédait pour la première fois à un poste ministériel, celui des Affaires sociales. Pareilles modifications soulevèrent d'ailleurs l'indignation des intégristes musulmans. Cela n'empêcha pas les femmes égyptiennes d'entrer nombreuses dans les assemblées locales, régionales et nationales, ainsi que dans les organismes politiques, administratifs et syndicaux, après la promulgation de la nouvelle Constitution, en septembre 1971.

L'émancipation n'est pourtant pas du goût de toutes. Une minorité de femmes se promènent aujourd'hui coiffées d'une cagoule, la tahraf exprimant ainsi leur désaccord à l'égard de ce qu'elles considèrent comme un laxisme.

Cette réticence explique peut-être pourquoi l'évolution des mœurs fut en général moins rapide dans les rapports Familiaux. C'est ainsi qu'il a fallu attendre 1976 pour que la loi autorise les femmes à engager elles-mêmes une procédure en divorce et oblige le mari divorcé à ses torts à verser une assistance financière à son ex-épouse. Auparavant, le mari pouvait répudier sa femme.

Aujourd'hui, la situation a tout de même évolué. La télévision égyptienne a même diffusé des interviews de femmes divorcées exposant leur cas individuel. Un exemple parmi d'autres. Mais impensable il y a vingt ans.

En dépit de cette libération, la même loi de 1976 n'a pas été jusqu'à abolir la polygamie. Elle s'est contentée d'autoriser l’épouse à demander le divorce si le mari prend une seconde femme.

Les vieux tabous n'en demeurent pas moins solidement enracinés. La preuve ? En dépit des 2 400 centres de planning familial, le taux de natalité a à peine décru depuis 10 ans. Quant à l'excision, subsistance de rites tribaux africains, il semble bien qu'elle se pratiquerait encore en Haute-Égypte, pour ne pas dire au Caire.


Religions

Parmi les innombrables problèmes sociaux que pose une si forte densité intervient celui des minorités religieuses. La grande majorité de la population égyptienne est de confession musulmane. Mais il existe aussi une minorité chrétienne de rite copte. Au recensement de 1976, les coptes représentaient officiellement 2 315 000 personnes. Certains spécialistes estiment cependant que cette minorité approche en réalité les 4 millions.


Les coptes

Paysans, artisans, artistes ou intellectuels, ils sont plusieurs millions à se vouloir «Gypt». Cette appellation signifie «Ancien Égyptien». Elle recouvre une religion dont le nom, en français, est devenu « copte ».

Les patriarches coptes furent les premiers à succéder aux pharaons. Selon les hagiographies, l'apôtre Marc évangélisa l'Egypte vers l’an 40. La population qui adorait Amon-Rê, Aton, Horus, se convertit au monothéisme chrétien. Puis il fallut lutter pour préserver la nouvelle croyance. Repoussés par les Arabes, les coptes se réfugièrent en Haute-Égypte, dans le Fayoum ou dans les étendues alors dépeuplées du Delta. La plupart sont fellahs, mais il y a un quartier copte dans le vieux Caire. Il se situe autour de la cathédrale que surmonte la croix, symbole de la foi copte.

En Egypte où l'islam est religion d'État, les coptes sont tout juste tolérés. La loi interdit aux musulmans de se convertir au christianisme et le mariage entre coptes et musulmans est interdit. Les fellahs coptes n'en portent pas moins une croix bleue tatouée sur le dos de la main.





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