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Le temple d'Artémis


Le temple d'Artemis, qui est aussi appelé l'Artemision, est un édifice sacré de l'époque hellénique bâti sur les vestiges de temples plus anciens. Il se trouve à Selçuk, en Turquie, près de la mer Egée, sur un territoire autrefois dominé par l'empire grec. Cet édifice a été placé sur la liste des sept merveilles du Monde de part sa grandeur et ses décorations, une raison identique au mausolée d'Halicarnasse, une autre des sept merveilles du monde.

Réplique du temple d'Artemis

Réplique du temple d'Artemis

Si le site sur lequel fut occupé dès le VIIIe siècle avant JC, c'est à dire dès l'âge de bronze, les premiers occupants ne marquèrent que peu leurs environnements, laissant une faible trace de leurs passages sur cette partie de la côte turque de la mer Egée. Toutefois il est avéré que ce lieu accueillait déjà un premier site religieux, un temple qui est le plus ancien temple disposant d'une rangée de colonnes extérieures, un style propre à l'architecture grecque et que l'on nomme le style périptéral. Ce temple sera détruit par une inondation (encore que ce point n'est pas définitivement excepté par la communauté scientifique) durant le VIIe siècle avant JC. Ce premier temple initial fut remplacé vers 550 avant JC par un nouveau temple dit "temple archaïque", un édifice financé par le roi Crésus, crédité d'une imense fortune. Le temple archaïque était plus imposant et disposait d'une double rangée de colonnes.

Ce 2e temple fut détruit volontairement par un incendie en 356 avant JC, puis reconstruit sous les ordres d'Alexandre le Grand (fondateur de la ville d'Alexandrie, en Egypte, où sera construit le célèbre phare d'Alexandrie). C'est ce nouveau temple, dit "hellénique", que l'on a l'habitude de placer dans la liste des sept merveilles du Monde, mais le temple archaïque l'était déjà sur des listes antérieures à la liste canonique (celle qui fait référence de nos jours).


Sources documentaires

Le temple d'Artemis est connu à travers deux éléments : Les documents témoignant de l'édifice et les vestiges archéologiques du site. En ce qui concerne les sources documentaires, celles-ci se limitent essentiellement à Pline l'Ancien (auteur romain, 23-79 après JC), qui a fait une description plutôt peu rigoureuse du bâtiment. Ayant vécu au 1er siècle après JC il mélange les observations du temple avec des éléments du temple archaïque. Il y a aussi Vitruve, architecte romain du 1er siècle avant JC, et Philon de Byzance, scientifique grec de la fin du IIIe siècle avant JC. L'un comme l'autre donne quelques détails sur le monument. Mais on ne peut pas dire que les scientifiques modernes croulent sous la documentation du temple, celle-ci est plutôt restreinte.


Description

Quand on parle du temple d'Artémis d'Ephèse, on parle en fait de trois temples qui se sont succédés, historiquement parlant. Mais les deux derniers sont ceux que l'on connait le plus, et ils étaient assez similaires.

Leurs formes générales étaient classiques de l'architecture hellénique : Une grande pièce rectangulaire, la plus grande possible (la Cella) placée sur un soubassement à degré et surmonté d'un toit à deux pentes ayant une faible inclinaison. Les frontons du toit sont donc triangulaires. Les bâtiments étaient tous les deux entourés de deux rangées de colonnes, certaines sculptées, et ils étaient richement décorés. Les deux temples avaient toutefois des différences, aussi leurs descriptions sont-elles plus détaillées dans les paragraphes ci-dessous.


Emplacement du temple d'Artemis

Le temple d'Artemis se trouvait dans la ville de Selçuk, à 7Kms à l'Est. Selçuk, c'est actuellement en Turquie, à 50Kms au Sud d'Izmir. Cette ville fut construite à proximité des vestiges de la ville antique d'Ephèse, c'est pourquoi on parle toujours du temple d'Artémis à Ephèse.

Ce qui est plus surprenant c'est qu'à l'époque, c'est à dire entre les VIIIe et IIIe siècle avant JC, Ephèse était une ville portuaire, elle était sur la côte de la mer Egée à l'embouchure du fleuve Caystre qui se jetait dans une baie partiellement bouchée par l'île de Syrié. Depuis ce temps le fleuve a déposé son limon dans la baie qui s'est ensablée définitivement, éloignant la mer. Déjà au VIIIe siècle le site du temple était marécageux, il était souvent inondé, ce fut d'ailleurs un motif de travail pour les architectes qui durent inventer des moyens de construire le temple sur ces sols humides.

La ville d'Ephèse se trouvait à proximité de l'Artémision, mais l'ensablement du fleuve empêcha peu à peu les bateaux d'arriver, aussi fut-il nécessaire tout d'abord de construire des canaux, puis de déplacer la ville un peu plus au Sud, à quelques kilomètres. Ainsi le temple fut de plus en plus isolé, ce qui était plutôt bien vu par ceux qui l'administrait car plus ils s'éloignaient de la ville, plus ils en étaient indépendant.

En savoir plus sur l'Emplacement du temple d'Artémis d'Ephèse.


Le temple initial : Avant le VIIIe siècle

On sait peu de choses sur le temple initial. A cette époque, avant le VIIIe siècle avant JC, nous sommes dans la protohistoire, une époque où les premiers peuples s'étaient organisés en fonction du territoire sur lequel ils étaient. Sur la côte turque de la mer Egée les Ioniens possédaient un assez grand territoire et s'étendirent vers le Sud. Les Ioniens croyaient qu'Apollon et Artémis étaient nés dans les montagnes de la côte (et pas à Délos, comme il est canoniquement admis dans la mythologie grecque) Ils établirent le site d'Ortygie comme celui de cette naissance, ce lieu devenant la base géographique de la vénération d'Artémis. On ignore bien sûr la réalité de la présence d'un temple sur le site qui sera plus tard celui du temple d'Artemis mais on sait qu'à cette époque de tels temples existaient : Ils étaient dans des grottes ou des clairières et consistaient en l'érection d'un autel assez simple. Ceci est donc plutôt légendaire, mais parallèlement à ça on sait que c'est au début du premier millénaire apparaît le culte d'Artémis à l'embouchure du fleuve Caystre. Deux auteurs antiques rapportent que les Amazones, un peuple du Nord de la Turquie, trouvèrent une statue en bois représentant la déesse Artémis, statue qui serait la première de toutes celles vénérées au temple.

Lorsque les Ioniens conquierent la lagune du Caystre ils décident d'édifier un temple à Artémis. Il s'agira d'un temple un peu plus élaboré, avec un toit recouvrant l'autel, mais rien qui puisse être considéré comme une merveille du Monde. De plus il y a eu plusieurs autels sur le site, ils étaient dédiés à des Dieux différents. Ce sont les recherches archéologiques récentes qui nous le prouvent. On ne sait pas trop ce qu'il advint de ces temples initiaux mais une légende raconte qu'ils ont été emporté par une crue du fleuve, ce qui est tout à fait réaliste.


Le temple archaïque : Du VIe au IVe siècle avant JC

Le temple archaïque a été construit sur les restes d'un temple encore plus ancien (datant du VIIIe siècle avant JC) qui fut démoli par une inondation durant le VIIe siècle.


Raisons de la construction du temple archaïque

Le nouveau temple construit aux alentours de 550 avant JC est une décision et un financement de Crésus, roi de Lydie qui disposait d'un territoire modeste à l'intérieur de l'Anatolie, actuellement en Turquie. Ce petit royaume était devenu prospère durant le VIe siècle avant JC, et c'est sous le règne de Crésus que ce royaume a atteint son apogée, avec un territoire s'étendant sur la plus grande partie de l'Asie mineure. A noter que la Carie était un vassal de la Lydie. La Carie est connue par son roi Mausole qui fera bâtir deux siècles plus tard le mausolée d'Halicarnasse, une autre des sept merveilles du Monde. C'est donc fort d'un vaste territoire et une grande puissance que Crésus ordonnât qu'on élève un temple sur ce site. Les architectes furent Chersiphron et de son fils Métagénès, de Crête. Crésus y fit tailler une statue d'Artemis dans du bois d'ébène par le sculpteur Endoios. Certaines sources donnent une raison à la construction de ce temple, il pourrait s'agir d'une réaction face à la construction peu avant d'un autre temple, dans la ville de Samos, temple qui aurait été d'une grande beauté et qui aurait rendu jaloux Crésus.


Description

Architecturalement, le temple suivait les plans habituels de la civilisation pré-hellénique, avec une forme rectangulaire, un toit peu pentu et une double rangée de colonnes qui permettaient un passage du public autour de la pièce principale, la cella. Il était construit sur un socle rectangulaire entouré de marches de tous les côtés et disposait d'un fronton triangulaire décoré. Le but de la double colonnade était d'agrandir le bâtiment, tout simplement, pour qu'il paraisse encore plus majestueux. Si l'on en croit Pline, qui vécu au 1er siècle après JC et qui en fit une description il y aurait eu 127 colonnes, dont les 36 sur la façade étaient sculptés, y compris leurs chapiteaux. Une de ces colonnes se trouvant au British Museum, on peut y lire une inscription signifiant "Crésus l'a offert", une dédicace confirmée par Hérodote. Par ailleurs Théophraste, un philosophe de la Grèce antique né vers -371 à Eresós, fait mention de ce temple dans son ouvrage "Histoire des plantes", il indique que les portes sont en bois de cyprès.

Quand on reconstitue le temple on peut se demander quelles techniques ont été utilisées pour monter à près de 20m de hauteur les architraves, ces pierres très lourdes placées au sommet des colonnes sur lequel le toit s'appui. La technique de construction n'est hélas pas connue, mais les historiens travaillant sur le site finiront peut-être par trouver la réponse. Toujours est-il qu'une architrave fait, environ, 24 tonnes, ce qui laisse à méditer sur la capacité des peuples de l'époque à édifier des bâtiments si haut.


Les décors

Contrairement au temple hellénistique, le temple archaïque n'a pas survécu aux aléas du temps. Il nous est toutefois parvenu quelques fragments de frises qui indiquent qu'il était très décoré. Le style est celui qui était en cours durant l'époque ionique. Ces décorations se retrouvaient sur le fronton, sur les colonnes, sur les tambours inférieurs des colonnes et sur le parapet. Il semble que les artistes aient voulu représenter une procession. Certains morceaux de frise montrent du bétail et des chevaux. Le parapet devait avoir différent sujet, ce qui est normal vu sa grande longueur. On y voit une procession de chars ainsi que des Amazones. La présence d'Amazones n'est pas si étange que ça quand on sait qu'il s'agit d'une part d'un mythe local, et d'autre part que les amazones ont été inspirées d'un peuple de guerrières vivant en Asie mineure quelques siècles auparavant.


Sa destruction

Ce temple archaïque fut détruit par le feu en 356 avant JC, soit à peu près à l'époque de la construction du phare d'Alexandrie. L'incendie fut volontaire, il a été déclenché par Erostrate qui, d'après des sources concordantes, aurait voulu se rendre célèbre. Abandonné, il ne le restera que peu de temps puisque c'est Alexandre le Grand, qui fonda un Empire grec dominant la Méditerrannée orientale et l'Asie mineure, qui ordonna la reconstruction du temple. C'est celui-ci qui est appelé "Temple hellénistique".


Le temple hellénistique : Du IIIe siècle avant JC au Ve après JC

La construction

Le temple hellénistique est l'édifice venu remplacé le temple archaïque au milieu du IVe siècle avant JC. Il fut ordonné par Alexandre le Grand et construit sur le même site. Les frais de construction furent à la charge de différentes villes d'Asie mineur suite au fait que les habitants de la ville d'Ephèse refusèrent le financement proposé par Alexandre le Grand lui-même. Ce refus était motivé par la crainte des éphésiens de voir une défaite rapide de l'Empereur, et donc d'être par la suite considérés comme des fervants soutiens d'Alexandre. Pour faire face aux travaux il fallut donc trouver des financements, et on organisa dans le temple lui-même un service bancaire de prêts, ce qui fait dire de nos jours que le temple d'Artemis est l'un des plus anciens organisme financier du monde.


Description

Plan du temple

Plan du temple

Son architecture était assez classique, avec un soubassement à escalier permettant de monter vers le bâtiment principal. Ce soubassement avait 13 degrés, formant 13 marches. Le bâtiment principal mesurait 105m de long par 55 de large. Il était entouré de deux rangées de colonnes de 17,65 mètres de haut et comme le temple archaïque il était richement décoré de sculptures et de bas reliefs, dont certaines étaient l'oeuvre de Scopas et d'autres de Praxitèle (à priori la décoration de l'autel, pour lui). Le bâtiment avait une forme rectangulaire mais les murs extérieurs n'étaient pas un grand rectangle, les deux petits côtés étant renfoncés dans le corps du bâtiment pour former un naos du côté entrée (une sorte de porche que l'on retrouve dans l'architecture islamique sous le nom de "iwans", voir la description du Taj Mahal pour en savoir plus), et un posticum du côté arrière. La grande salle était rectangulaire, elle, mais était divisée en trois parties : Derrière l'entrée il y avait un vestibule dont le toit était soutenu par 4 colonnes, à sa droite des escaliers et à sa gauche le trésor du temple; au centre la pièce était nommée la "Cella", grande pièce contenant 10 colonnes rangées par 5 et dans laquelle se trouvait l'autel; et enfin derrière l'autel se trouvait une pièce plus petite appelée "opisthodome". L'autel avait un plan en fer à cheval avec deux rangées de colonnes ioniques fines et allongées.

Le toit était à deux pentes, ils suivaient les murs principaux et formait sur l'avant et l'arrière un pignon que les artistes sculpteurs ont eu pour tache de décorer. Le temple disposait de deux rangées de colonnes, certaines d'entre elles se trouvent au British Museum. Elles ont des décorations, on y voit des scènes de la mythologie grecque ou de la vie traditionnelle. Le plan ci-contre a été dessiné par John Turtle Wood lui-même dans son ouvrage de 1877, ouvrage dans lequel il explique ses trouvailles. Les parties en noir sont celles qui étaient toujours debout à l'époque des fouilles, au XIXe siècle.


L'autel

Les restes de l'autel

Les restes de l'autel

L'autel se trouvait à l'intérieur de l'Artémision, bien sûr. Il était en forme de fer à cheval et mesurait 39,70m de longueur sur 16,67m de large, ce qui, reconnaissons-le, est très grand. Le sol que les archéologues ont mis à jour date du temple archaïque et montre une succession de dalles polygonales ou trapézoïdales, avec des traces de murs côtés Sud, Est et Nord. Le temple hellénique, lui, a vu ces murs être remplacés par deux rangées de colonnes reposant sur un socle de 3,4m de côté et être orienté à l'Ouest. Cette façon de rectifier l'orientation et la disposition de l'autel est une source documentaire importante pour améliorer la connaissance de l'architecture des autels monumentaux dans le monde antique.

La forme de fer à cheval permettait de créer un espace devant l'autel dans lequel se trouvaient tout ce qui était nécessaire au culte. L'autel était légèrement surélevé et les prêtres y accédaient par une rampe à degrés. Cet autel était donc plus qu'un autel, c'était un bâtiment à part entière à l'intérieur du temple, bâtiment isolé du reste du temple. Ce n'est pas une architecture étonnante quand on sait que le monument était en fait très fréquenté, par exemple par des marchands, des personnes livrant leurs services, des pauvres cherchant refuge ou asile, etc. De plus le fait de séparer la partie spirituelle de la partie séculaire permettaient aux officiants de choisir les personnes habilitées à participer aux rites cultuels, et c'était en celà un instrument de pouvoir dont ils usaient fréquemment.


Les décorations

Le temple d'Artémis possédait un grand nombre de sculptures d'artistes célèbres. Scopas et Praxitèle était les sculpteurs contemporains les plus connus, mais d'autres personnes y avaient travaillé, comme Phidias et Polyclète qui pourtant était du siècle précédent. Parmis les statues les plus notables citons celle de Zeus réalisée par Myron vers 450 avant JC, mais la plus importante était bien sûr la statue d'Artémis. Artémis était représentée accompagnée de plusieurs symmboles de fertilité, son torse, en forme de faîne, était orné de plusieurs rangées de mamelles. Sa tête était ceinte d'une sorte de panier. Cette statue très vénérée fut reproduite plusieurs fois durant l'antiquité, il en existe des copies que l'on peut voir dans les musées de Naples, du Vatican, ou même au Louvre. Il faut savoir que cette statue a évolué dans le temps, cette description est celle de la statue la plus récente, celle qui est la plus connue. Mais d'autres représentations d'Artémis l'avait précédée. Les toutes premières avaient été sculpté dans le bois de chêne, le travail artistique étaiet de bien moindre qualité.

L'autel était également richement décoré, la preuve vient de deux éléments dictincts : La documentation qui nous vient, à ce sujet, de Strabon et de Pausinias, et les pièces archéologiques qui ont été utilisés pour d'autres usages, une fois le temple détruit. Voici ce que strabon écrit :

l'autel principal se trouve décoré presque exclusivement d'œuvres de Praxitèle, et qu'on (lui) a montré réunis dans le temple plusieurs morceaux de Thrason, l'auteur bien connu de l'Hécatésium et du groupe de Pénélope et de la vieille Euryclée à la fontaine."

Pausanias, lui, décrit plusieurs statues de bronze, dont une figuration de la Nuit, qui aurait été l'oeuvre de Rhoikos, un des architectes du premier temple. En ce qui concerne les vestiges archéologiques, on a retrouvé plusieurs pierres provenant de l'autel qui se trouvent actuellement à différents endroits de la ville : au théâtre, à la basilique Saint-Jean et à la mosquée Isa Bey. La plupart de ces blocs sont exposés aujourd'hui au musée d'Éphèse et à l'Ephesos Museum de Vienne.

Le bâtiment principal était entouré de colonnes, ces colonnes étaient décorées de scènes mythologiques ou de scènes de la vie quotidienne. Aux angles du temple, sur la partie arrière, les architectes avaient placé des quadriges (chars à 2 roues et 4 chevaux), des statues imposantes destinées à accroitre l'impression de puissance que prodiguait ce lieu. Le fronton du temple était probablement très décoré, mais on n'en garde pas de traces de nos jours.


Son histoire

Le temple d'Artemis sera pillé par Néron, la plupart des oeuvres d'art étant récupérées et amenées à Rome sous son règne (54 à 68 après JC), puis il sera attaqué par les Goths en 265. On ignore si il c'est cet évènement qui le rendit inutilisable ou si il fut encore employé par la suite, mais on le retrouve lors de l'édit de Théodose 1er, en 391, par lequel la chrétienneté est mise en avant par rapport au paganisme. Par ailleurs le temple fut endommagé par des tremblements de terre, et fut mis à bas en 401.

A partir de là et comme souvent, les ruines du temple furent utilisées pour la construction d'autres bâtiments, par exemple pour l'église St Jean et celle de Ste Sophie de Constantinople (Des colonnes de Ste Sophie proviennent du temple d'Artemis).


Rôle du temple

Le temple était également un lieu de rencontre, une sorte de forum qui n'est pas à ciel ouvert. Il abritait en particulier des marchands et probablement divers autres corps de métier. Le culte d'Artemis était relativement important à l'époque, le temple recevait donc très régulièrement des offrandes, ce qui a permit aux archéologues modernes de récupérer des bijoux dédiés à Artemis sur le site. Par ailleurs dès le VIe siècle avant JC ce temple avait aussi un rôle protecteur dans la mesure où toute personne s'y trouvant était protégé, un peu à l'image de ce qui a été fait chez les chrétiens au moment de la trêve de Dieu, un acte papal signé dans la ville de Toulouges protégeant toute personne à moins de 30m d'une église (et qui explique la forme de certains villages du midi de la France, de forme circulaire autour de l'église).


Son rayonnement dans le Monde

Le temple, en plus d'être un lieu de vénération, était aussi une entité politique à part entière. Doté d'un important financement et situé un peu à l'écart de la ville d'Ephèse, il acquit des privilèges qui lui donnèrent une certaine autonomie et donc il pu se développer dans le Monde connu. Sur toutes les côtes de la mer Egée, mais aussi au bout de l'Anatolie, dans le bassin méditerranéen, dans la péninsule ibérieque on vouait un culte particulier à l'Artémis éphésienne, ou, comme on la nommera plus tard, à Diane d'Ephèse. Il s'agissait d'une déesse bien à part, elle disposait d'une représentation distincte des autres Artémis, ses attributs étaient également différents. Le grand prêtre du temple que l'on nomme le megabyse disposait de pouvoirs équivalents à ceux des magistrats d'Ephèse, du moins au moment de son apogée, et ce pouvoir a été respecté par les différents gouvernement de la ville, et ça quelques soient les civilisations qui la possédèrent. Ainsi les lydiens, les perses, les athéniens, les spartiates ne touchèrent pas au temple d'Ephèse, et même Alexandre le Grand n'y imposa pas ses conditions. Bien au contraire, c'est lui qui proposa de financer sa recontruction, après que l'incendie du temple archaïque eut lieu (Ce qui fut refusé par les habitants qui cherchèrent un autre moyen de financement aboutissant au système bancaire ci-dessous).

Même les empereurs romains désireux de forcer la population à les vénérer ne parvinrent pas à remplacer le culte d'Artémis à Ephèse. Ce n'est que plus tard, au moment de la chute de l'Empire, que ce culte disparaîtra, entraînant aussi celui, matériel, du temple lui-même.


L'activité bancaire du temple

C'est assez amusant d'y penser de nos jours mais le Temple d'Artemis est sans doute l'un des plus vieux établissements bancaires du monde. Lors de sa reconstruction au milieu du IVe siècle avant JC c'est l'empereur Alexandre le Grand qui voulut la financer, mais se fut refusé par les habitants d'Ephèse au motif qu'ils avaient peur que l'empereur ne parvienne pas à se maintenir au pouvoir, et par ricochet d'être associé à son image au cas où ça arriverait. Pour éviter ça les Ephésiens préférèrent trouver un financement autonome et firent payer diverses villes des alentours, mais c'est un principe simple qui permettra le financement complet, celui de la banque.

C'est au sein même du temple que fut créé un lieu d'échange et de crédit, des notions novatrices qui permirent d'obtenir des fonds. Cette banque avant l'heure s'est maintenue après la fin des travaux, lui permettant d'évoluer.


Découverte archéologique : XIXe siècle

Après sa destruction l'Artemision fut abandonné définitivement, les pierres ayant servi à la construction d'autres édifices dont l'église St Jean et Ste Sophie de Constantinople. Peu à peu le site, d'un naturel très plat et humide, se transforma en marécage et c'est dans cet état là que fut redécouvert le site, lors de fouilles organisées au XIXe siècle.

Le site archéologique

Le site archéologique

Le site archéologique

Le site archéologique

C'est un anglais, John Turtle Wood, qui fut l'inventeur du site. Wood était ingénieur et avait reçu en 1859 la charge de la construction de toutes les gares de chemin de fer de Smyrne à Aydin. Sur place il se passionna pour l'archéologie dont il ne connaissait rien avant de partir, et se mit en tête de trouver les ruines du temple d'Artémis. Pour ça, il conjectura le fait que le temple devait se trouver sur un plateau peu élevé aux abords de la ville d'Ephèse. Ayant identifié un tel lieu en 1963 il fit intervenir le British Museum pour qu'il lui obtienne l'autorisation de faire les fouilles et, mieux, de récupérer ses trouvailles pour les exposer au musée de Londres. Ainsi il put faire faire les travaux d'extravation par des ouvriers de la ligne de chemin de fer, mais sans succès, et ça malgré des recherches qui durèrent une année. En 1964 il demanda un financement exceptionnel au British Museum pour poursuivre ses recherches, ses fonds propres arrivant à la fin, ce qui lui fut accordé. Il faut dire qu'à peu près à la même époque un autre anglais, Charles Newton, venait tout juste de découvrir le mausolée d'Halicarnasse, une autre des 7 merveilles du monde située près de Bodrum, et concentrer au British Museum les vestiges de deux sites antiques aussi importants justifiait ce financement exceptionnel comparativement peu élevé par rapport aux éventuels gains à en retirer.

En 1866 les fouilles se poursuivirent mais aboutirent à l'exclavation de l'odéon, certes une pièce archéologique de grande importance mais qui n'était pas le temple lui même. John Turtle Wood modifia alors sa façon de travailler. Il se rendit sur le chantier du chemin de fer, une obligation qu'il avait délaissé, et délégua sur place les fouilles à un contremaître qui dirigeait alors une équipe de 40 ouvriers. En 1867 ils s'attaquèrent au site entourant le théâtre et dégagèrent de nombreux éléments archéologiques, puis en 1868 il dégagea une route qui le mena à un embranchement. Il choisit de poursuivre de dégager une branche qui le mena à une stoa, c'est un bâtiment de rencontre couvert et abrité du vent par un mur haut, un peu comme un couloir dont l'un des côté serait fait d'une longue colonnade.

Mais à la fin de l'année 1869 tous ces travaux ruinèrent ses finances et il revint au Royaume-Uni pour obtenir un nouveau financement. Cette fois-ci donné avec moins d'enthousiasme il put toutefois obtenir suffisament d'argent pour retourner sur place et financer la suite des travaux qui consistaient à dégager les autres routes, ce qui le mena sur d'autres ruines (en particulier des tombes). C'est dans un champs d'oliviers qu'il trouva, à 6m de profondeur, le soubassement d'un temple ayant des inscriptions latines et grecques. Ce temple, c'était le temple d'Artémis, il fut découvert le 31 décembre 1869.


Par la suite Wood rentra en Angleterre et le site fut fermé jusqu'à ce qu'une seconde campagne de fouilles ne soit entreprise en 1905 par Hogarth et Henderson. C'est de cette époque que date la découverte des 3 temples successifs.

En fait, quand Wood tomba enfin sur le soubassement du temple, il se trompait : Ce qu'il avait découvert, c'est le Naïskos (sanctuaire) du temple archaïque, mais ça, il ne le saura jamais, ce sont les fouilles récentes qui nous permettent de le dire.

Enfin une 3e campagne de fouille a été initiée en 1965 et se poursuit toujours de nos jours, elle est entreprise par l'Institut d'archéologie de Vienne. Mais elle est difficile à faire à cause des remontée périodique des nappes phréatiques, comme quoi les difficultés que rencontrent les archéologues de nos jours sont les mêmes que celles rencontrées par leurs prédécesseurs.



Voir aussi :

Les 7 merveilles du monde





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